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 Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

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MessageSujet: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 27 Mai 2017, 09:41

Rappel du premier message :

Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More

Introduction


VINCENT : Voilà donc où nous en sommes, mon cher oncle ! Ceux qui, dans ce pays, viennent rendre visite à leurs amis malades et malheureux, viennent y chercher, comme je le fais moi-même en ce moment près de vous, le réconfort et la consolation. Les prêtres et les moines parlent aux malades de la mort, mais nous qui sommes dans le monde, avons toujours tâché, ici, en Hongrie (1), de leur rendre courage et espoir en la vie.
Mais maintenant, mon cher oncle, le monde est devenu si mauvais et de si grands périls sont suspendus au-dessus de nos têtes que notre plus grand réconfort est de penser que la mort approche. Et nous qui sommes vraisemblablement destinés à vivre un certain temps dans cette misère, avons besoin que quelqu'un comme vous, mon cher oncle, nous puisse donner quelques bons conseils contre l'affliction, car vous avez vécu longtemps et vertueusement et êtes si versé dans la loi de Dieu que bien peu de gens le sont plus que vous en ce pays. Vous avez une longue expérience de ce que nous redoutons maintenant, car vous avez été emmené en captivité par deux fois et maintenant vous êtes sur le point de nous quitter.
Cela peut être pour vous un grand soulagement, mon cher oncle, puisque vous allez à Dieu. Mais, nous, vous nous laisserez ici comme des orphelins. Vous nous avez toujours soutenus en nous aidant, en nous encourageant, en nous conseillant, non comme l'eût fait un oncle ou quelque parent éloigné, mais comme un véritable père.

ANTOINE : Mon cher et bon neveu, je ne nierai pas que non seulement ici en Hongrie, mais un peu partout dans la chrétienté, on ait pris l'habitude de réconforter les malades d'une manière aussi peu chrétienne. On leur fait plus de mal que de bien en réveillant en eux le désir de vivre, au lieu de les laisser méditer sur la mort, le jugement, le paradis et l'enfer et sur toutes ces pensées qui devraient obséder un homme non seulement quand il est malade, mais même quand il est en parfaite santé. Cette manière d'agir me paraît absurde quand on en use pour réconforter un homme de mon âge, car s'il est vrai qu'un jeune homme puisse mourir prochainement, il est évident aussi que, de toute façon, un vieillard n'en a plus pour longtemps à vivre. Pourtant (comme le dit Cicéron), il n'est personne d'assez vieux pour n'espérer vivre une année encore et se réjouir en caressant cette folle pensée. Aussi les prétendus réconforts des amis, au lieu de réconforter celui qui doit mourir, feront s'évaporer complètement cette douce rosée de la grâce de Dieu qui nous amène à souhaiter le départ pour l'autre monde, où l'on se trouve en sa présence.

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 24 Juin 2017, 08:25

XVI. RÉPONSE AUX OBJECTIONS LA FORTUNE PEUT NOUS FAIRE SOMBRER DANS LA FOLIE

(...) Si vous acceptez cette définition, vous conviendrez qu'il y a bien plus de sortes de tribulations que vous ne l'aviez d'abord pensé. La moindre tribulation est une atteinte au bonheur (qui est une sorte de prospérité). Dites-vous bien que beaucoup de gens souffrent sans que personne en sache rien. Pensez-vous que les tentations du démon, les sollicitations du monde et celles de la chair, qui attirent l'esprit du juste vers le péché, ne sont pas une épreuve, une douleur ?

Pour les misérables qui ne se soucient pas de leur conscience et se laissent aller à leurs mauvais penchants comme de vulgaires bêtes, ces tentations ne sont rien d'autre qu'une cause de plaisir charnel. Mais pour celui qui se tient dans la crainte de Dieu, l'épreuve de la tentation est si douloureuse que, pour en être débarrassé ou pour être sûr de la victoire, il donnerait la moitié de sa vie. Si celui qui ne croit pas en Dieu pense que la résistance aux mauvais penchants n'est point pénible et qu'une telle épreuve ne porte nulle atteinte au bonheur, il verra lui-même ce qu'il en est quand il ne pourra obtenir une chose qu'il désire passionnément, comme par exemple une femme qu'il ne peut posséder. Il verra alors que rien ne pourra le distraire de son désir. J'ose lui affirmer que la lutte que doit livrer un homme juste à ses mauvais instincts et sa grande peur d'y céder causent une souffrance au moins aussi douloureuse que celle d'un désir inassouvi.

Personne, mon cher neveu, personne ne pense à prier pour éviter aux autres ou à soi-même toute espèce d'épreuve, ce serait puéril. Cela équivaudrait à demander à Dieu de supprimer toute tentation ou alors de nous permettre d'y succomber impunément. Qui oserait faire une prière pareille ?

De plus, l'Église recommande le jeûne et la prière, à la fois pour dominer les désirs de la chair et pour aider au repentir, comme le fit le prophète David, et comme le firent les habitants de Ninive. Mais jeûner, se repentir, n'est-ce pas aussi souffrir ? Il n'y a pas que les souffrances qu'on subit contre son gré. La souffrance est toujours la souffrance, même si elle est acceptée de bonne volonté, même si nous nous l'infligeons personnellement. Puisque l'Église nous conseille d'endurer nos épreuves pour nos péchés, soyez sûr que les prières ne demandent jamais à Dieu de supprimer complètement toute espèce d'épreuve.
(...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 25 Juin 2017, 05:31

XVI. RÉPONSE AUX OBJECTIONS LA FORTUNE PEUT NOUS FAIRE SOMBRER DANS LA FOLIE

(...)Dites-vous aussi que, sans être malade, en pleine jouissance de ses biens, un homme peut parfaitement souffrir dans son corps ou dans son esprit, soit à cause d'une tentation, soit par une pénitence qu'il s'inflige volontairement pour ses péchés.

Non, mon neveu, personne ne prie jamais pour obtenir d'être exempté de toute espèce d'épreuve. Et ceci répond à votre première objection. Avant de répondre à la seconde, j'examinerai les exemples que vous avez donnés.

Salomon fut, comme vous le dites, un roi fabuleusement riche et très aimé de Dieu, au début de son règne. Mais conserva-t-il la faveur de Dieu ? Je n'en suis pas sûr. Ce qui est certain, c'est que cette continuelle prospérité finit par le faire choir dans l'extravagance. Il accrut le nombre de ses concubines de façon inadmissible et contraire à la loi mosaïque ; il prit femme parmi les infidèles, ce qui est également contraire à la loi de Dieu. Finalement, sous l'influence de son épouse étrangère, il tomba lui-même dans l'idolâtrie. Il n'est pas dit qu'il s'en repentit comme l'avait fait son père. Nous pouvons espérer qu'il en eut quelque chagrin secret, mais nous ne pouvons en être sûrs. Non, l'exemple de Salomon ne me paraît pas convaincant.

Quant à Job, il ne peut en tout cas pas servir d'exemple de prospérité ininterrompue. Que Dieu lui ait rendu le double de ce qu'il avait perdu n'infirme en rien ce que je vous ai dit. Je n'ai jamais nié que la fortune pût être un don de Dieu à certains justes, entre autres à ceux qui avaient souffert.

Mais en Abraham, cher neveu, vous tenez, je crois, votre principal atout, car il ne fut pas seulement riche et honoré sur terre, mais aussi après sa mort. Lazare, ce pauvre homme qui vécut dans la misère et mourut de faim et de soif, eut une place de choix après sa mort et c'était dans le sein de cet homme riche. Mais vous devez vous rappeler qu'Abraham souffrit d'abord bien des tribulations.

N'était-ce rien, d'après vous, de quitter son pays et de partir vers une terre étrangère, que Dieu lui avait promise à lui et à ses descendants ? Mais jusqu'à la fin de sa vie Dieu ne lui en donna pas un pouce. N'était-ce rien de se séparer de son neveu Loth parce que leurs serviteurs ne s'accordaient pas entre eux ? (...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 26 Juin 2017, 10:10

XVI. RÉPONSE AUX OBJECTIONS LA FORTUNE PEUT NOUS FAIRE SOMBRER DANS LA FOLIE

(...) Il parvint à libérer Loth des rois qui l'avaient emmené prisonnier, mais sa capture ne lui occasionna-t-elle pas un gros chagrin ? La destruction des cinq villes ne lui causa-t-elle nulle peine ? Quand on lit l'histoire d'Abraham, on se rend compte du mal qu'il s'est donné pour sauver ces cités menacées. Son cœur ne saigna-t-il pas quand il laissa Sara sa femme au roi Abimelech ? Grâce à Dieu, Abimelech respecta Sara et la traita bien. Mais ce fut dur pour Abraham. Et que dire de ce tourment que fut pour lui le fait de rester si longtemps sans avoir d'enfant ? Celui qui doute lira dans la Genèse la plainte d'Abraham à Dieu. Sans doute la naissance d'Ismaël fut une grande joie ; mais ne fut-ce pas terrible de devoir chasser la mère et l'enfant ? Qui pourrait comprendre la douleur d'Abraham, se préparant à sacrifier Isaac, ce fils si longtemps attendu ? Vous me parlez de Lazare, mais, même en mourant, Lazare ne connut pas une telle souffrance. Lazare endurait patiemment ses maux, mais Abraham était plus méritant encore : il supportait tout dans un esprit d'obéissance et de bonne volonté. Même si d'ailleurs les mérites d'Abraham n'avaient dépassé de beaucoup ceux de Lazare, même s'il n'avait pas été le patriarche de la foi, la façon dont il acceptait les épreuves envoyées par Dieu aurait suffi à le distinguer tout particulièrement. Il me semble que vous n'auriez pu trouver plus mauvais exemple à l'appui de votre thèse que celui d'Abraham !

Or, maintenant, cher neveu, examinons d'un peu plus près le cas du pauvre Lazare et celui du riche Abraham. Nous verrons que si le pauvre Lazare est un peu moins honoré que le riche Abraham, un autre riche gît en enfer, en dessous de l'habitat céleste de Lazare et le supplie de laisser tomber une goutte d'eau pour adoucir quelque peu son supplice. Écoutez ce qu'Abraham répond au mauvais riche : « Mon fils, souviens-toi que dans ta vie tu as reçu la fortune alors que Lazare n'avait en partage que la misère. » Le Christ dans la parabole, décrit la vie fastueuse que menait le riche, jour après jour : « Il vécut royalement, et ne connut pas les épreuves. » Abraham répète la même chose : le mauvais riche avait connu l'opulence pendant que Lazare était dans la disette et leurs sorts étaient maintenant intervertis. Notre-Seigneur n'attribue guère de grandes vertus à Lazare, pas plus qu'il n'attribue à ce riche glouton d'autre crime que celui de vivre sans souci et de ne pas se préoccuper des souffrances du pauvre homme. Mais ni le Christ, ni Abraham ne lui reprochent d'avoir laissé Lazare mourir de faim devant sa porte. (...)

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 27 Juin 2017, 10:26

XVI. RÉPONSE AUX OBJECTIONS LA FORTUNE PEUT NOUS FAIRE SOMBRER DANS LA FOLIE

(...)En me parlant d'Abraham et de Lazare vous me rappelez le danger qu'il y a à vivre dans une continuelle prospérité, et tous les bienfaits qui peuvent venir des épreuves. Vous voyez que si Salomon et Job ne vous ont guère avancé, le pauvre Lazare vous a plutôt fait reculer !

XVII. RÉPONSE À LA SECONDE OBJECTION

VINCENT : Mon oncle, vous avez bien démoli mes arguments, et votre tir fut si efficace que vous avez même réussi à éloigner du but certaines de mes flèches. Je serai bien content de les ramasser maintenant. Mais il me semble que je puis laisser la seconde, à l'endroit où elle s'est plantée. Car si vous dites vrai quand vous affirmez que toute espèce de tribulation est profitable, je ne vois vraiment pas pourquoi nous prierions pour nous la voir retirer à nous ou à quelque ami.

ANTOINE : La tribulation me paraît si profitable, si bienfaisante, que je douterais comme vous qu'il fût utile à quiconque de prier pour s'en voir délivrer, si Dieu ne nous avait enseigné l'une et l'autre chose.

Il nous apprend à supporter patiemment notre douleur, mais aussi à lutter contre elle et à nous efforcer de nous en débarrasser. Puisque c'est Dieu lui-même qui nous donne ces deux leçons contradictoires, je ne me casserai pas la tête à essayer de comprendre ses raisons.

S'il nous envoie une famine, il veut que nous la supportions patiemment, mais si, au cours de cette disette, nous trouvons de la viande, il veut que nous la mangions. S'il nous envoie la peste, il veut que nous la supportions avec patience, pourtant il veut que nous nous fassions soigner, que nous nous efforcions de guérir. Ces attitudes nous sont toutes deux prescrites par Dieu à maints endroits de l'Écriture. Jeûner vaut mieux que manger et fait plus grand plaisir à Dieu. Pourtant, il veut que nous mangions. Mieux vaut prier que boire, pourtant Dieu veut que nous buvions.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 27 Juin 2017, 22:23

XVII. RÉPONSE À LA SECONDE OBJECTION

(...) Il préfère nous voir veiller plutôt que dormir, il veut pourtant que nous dormions. Dieu nous a donné un corps et désire que nous le conservions jusqu'à ce qu'il décide de nous rappeler à lui.

Nous ne savons pas quelle dose de douleur nous pouvons supporter sans nuire à notre corps et peut-être aussi à notre âme. L'Apôtre, après avoir ordonné aux Corinthiens de laisser au démon l'abominable fornicateur qui avait pour maîtresse la femme de son propre père, leur recommanda quand il eut subi le châtiment de son péché, de le recevoir de nouveau et de le consoler « de crainte qu'il n'étouffe dans son immense douleur » (1 Cor., 5). Quand Dieu envoie la tempête, il veut que les marins courent à leur poste et fassent leur possible pour se sauver du naufrage.

Il désire que nous agissions envers les autres comme envers nous-mêmes, que nous ayons pitié les uns des autres, que nous ne soyons pas sine affectione et l'Apôtre reproche à certains de ses fidèles leur froideur et leur indifférence. Nous devrions même avoir pitié de ceux que nous sommes amenés à faire souffrir en raison de quelque nécessité. Quiconque prétend qu'en vertu de la considération qu'il a pour l'âme de son voisin, il veut ignorer les peines corporelles de celui-ci, devrait se remémorer les paroles de saint Jean : « Qui n'aime pas son prochain (que pourtant il peut voir) n'a pour Dieu (qu'il ne peut voir) qu'un amour bien tiède » (1 Jn., 4, 20). Ainsi, celui qui reste indifférent aux peines matérielles n'a que peu de pitié (quoiqu'il dise) pour les peines spirituelles.

Parfois, Dieu nous envoie des épreuves parce qu'il veut nous voir prier pour implorer son assistance. L'Écriture raconte que quand saint Pierre était en prison, tous les chrétiens se sont mis à prier sans interruption et que devant la ferveur de leurs prières, Dieu le délivra miraculeusement.

Les disciples dans la tempête eurent peur de se noyer. Ils invoquèrent le Christ : « Seigneur, sauvez-nous, nous périssons » (Mt., 8, 25 ; Le., 8, 24). Entendant leur prière, il mit fin tout aussitôt à la tempête.

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 29 Juin 2017, 02:07

XVII. RÉPONSE À LA SECONDE OBJECTION

(...) Et maintenant encore, nous voyons souvent Dieu accorder son aide à ceux qui sont en danger. Quand nous sommes en pleine prospérité, nous oublions le Seigneur ; alors dans sa bonté, il nous envoie un chagrin ou une maladie pour nous forcer à nous tourner vers lui, à l'appeler pour qu'il vienne nous soulager. Quand nous avons appris à le connaître et à le prier, nous avons une chance de pénétrer plus avant dans la grâce.

XVIII. CONSOLATIONS DIVINES OU CONSOLATIONS DIABOLIQUES


VINCENT : Mon cher oncle, votre réponse me satisfait pleinement.

ANTOINE : Cher neveu, beaucoup de gens déplaisent à Dieu car ni les bons traitements ni la sévérité ne peuvent les inciter à se rappeler leur Créateur. Quand ils ont de tout en abondance, ils vivent selon leur bon plaisir et se livrent à la débauche ; quand Dieu veut se rappeler à eux en les plongeant dans l'adversité, ils perdent la tête et s'écartent de lui, ils cherchent du secours partout sauf auprès de lui : dans les plaisirs de la chair, auprès du monde, chez le diable lui-même.

Prenez par exemple un homme en pleine prospérité et enfoncé dans le péché. Il a toujours considéré ses vices comme nécessaires à son plaisir. Dieu, dans sa bonté, veut appeler cet homme à la grâce ; il lui envoie le remords dans son sommeil. Notre homme se met à réfléchir. Il revoit sa vie et de là, sa pensée glisse vers la mort. Il songe qu'il doit abandonner tous ses biens terrestres et s'en aller seul il ne sait où, il ne sait quand. Il ignore également qui il rencontrera là-bas. Alors, il commence à se dire qu'il serait prudent de s'assurer une bonne fin, de peur de rencontrer dans l'au-delà ces êtres très peu sympathiques généralement appelés « démons » et qu'il avait jusque-là considérés comme des rêves de poètes. De telles pensées, si elles deviennent des obsessions, constituent une dure épreuve. Si elles conduisent à la grâce, l'épreuve est salutaire. Il sera réconfortant pour cet homme de penser que Dieu, par cette admonition, veut lui faire quitter le royaume du péché où il vécut si longtemps et l'attirer dans son royaume à lui, où coulent, en abondance, le lait et le miel. S'il répond à cet appel, son tourment se changera en joie, il sera tout heureux de faire pénitence et de changer de vie. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 29 Juin 2017, 23:08

XVIII. CONSOLATIONS DIVINES OU CONSOLATIONS DIABOLIQUES

ANTOINE : (...) Mais il en est que cet appel de Dieu aigrit, au lieu de les amender. Ils ne veulent pas se débarrasser de leurs mauvais penchants, surtout s'ils doivent y laisser beaucoup d'argent ou encore changer radicalement leur existence. Alors, Dieu, dans sa grande bonté, continuera à les tourmenter. Eux, par méchanceté, prétendent se détourner de lui et cherchent à se débarrasser de leur obsession en s'étourdissant de plaisirs et en s'enfonçant dans ces péchés qui déplaisent tant au Seigneur. Ils finissent par lasser Dieu qui à son tour les repousse. Quand un pécheur s'endurcit au point de toucher le fond, il ne craint plus rien, sauf la perte de ses biens matériels. Il sait pourtant que ceci doit lui arriver fatalement avec la mort. Hélas, à ce moment revient aussi son angoisse. À quoi bon un lit douillet, une plaisante compagnie, tout un cortège d'honneurs ? Il gît, haletant sur sa couche, la conscience torturée et craignant le jugement. Le diable est là, qui le pousse au désespoir en présentant à son imagination des tableaux de l'enfer et cette fois le misérable ne croira plus qu'il s'agit d'une fable, et s’il prétend le croire encore, il verra bientôt que ce n'en est pas une. Ah ! Malheur à ceux qui n'y ont point pensé à temps !

Dieu se réjouirait de voir les hommes se tourner vers lui dans l'épreuve mais, la plupart du temps, ils s'enfoncent plus avant dans leur erreur, prennent conseil auprès de gens de leur espèce et, finalement, sombrent dans le néant.

J'en ai vu qui, sur leur lit de mort et soutenus par des coussins, jouaient aux cartes. Cela les aidait, disaient-ils, à écarter leurs hantises.

Et à quelles hantises faisaient-ils allusion, croyez-vous ? À celles dont je viens de vous parler, n'en doutez pas ! Ils pensaient sans cesse à leur vie dissolue, au péril que courait leur âme, au ciel, à l'enfer et ces images leur faisaient mal. Alors, ils les chassaient par le jeu. Et ils jouèrent ainsi jusqu'à ce que le trépas les empêchât de compter leurs points. Leurs partenaires alors s'esquivèrent subrepticement, mais ils ne tardèrent pas à rencontrer « le mort ». À quel jeu jouèrent-ils alors ? Dieu seul le sait. Je crains que ce ne fût un jeu cruel. (...)

Il y en a qui, dans leur malheur, font comme le roi Saül et ont recours au démon. Ce roi avait ordonné que fussent mis à mort tous ceux de ses sujets qui pratiquaient la sorcellerie et la nécromancie.

Source : livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 30 Juin 2017, 23:37

XVIII. CONSOLATIONS DIVINES OU CONSOLATIONS DIABOLIQUES

ANTOINE : (...) Mais, quelque temps après lui-même s'y adonna. Il alla trouver une sorcière (1S., 28, 3 sqq.) et lui demanda de faire parler un mort, afin de connaître l'issue de la bataille qu'il allait livrer. Dieu l'avait pourtant prévenu, par l'intermédiaire de Samuel que ces pratiques n'aboutiraient à rien, mais il n'en tint aucun compte, s'endurcit dans son erreur et devint toujours plus mauvais, si bien que Dieu ne voulut même plus veiller sur lui. Et quand il chercha auprès du prophète une réponse du Seigneur, il n'en reçut point et cela lui parut étrange. Alors voyant que Dieu ne l'écoutait pas, il se tourna vers le démon et il obtint d'une sorcière qu'elle évoquât le fantôme de Samuel qui était mort dans l'intervalle et qu'elle le fît parler. Mais il lui arriva ce qui arrive à ceux qui ont recours à de tels sortilèges. La réponse fut défavorable et le sort funeste. Son armée fut déconfite et lui-même, tué. Il est dit dans les Paralipomènes, livre premier, chapitre X, que Saül périt pour avoir manqué de confiance en Dieu et pour avoir interrogé et consulté une sorcière, ce qui était contraire à la loi de Dieu, et aussi à la loi qu'il avait lui-même promulguée si peu de temps auparavant.

Que tous ceux qui s'adonnent à de telles pratiques s'attendent à pareil sort ! J'en connais beaucoup qui, en cas de lourde perte financière, recourent à la sorcellerie pour retrouver leurs biens. Parfois, ils y rencontrent des choses étonnantes, mais jamais l'histoire ne s'achève à leur avantage. Il y a des gens stupides qui, s'ils sont malades, ne font pas venir le médecin, refusent de faire faire des analyses d'urine, mais envoient un bonnet ou un bas à une guérisseuse, autrement dit, à une sorcière. Elle fait dire qu'elle a, dans le bas, trouvé la preuve que le malade a été victime des agissements d'un mauvais esprit, un soir entre deux portes, mais que cette preuve n'apparaîtra clairement que dans quelques jours. En attendant, l'esprit, assure-t-elle, a infesté le corps du malade, et c'est ce qui le fait tant souffrir. Qu'il se garde de prendre aucune médecine ! Qu'il se contente de bien manger et de bien boire, les potions lui feraient du mal. Mais voici cinq feuilles de valériane. Elle les a cueillies de la main gauche et leur a communiqué un charme. Il faut que le malade attache ces cinq feuilles à son pouce droit, avec un lacet vert, sans trop serrer ; il ne devra jamais les changer à moins qu'elles ne viennent à tomber ; qu'il les garde jusqu'à ce qu'il soit guéri. Et voilà les beaux conseils que suivent des quantités d'imbéciles, au lieu de se fier à Dieu ! (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 01 Juil 2017, 23:17

XVIII. CONSOLATIONS DIVINES OU CONSOLATIONS DIABOLIQUES

ANTOINE : (...) Neveu, croyez-moi, tous ces gens qui dans l'épreuve, se détournent de Dieu et cherchent le réconfort dans le plaisir ou auprès du démon, se font tort à eux-mêmes. Tandis que ceux qui se tournent vers Dieu trouvent en lui leur consolation et, de l'épreuve même qu'ils subissent, tirent un grand profit.

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

VINCENT : Vos réponses me satisfont, mon oncle ; il me reste pourtant encore un doute. Quand ce doute sera dissipé, je ne vous ennuierai plus car je crains de vous fatiguer par une trop longue discussion. Je ne vous poserai qu'une seule question ; nous verrons le reste plus tard.

Vous dites qu'un riche peut s'élever vers Dieu et qu'un pauvre accablé de maux peut tomber au pouvoir du démon ; qu'on peut tout aussi bien plaire à Dieu en le remerciant de ses bienfaits qu'en supportant avec patience les épreuves qu'il envoie. La richesse et la pauvreté semblent donc pouvoir être causes de salut ou de perdition. Elles ne seraient en soi ni bienfaisantes ni malfaisantes ; tout dépendrait, en somme, de la façon dont ces états sont acceptés. Dès lors, je ne vois pas pourquoi vous donneriez la préférence à la tribulation, à la pauvreté, ni pourquoi vous y voyez plus de causes de vous réjouir. Il me semble à moi qu'on en trouve bien moins dans l'adversité que dans le bonheur, à moitié autant.

Un homme heureux et épanoui qui remercie le Seigneur élève son âme, mais dans l'adversité (bien qu'il puisse acquérir des mérites par sa patience comme l'autre par ses actions de grâces) il est submergé par sa peine. Le riche peut prier Dieu tranquillement, joyeusement, sereinement, mais celui qui gémit dans l'affliction ne pense même pas à prier.

ANTOINE : Je vous dirai d'abord, cher neveu, que les prières du riche et celles du pauvre ne valent pas mieux les unes que les autres, si tous deux sont méchants. Car ni l'un ni l'autre n'a envie de prier. Le riche en est empêché par son plaisir, le pauvre par sa misère – à ceci près que le malheur sert souvent d'aiguillon et force l'homme à se tourner vers Dieu, à moins qu'il ne s'agisse d'un cœur vraiment corrompu, alors que le plaisir détourne plutôt de Dieu – sauf s'il s'agit de mortels vraiment très pieux et très vertueux. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 03 Juil 2017, 00:27

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...) Sur ce point, il me semble que tous les hommes de bonne foi seront d'accord. Dans la douleur, tout homme qui n'est pas complètement stupide ou foncièrement mauvais en appelle à Dieu, non pas timidement, mais de tout son cœur, tant il souhaite être soulagé. Cependant quand nous sommes riches et prospères, notre esprit ne vagabonde-t-il pas tandis que nos lèvres murmurent des prières ? Je sais qu'au cours de certaines maladies, dans certains malheurs, il serait difficile de dire de longues prières à matines. Pourtant, certains agonisants disent dévotement les sept psaumes et d'autres prières, avec le prêtre qui leur administre l'extrême-onction. Mais Dieu ne l'exige pas, et il y en a qui souffrent trop ou qui n'ont pas le courage d'articuler toutes ces formules. Qu'ils élèvent donc leur cœur, sans prononcer une parole. Le Seigneur préfère ce genre de prière dans ces circonstances à une longue liturgie offerte par des bien-portants. Les martyrs, dans leur agonie, n'articulaient pas de longues invocations, mais un mot de leur bouche à ce moment de grande douleur était bien plus précieux que les longues prières qu'ils avaient adressées au Seigneur avant leur supplice.

De grands Docteurs disent que le Christ, quoique vrai Dieu et comme tel jouissant avec son Père d'une éternelle félicité, s'acquit des mérites en tant qu'homme, non seulement pour nous mais aussi pour lui-même. À l'appui de cette thèse, ils citent ces paroles de saint Paul : « Le Christ s'est humilié jusqu'à la mort, jusqu'à la mort sur la croix. Pour cela, Dieu l'a exalté. Le nom de Jésus est au-dessus de tous les noms. Au nom de Jésus, tous les genoux doivent plier aussi bien au ciel que sur la terre et en enfer. Toute bouche doit proclamer que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu son Père » (Phil., 2, 8-11). Si ces savants ont raison, si Notre-Seigneur a mérité non seulement pour nous mais aussi pour lui, il semble bien que ses différentes actions n'ont pas été toutes également méritantes. En lavant les pieds de ses disciples, il mérita moins que pendant sa Passion ; pendant son sommeil, moins que quand il était éveillé et qu'il priait ; ses prières elles-mêmes n'eurent peut-être pas toutes le même mérite. Il ne pouvait dire que des oraisons infiniment supérieures à celles des autres hommes, mais elles ne furent pas toutes équivalentes, certaines étant très supérieures aux autres. Ainsi celles qu'il dit dans sa passion et dans son agonie me paraissent l'emporter sur les autres. La première, quand il tomba trois fois, prostré dans son agonie, quand la peur d'une mort cruelle et toute proche secouait son corps sacré, et qu'une sueur de sang coulait sur le sol. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 04 Juil 2017, 09:51

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...) Les autres furent les douloureuses prières qu'il fit sur la croix malgré ses tourments atroces : il avait été flagellé, on avait enfoncé des clous dans sa chair, ses membres étaient écartelés, ses muscles se tordaient, ses veines se rompaient, la cruelle couronne d'épines s'enfonçait dans sa tête et son sang se répandait sur sa face (Lc., 22). Pendant toutes ces souffrances horribles, il prononça deux invocations très ferventes, l'une pour le pardon de ceux qui le torturaient si cruellement, l'autre pour remettre son âme entre les mains de Dieu son Père (Lc., 23). Ces prières, lancées au plus fort de ses tortures, me paraissent les plus importantes de toutes celles qu'il fit. Aucune prière adressée à Dieu dans la joie n'est aussi belle ni aussi forte que celles qu'on lui adresse dans la souffrance.

Venons-en maintenant au second de vos arguments. Vous dites qu'un homme peut offenser Dieu aussi bien dans l'adversité que dans la fortune : dans le premier état en montrant de l'impatience, dans le second par la recherche immodérée des plaisirs charnels. Par ailleurs, on peut être tout aussi vertueux dans la prospérité que dans la misère en remerciant Dieu aussi bien parce qu'il a donné la richesse, les honneurs, la fortune que parce qu'il a donné la pauvreté, la misère, l'emprisonnement, la maladie, la souffrance. Et vous ne comprenez pas pourquoi je crois que l'épreuve apporte plus de réconfort. Vous croyez en trouver davantage dans la prospérité. Vous y voyez même deux fois plus de soutien moral que dans le malheur puisque l'âme et le corps y ont également leur part, tandis qu'une personne qui souffre ne trouve de réconfort que pour son âme seulement.

Là, je ne suis pas d'accord avec vous, mon neveu. Un homme en pleine prospérité est naturellement porté à remercier Dieu, il peut être heureux de le faire mais il a peu de motifs pour se croire réconforté puisqu'il jouit d'un bonheur terrestre, à moins que vous ne donniez le nom de réconfort à ces satisfactions sensuelles que sont les plaisirs du corps. On donne parfois ce sens à ce terme quand on dit : « Cette boisson me réconforte ». Mais, pour ceux qui ont l'âme droite, le réconfort est beaucoup plus une consolation apportant l'espoir d'une récompense qu'un plaisir passager réjouissant le corps.
(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 05 Juil 2017, 01:00

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...) Un homme qui manque de patience dans ses malheurs ne peut être récompensé. Mais s'il souffre patiemment pour l'amour de Dieu, s'il se conforme aux désirs de Dieu, il sera récompensé en proportion de sa peine. Ceci apparaît dans plusieurs passages de l'Écriture, je vous en ai cités quelques-uns, je vous en citerai d'autres. Mais nulle part on ne voit qu'un riche ayant remercié le Seigneur de ses bienfaits, Dieu lui ait promis une récompense au ciel pour la seule et unique raison qu'il avait pris du bon temps sur la terre. Mais puisque je vous parle du véritable réconfort, de celui qui donne à l'homme l'espoir de gagner la faveur de Dieu, la rémission de ses péchés, la diminution de la peine du purgatoire ou encore une récompense dans le ciel, puisque de tels bienfaits ne sont accordés qu'au malheur subi avec patience et non au bonheur, même s'il est accepté avec reconnaissance, vous voyez bien que vous ne pouvez parler de deux fois plus de réconfort dans la prospérité.

En vérité, il y a bien plus de motifs de se sentir réconforté dans le malheur que dans le bonheur. D'abord, comme je vous l'ai déjà montré longuement, une prospérité continuelle, jamais interrompue par aucune épreuve, est un présage inquiétant de damnation. Il s'ensuit que, pour un cœur droit, une épreuve est un mobile de réconfort. Ensuite, l'Écriture nous dit qu'il y a plus d'avantages à retirer de l'épreuve que de la prospérité et l'Ecclésiaste dit : « Mieux vaut aller à la maison du deuil qu'à la maison du banquet ; car c'est ainsi que doit finir tout homme et le vivant y réfléchit » et un peu plus loin : « Le cœur du sage est dans la maison du deuil et le cœur des fous dans la maison de la joie » (Eccl., 7, 2). En vérité, quand l'Écriture recommande la joie humaine, il faut l'entendre comme une joie spirituelle ou encore comme un léger rafraîchissement de l'esprit, une légitime réaction contre la mélancolie. Dans l'Ancien Testament, la prospérité fut promise aux enfants d'Israël comme un don spécial de Dieu car, en ce temps-là, à cause de leur imperfection, il fallait les amener à Dieu par des perspectives plaisantes comme maintenant, pour faire étudier les enfants, on leur promet des bonbons. L'Écriture fait remarquer que les gens étaient comme des enfants et elle donne à leur maître Moïse le nom de « pédagogue ».(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 06 Juil 2017, 00:39

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...) Saint Paul dit : « La Loi ancienne n'a rien amené à la perfection » (Héb., 7, 19) et Dieu a menacé les humains de leur envoyer des épreuves dans ce monde pour leurs péchés, non que l'épreuve soit un mal en soi, mais pour que nous soyons conscients de la maladie que donne le péché et que nous en craignions les suites. Car l'épreuve a beau être bienfaisante, si nous la prenons comme il faut, elle n'en est pas moins pénible et nous ne nous en délectons point. Pourtant, je ne me lasserai pas de répéter que l'Écriture désigne l'épreuve comme très supérieure à la fortune pour nous faire obtenir le vrai bien que Dieu nous donnera dans l'autre monde. Que signifieraient autrement les paroles de l'Ecclésiaste que je viens de vous citer : « Mieux vaut aller à la maison du deuil qu'à la maison du banquet » ? Pourquoi dirait-il que le cœur du sage est attiré par ceux qui sont dans la peine, et le cœur du fou par ceux qui sont dans la joie ? Pourquoi menacerait-il le sage en disant que celui qui se complaît dans les richesses tombera dans le malheur, que le rire sera mêlé de tristesse et que la joie se terminera en douleur ?

Et Notre-Seigneur lui-même a dit : « Heureux les affligés car ils seront consolés » (Mt., 5, 5). Il dit encore à ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous allez pleurer et vous lamenter, le monde, lui, se réjouira, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie » (Jn., 16, 20). Vous avez déjà pu constater de nombreuses vérifications de ces prophéties : bien des gens qui étaient dans la joie sont maintenant dans la peine. Et vous voyez dans l'Écriture que l'épreuve bien plus que la prospérité vous donne sujet d'espérer la véritable consolation.

En examinant l'adversité et la prospérité, en considérant les conséquences heureuses ou funestes qu'elles entraînent, vous verrez d'autres raisons d'estimer l'épreuve préférable à la fortune. Dans l'épreuve, nous pouvons gagner des mérites par la patience, par la soumission de notre volonté humaine à la volonté divine ou encore en remerciant Dieu de s'être penché vers nous. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 06 Juil 2017, 21:12

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...) Vous pouvez me rétorquer que le riche peut faire des générosités, que par l'autorité que lui vaut son crédit, il peut contribuer à faire régner la justice, en un mot qu'il peut faire toutes sortes de bonnes actions. Je vous réponds qu'un pauvre qui supporte patiemment l'épreuve a bien plus de mérites qu'un riche même très vertueux. En effet, celui qui est dans le malheur ferait la même chose que le riche, s'il le pouvait, et son seul bon vouloir a presque autant de valeur que l'action. Tandis que le riche n'est pas dans la même situation : il n'est pas disposé à supporter l'épreuve, à conformer ses désirs à ceux de Dieu, à le remercier de la lui avoir envoyée ; il n'est pas prêt à endurer ce que le malheureux subit avec résignation. De plus, le riche peut faire de grandes largesses, le puissant peut agir en faveur de la justice, mais on peut être généreux sans être riche, on peut lutter pour la justice sans être puissant. Le riche peut enfin, comme le roi David, compter pour rien ses richesses et mener une vie de pénitence. Ainsi vous voyez bien que la prospérité n'est pas la cause essentielle de ces actes vertueux, puisque celui qui est dépourvu de richesses accomplit mieux encore que le riche ces actions bonnes et méritoires. Finalement, nous voyons que plus le riche est généreux moins il est riche. Par le fait même qu'il travaille à faire le bien, il abandonne sa tranquillité, il entame sa fortune. Celui qui considère la chose avec attention s'aperçoit que le riche, s'il veut agir bien, s'écarte de l'état de richesse pour se rapprocher de l'état de misère. C'est donc qu'il reconnaît la supériorité, en ce qui concerne la grâce, de l'état d'infortune sur l'état de prospérité.

Si vous ne comprenez pas ce raisonnement, et m'alléguez qu'un riche, malgré toutes ses largesses, est resté riche, et qu'un homme puissant, malgré tous ses efforts pour faire régner la justice, est resté puissant, rappelez-vous qu'il faut respecter les proportions : s'il est resté riche, c'est qu'il a donné bien peu en comparaison de ce qu'il avait. Si le riche donnait tout ce qu'il possède jusqu'à être lui-même dans le dénuement, alors on comprendrait ce qui vient d'être dit. Car ce riche-là serait tombé volontairement de la richesse dans la pauvreté. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 07 Juil 2017, 23:50

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...)Nous avons pesé les mérites de la prospérité, examinons maintenant plus en détail ce qui fait le mérite d'une épreuve, c'est-à-dire la patience, la soumission et les remerciements à Dieu. L'homme fortuné n'a pas de patience, et l'on peut dire que plus il sera riche moins il sera patient. Dès que sa patience est mise à l'épreuve, ce lui est une souffrance, de sorte que s'il a quelque mérite il l'obtient par sa souffrance, non par sa richesse.

Mais ce sont les deux autres vertus qui nous apporteront les meilleurs points de comparaison : je veux parler de la soumission de l'homme à la volonté de Dieu et de sa gratitude envers le Seigneur. L'homme vertueux, dans l'épreuve, se soumet à Dieu et lui rend grâce ; ainsi le riche qui accepte sa richesse comme venant de Dieu et rend grâce à Dieu de la lui envoyer. C'est dans ces deux points qu'on peut le mieux comparer les mérites de la richesse et ceux de l'adversité.

Les différences qui les opposent se manifestent clairement en ceci : il faut être d'une nature toute particulière pour pouvoir dans l'épreuve se soumettre à la volonté de Dieu et lui rendre grâce. Mais sans être très vertueux on peut se montrer très satisfait des richesses que Dieu procure et lui déclarer : « Je vous remercie de tout mon cœur, et je vous aimerai toujours, aussi longtemps que vous me traiterez ainsi ! » Confitebitur tibi, cum beneficeris ei. Même si le riche est très bon, il lui faut moins de vertu pour conformer sa volonté à celle de Dieu qu'il n'en faut à l'homme dans l'adversité. Les philosophes ont eu raison de dire : « La vertu est dans les épreuves et les difficultés ». Je vous l'ai déjà dit, il est bien plus facile de remercier Dieu pour ses bienfaits que pour les épreuves qu'il nous envoie. C'est pourquoi, en nous soumettant à sa volonté et en le remerciant de ce qu'il fait pour nous quand nous sommes dans le malheur, nous méritons une récompense céleste bien plus que si nous montrons les mêmes dispositions d'esprit quand nous sommes dans la prospérité. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 09 Juil 2017, 01:23

XIX. UNE AUTRE OBJECTION. RÉPONSE

ANTOINE : (...)C'est ce que vit bien le démon quand il dit au Seigneur qu'il n'y avait rien de remarquable dans la piété de Job : Dieu l'avait toujours gardé prospère et heureux. Mais le diable savait qu'il serait dur pour Job de rester aussi pieux, de continuer à remercier Dieu dans l'adversité. Il fut donc tout content de recevoir de Dieu l'autorisation de plonger Job dans le malheur, il ne doutait pas que Job ne vînt à s'impatienter et à murmurer contre Dieu. Mais c'est là que le démon fut pris ; la patience de Job pendant son malheur, qui pourtant ne dura pas longtemps, lui acquit la faveur de Dieu bien plus que la piété dont il avait fait preuve pendant sa longue vie de bonheur et de prospérité. Notre-Seigneur aussi nous dit qu'en remerciant ceux qui nous font du bien nous ne faisons rien de remarquable, nous ne devons pas nous attendre à beaucoup de récompenses pour cela.

Ainsi, je vous ai montré, je pense, la grande supériorité de l'adversité sur la fortune en ce qui concerne les récompenses célestes.

XX. CONCLUSION : ÉLOGE DE L'ÉPREUVE

Cher neveu, terminons maintenant cette discussion, je ne veux plus vous retenir, vous avez d'autres occupations.

Si nous prenons comme principe de notre foi tout ce que dit l'Écriture telle que les saints Docteurs la commentent et telle que l'Esprit de Dieu l'enseigne à l'Église catholique, alors nous accepterons l'épreuve comme un don de Dieu, un don qu'il réserve à ses amis très chers. Ce don du ciel, dans l'Écriture, est hautement loué et recommandé ; il conjure le danger qui nous menace et, si Dieu ne nous l'envoyait pas, nous devrions le chercher dans la pénitence. L'épreuve nous aide à purger nos péchés passés et nous préserve des péchés à venir ; elle nous aide à nous détacher du monde et à nous rapprocher de Dieu ; elle diminue nos peines dans le Purgatoire et augmente nos récompenses dans le Paradis. C'est par la douleur que Notre-Seigneur lui-même pénétra dans son propre royaume, et que tous ses apôtres l'y suivirent. C'est à la supporter avec patience que le Christ exhorte tous les hommes, sans cela, dit-il nous ne serions pas ses disciples et nous ne pourrions atteindre le ciel. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 10 Juil 2017, 00:46

XX. CONCLUSION : ÉLOGE DE L'ÉPREUVE

ANTOINE : (... ) Qui réfléchit à cela et s'en souvient ne s'insurgera pas dans l'adversité ; il en verra toute la valeur, il grandira en vertu et pensera qu'il a mérité cette épreuve. Il comprendra que Dieu la lui a envoyée pour son bien et bientôt, il en remerciera le Seigneur. Alors la grâce en lui grandira et Dieu lui apportera le réconfort en faisant sentir sa présence, car « Dieu est près des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus » (Ps., 34, 19). Et la joie qu'il en ressentira allégera beaucoup l'épreuve. Il ne cherchera pas ailleurs une vaine consolation, mais c'est en Dieu seul qu'il mettra sa confiance, auprès de lui qu'il cherchera du secours. Il soumettra entièrement sa volonté au bon plaisir de Dieu. Il priera le Seigneur dans son cœur et demandera à ses amis et surtout aux prêtres de prier pour lui, comme saint Jacques le recommande. Il commencera par se confesser, il se purifiera et se préparera au grand départ, il se réjouira à l'idée de quitter ce monde et même à l'idée de passer par le purgatoire.

Si nous agissons de la sorte, nous ne tarderons pas à sentir nos cœurs s'alléger, notre épreuve devenir plus supportable ; nous guérirons et nous vivrons plus longtemps.

Si Dieu veut que nous sortions de cette vie, alors il fait bien plus pour nous, car celui qui prend ce chemin-là ne peut qu'aller droit. Celui qui ne quitte pas volontiers ce monde misérable, je crains fort qu'il ne meure pas bien. Il n'est pas bien accueilli celui qui ne vient pas de bon cœur et qui dit au Seigneur « Salut ô mon Créateur, je ne vous porte point d'amour ! » Mais celui qui l'aime au point de désirer aller vers lui, celui-là sans aucun doute est le bienvenu, même s'il vient sans être lavé de ses péchés, car « la charité couvre une multitude de péchés » (1 P., 4, 9) et « ceux qui mettent en moi leur confiance ne sont pas déçus » (Es., 49, 23). Et le Christ dit : « Celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors » (Jn., 6, 38). Ne comptons donc pas sur une longue existence. Gardons la vie tant que nous l'avons parce que Dieu l'a ordonné ainsi, mais dès qu'il nous appelle, réjouissons-nous d'aller vers lui. L'espoir d'aller au ciel nous soutiendra dans notre épreuve passagère et nous parviendrons ainsi à la joie éternelle. Cher neveu, je prie Dieu que nous y accédions l'un et l'autre. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 10 Juil 2017, 23:39

XX. CONCLUSION : ÉLOGE DE L'ÉPREUVE

(...)VINCENT : Mon cher oncle, je prie Dieu qu'il vous récompense et cette fois je ne vous ennuierai plus. Je crains de vous avoir mis à rude épreuve avec mes objections importunes. Vous m'avez donné un bel exemple de patience en supportant si longtemps mes sottises. Je me permettrai pourtant de revenir vous parler du problème si passionnant de l'épreuve et de la souffrance. Du reste, vous m'avez dit que vous aviez des arguments que vous réserviez pour la fin.

ANTOINE : Revenez bientôt, cher neveu, nous en discuterons tant que ce dont nous nous sommes entretenus sera encore frais dans notre mémoire.

VINCENT : Je vous promets, cher oncle, de ne jamais oublier ce que nous avons dit. Que le Seigneur vous envoie la consolation qu'il jugera la meilleure pour vous !

ANTOINE : Bien dit, neveu bien-aimé ! Je lui demande d'en faire autant pour vous et pour tous nos amis, qui ont si grand besoin d'être réconfortés. C'est pour eux plus que pour vous-même, je suppose, que vous êtes venu me demander conseil.

VINCENT : Je les réconforterai en leur rapportant vos paroles. J'ai confiance en Dieu, soyez en sa sainte garde !

ANTOINE : Qu'il vous y tienne également. Adieu très cher neveu.

LIVRE II. DU DIALOGUE DU RÉCONFORT DANS LES TRIBULATIONS

VINCENT : Vos gens me disent, cher oncle, que depuis ma dernière visite, vous avez goûté un bon repos, Dieu merci !, et que vous vous sentez mieux. Je suis heureux de l'apprendre.

Après notre dernier entretien, je m'en suis voulu d'avoir eu si peu de considération pour votre santé. On m'avait bien assuré qu'elle s'était quelque peu améliorée, autrement jamais je n'aurais voulu vous imposer la fatigue d'une aussi longue discussion. En vous quittant, j'ai pensé à la tension d'esprit que je vous avais imposée, vous forçant à me parler de sujets rébarbatifs et ardus comme la maladie, la misère, l'épreuve, la tribulation. Je m'en suis voulu d'avoir eu aussi peu d'égard pour votre santé. Je ne fus pleinement rassuré qu'en apprenant que vous vous sentiez mieux. J'en remercie le Seigneur, car le moindre accroc serait dangereux, à votre âge. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mar 11 Juil 2017, 22:04

LIVRE II. DU DIALOGUE DU RÉCONFORT DANS LES TRIBULATIONS

(...) ANTOINE : Non, cher neveu, parler ne me fait pas de mal. Un vieillard un peu fantasque est souvent aussi bavard qu'une femme. Les poètes ont raison de dire que le bonheur des vieillards est de s'asseoir bien confortablement au chaud, avec, à portée de la main, une boisson, une pomme cuite, et de bavarder en buvant et en mangeant !

Notre conversation ne fut en rien déplaisante, elle me fit du bien. Si nous mîmes en commun nos chagrins, nos épreuves, ce fut avant tout pour en tirer consolation et réconfort. Je suis heureux que vous soyez revenu pour achever cette discussion.

VINCENT : En vérité, elle me fit grand bien, et tous ces bons conseils que vous m'avez donnés, toutes ces paroles si encourageantes, je les ai répétés autour de moi et j'en ai fait profiter nos amis. Me voici revenu pour continuer, et je suis tout heureux de vous trouver si dispos. Mais, je vous en prie, mon oncle, si, dans la joie que me cause votre conversation, je m'oublie jusqu'à vous imposer de la fatigue, dites-le moi. Et quand vous désirerez me voir prendre congé, renvoyez-moi : je reviendrai à un autre moment.

ANTOINE : Après notre entretien, je me sentis, je vous l'avoue, un peu fatigué ; car parler longtemps sans interruption finit, à la longue, par lasser un homme affaibli. Je regrettai d'avoir tant parlé et que notre conversation fût plutôt un long monologue. Nous aurions dû mieux répartir les rôles et faire comme les savants qui exposent leurs idées dans des dialogues entre personnages imaginaires. Mais là, je suis seul coupable.

Entre vous et moi, tout s'est passé comme entre une certaine nonne et son frère. La dame, de haute vertu, était entrée dans un ordre cloîtré, très sévère. Elle y était restée longtemps sans voir son frère, homme également vertueux, qui avait obtenu, dans une université, le titre de docteur en théologie. Quand il revint chez lui, il alla rendre visite à sa sœur, tout heureux de la savoir dame de si grand renom. Elle vint à la grille, comme on dit, c'est-à-dire au parloir et après s'être pieusement salués de part et d'autre comme il est d'usage en ces endroits, ils se touchèrent le bout des doigts, car on ne se serre pas la main à travers une grille. Alors la dame se lança dans un sermon sur la misère du monde, la fragilité de la chair, les ruses du malin, et donna à son frère force bons conseils (quoiqu'à vrai dire un peu longs) sur la prudence à observer pendant la vie, sur la façon de mortifier la chair et de sauver son âme. Après quoi, elle se mit à lui faire des reproches : (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 13 Juil 2017, 09:24

LIVRE II. DU DIALOGUE DU RÉCONFORT DANS LES TRIBULATIONS

ANTOINE : (...)— Vraiment, mon frère, je m'étonne que vous, qui avez passé tant de temps à étudier, et êtes si savant en tout ce qui concerne Dieu, ne trouviez rien à me dire, à moi votre sœur ignorante, que vous avez si rarement l'occasion de rencontrer. Je ne doute pas que vous sachiez parler doctement.

— En vérité, ma sœur, avec vous c'est impossible, car vous n'avez cessé de parler pour nous deux.
Je me souviens, mon neveu, que lors de notre dernier entretien je ne vous laissai guère ouvrir la bouche. J'en userai autrement cette fois, et vous parlerez la moitié du temps.

VINCENT : Vous m'avez raconté une bien plaisante anecdote, mon cher oncle !

Mais si vous me demandez de parler la moitié du temps, vous ne ressemblez pas à une de vos cousines, je ne vous dis pas laquelle, vous le devinerez. Son mari appréciait énormément la compagnie d'un voisin, à tel point qu'il s'absentait souvent de chez lui. Un jour qu'ils dînaient tous trois, la femme reprocha gaiement au voisin d'attirer son mari loin du foyer conjugal.

— Eh bien ! faites comme moi, madame, il ne s'éloignera jamais de vous.

— Et que faites-vous donc ? dit-elle.

— Eh bien ! voilà : votre mari aime parler et, quand il est avec moi, je le laisse jaser tout son saoul.

— Oh ! dit-elle, je préfère encore qu'il soit en votre compagnie, plutôt que de lui céder chez nous la moitié du temps pour bavarder !...

ANTOINE : Ça, neveu, je devine de qui il s'agit. Je voudrais qu'aucune femme ne fût plus bavarde que celle-là !

VINCENT : Elle n'est pas seulement pleine de bonne humeur, elle est bonne.
Mais il ne m'a pas semblé parler si peu, au contraire, j'étais confus de vous poser tant de questions que j'aurais parfaitement pu taire, vos réponses me l'ont bien fait comprendre. Mais maintenant, puisque vous m'y invitez, je parlerai sans crainte.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 14 Juil 2017, 09:39

I. SI L'ON PEUT, DANS L'ÉPREUVE, CHERCHER À SE RÉCONFORTER PAR DES DISTRACTIONS

VINCENT. Avant d'aller plus avant, cher oncle, je me permettrai de revenir sur certaines de vos affirmations. Si je me souviens bien, vous refusiez à l'homme le droit de chercher un adoucissement à sa peine dans les choses humaines ou charnelles. Cela me semble un peu dur. Il n'y a pas de mal à bavarder gaiement avec un ami, cela distrait, cela détend, cela rend courage. Salomon dit, si je me souviens bien, qu'on devrait verser à boire à l'homme qui est dans le chagrin pour l'aider à oublier. Et saint Thomas assure qu'un plaisant entretien (eutrapelia) est bienfaisant, rafraîchit l'esprit et le rend plus vif pour continuer à travailler et à étudier.

ANTOINE : Mon neveu, je n'oublie pas ce point de vue, mais je n'avais guère envie d'en parler, car cela ne me paraît pas absolument inoffensif et d'autre part il n'est guère nécessaire de le conseiller ; les gens y sont suffisamment enclins par eux-mêmes. N'en sommes-nous pas un exemple ? Nous devions nous rencontrer pour parler de choses graves et tristes et nous avons commencé par échanger de petites histoires drôles. Neveu, vous me connaissez : je suis par nature très moqueur. Je voudrais pouvoir m'en corriger. Mais, même à mon âge, je n'y puis arriver. Je ne vais tout de même pas me mettre à m'en vanter !

Mais puisque vous me demandez mon avis sur la question de savoir s'il n'est pas permis de chercher à soulager le chagrin par quelque honnête divertissement (étant bien entendu que notre principal soutien est Dieu seul) eh bien ! je ne le défendrai pas formellement. Car des hommes vertueux et savants l'ont permis dans certains cas. En effet, si nous étions tous comme Dieu souhaite que nous soyons et tels que la sagesse naturelle le voudrait (il est du reste sans excuse que nous soyons différents), il ne fait aucun doute que la meilleure consolation serait de parler du ciel. Tandis qu'à présent, Dieu nous vienne en aide ! quelques mots sur les joies célestes suffisent à nous plonger dans l'ennui, il nous faut bien vite nous rafraîchir l'esprit avec une bonne histoire. Notre intérêt pour le ciel s'est bien refroidi. Si la crainte de l'enfer s'était émoussée dans les mêmes proportions, bien peu craindraient encore Dieu ! Heureusement, nous n'en sommes pas là. Avez-vous remarqué, mon neveu, qu'au sermon et le plus souvent vers la fin, le prédicateur parle du ciel et de l'enfer. Pendant qu'il parle de l'enfer, on l'écoute encore, mais dès qu'il aborde les joies célestes, c'est fini. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Sam 15 Juil 2017, 00:34

I. SI L'ON PEUT, DANS L'ÉPREUVE, CHERCHER À SE RÉCONFORTER PAR DES DISTRACTIONS

ANTOINE : (...)Il en est de l'âme comme du corps : il y a des gens qui, par nature ou par mauvaise habitude, en sont arrivés à ceci : qu'un produit nocif les soulage plus vite et mieux qu'un produit bienfaisant. S'ils sont malades, ils n'avaleront ni médicament ni nourriture sans y avoir ajouté quelque chose qui en diminue l'action salutaire. Pourtant, nous devons les laisser agir à leur guise ; impossible de faire autrement.

Cassien (cet homme si vertueux) raconte dans une de ses conférences qu'un prédicateur parla un jour du ciel. Il parlait si suavement que ses auditeurs ne tardèrent pas à oublier où ils se trouvaient... et qu'ils tombèrent dans une profonde somnolence. Quand le saint prêtre s'en aperçut, il s'écria tout à coup : « Écoutez cette histoire, elle est amusante. » Toutes les têtes se levèrent et il put alors leur parler du ciel à sa guise. Je ne vous dirai rien des reproches qu'il leur fit, mais cette anecdote me suffit pour illustrer ma réponse à votre question : dans l'épreuve, ne peut-on chercher un soulagement, une honnête distraction ? Je réponds que ceux qui ne peuvent entendre parler du ciel sans être distraits de temps en temps par quelque histoire divertissante (comme s'il était pénible d'entendre parler du ciel !) eh bien ! laissez-les donc ! Je voudrais qu'il fût possible de les guérir de leur frivolité. Il n'en est rien.

Pourtant, à mon avis, il vaut mieux écourter au maximum ces récréations et les rendre aussi rares que possible. Qu'elles soient la sauce et non le plat principal. Prions Dieu de trouver une telle satisfaction dans la description des joies célestes que tout plaisir humain paraisse insipide. Si nous y parvenons, un an de plaisir nous soulagera moins qu'une demi-heure de méditation sur les bonheurs du paradis.

VINCENT : Vous avez raison, mon oncle, et je prie Dieu qu'il nous accorde de goûter de telles joies. Et, comme vous l'avez dit l'autre jour, c'est par la foi que nous y parviendrons et c'est par la prière que nous l'obtiendrons. Mais maintenant, mon cher oncle, arrivons-en au vif du sujet.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Dim 16 Juil 2017, 00:47

II. DU PEU DE TEMPS QU'IL RESTE À VIVRE AUX PERSONNES ÂGÉES OU MALADES

ANTOINE : Cher neveu, j'y ai pensé depuis notre dernière rencontre. Si nous voulions le traiter à fond, il y faudrait bien plus de temps qu'il ne m'en reste à vivre. Et tous mes moments ne sont pas pareils. Il y en a de bien pénibles, pendant lesquels je souhaite mourir. Mes bons jours sont rares et vite passés. Je ne puis trouver meilleure comparaison que celle d'une chandelle presque entièrement brûlée. On pourrait la croire éteinte, car le bord du chandelier en cache la flamme, mais parfois cette flamme s'élève un peu et donne une brève lumière, jusqu'à ce qu'enfin elle s'éteigne complètement. C'est ainsi que bien souvent je crois ma mort proche, et puis j'ai quelques bons moments, comme maintenant. On pourrait croire que ces bons jours vont durer. Mais je sais que je n'en ai plus pour longtemps et même si je vous parais vraiment mieux portant, je tiens chaque jour pour mon dernier. On dit souvent pour calmer la jeunesse « qu'on voit au marché des peaux d'agneaux aussi bien que des peaux de béliers ». Il y a pourtant une différence, c'est que, s'il arrive qu'on meure en pleine jeunesse, le vieillard, lui, sait qu'il ne pourra vivre longtemps.

C'est pourquoi, mon neveu, je laisserai de côté les sujets que j'aurais traités en d'autres circonstances et j'en garderai très peu. Toutefois, si Dieu le permet, nous y reviendrons plus tard.

III. TROIS SORTES D'ÉPREUVES

Toutes les tribulations dont souffrent les hommes entrent forcément dans une des trois catégories suivantes : celles qu'on s'impose de plein gré, celles qui sont supportées patiemment et celles qui paraissent insupportables.

Je ne traiterai pas de cette dernière catégorie maintenant ; ce que j'ai dit la fois dernière suffira pour l'instant. Vous voyez de quoi je veux parler : la maladie, l'emprisonnement, la perte des biens, la perte d'un ami, une douleur physique, tout cela sont des épreuves de la troisième catégorie, telles qu'on ne les accepte pas de bon cœur au début et dont par la suite on ne peut se débarrasser malgré tous les efforts qu'on fait.

Je pense que rien ne peut venir au secours de l'homme qui n'a pas la foi, quels que soient les conseils qu'on lui donne.

Je vous ai déjà beaucoup parlé de celui qui l'a : puisqu'il ne peut se libérer de sa peine, mieux vaut lui conseiller de la prendre en considération, de la supporter patiemment et de rendre grâce à Dieu plutôt que de se révolter et ainsi d'augmenter la douleur tout en risquant de déplaire à Dieu.

Je pense en avoir dit assez sur ce sujet. Pourtant, je vous donnerai encore des exemples de consolation qui peuvent servir dans cette sorte d'épreuves.

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 17 Juil 2017, 08:30

IV. DANS LA CONTRITION ON EST À LA FOIS HEUREUX ET TRISTE

Je parlerai peu de la première catégorie, c'est-à-dire des épreuves qu'un homme s'impose à lui-même, telles qu'une douleur physique ou encore quelque sacrifice matériel auquel il consent librement pour ses péchés et pour l'amour de Dieu.

Cette sorte d'épreuve ne réclame aucune consolation. Puisque la victime s'impose elle-même une souffrance, elle connaît les limites de ce qu'elle peut supporter et ne les dépassera pas. Si un doute s'élève, c'est d'un conseil qu'on a besoin, non de consolation. Ainsi, le courage qui enflamme l'âme pour l'amour de Dieu donnera joie et consolation, à tel point qu'on en oubliera la douleur du corps.

Tout en ayant au cœur grand regret du péché, on ne peut s'empêcher, en pensant à l'immense joie du ciel, de se sentir dans cet état étrange où je fus un jour de fièvre.

VINCENT : À quoi faites-vous allusion, cher oncle ?

ANTOINE : Il y a une quinzaine d'années, j'étais au lit, atteint d'une fièvre tierce. J'avais déjà subi trois ou quatre crises quand il en survint une si forte et si étrange que je n'aurais jamais cru cela possible. Je me sentis à la fois brûlant et glacé dans tout le corps. Je ne dis pas que j'avais froid ici et chaud là. Il n'y aurait rien eu de surprenant à avoir le front brûlant et les mains glacées, non c'était les deux ensemble par tout le corps, et c'était bien pénible.

VINCENT : Ma foi, mon oncle, voici un étrange phénomène. Je n'ai jamais rien ouï de pareil et si je ne l'avais entendu dépeindre par votre bouche j'aurais eu du mal à y croire.

ANTOINE : La courtoisie vous empêche peut-être d'avouer que vous ne me croyez pas non plus quand je vous le décris. Mais ce qui m'arriva ensuite fut plus étrange encore.

VINCENT : Contez-moi cela, mon oncle !

ANTOINE : J'interrogeai deux médecins. Ils m'affirmèrent que j'avais dû tomber dans un demi-sommeil et rêver de telles sensations. D'après eux, cela ne pouvait pas être. (...)


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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Lun 17 Juil 2017, 22:17

IV. DANS LA CONTRITION ON EST À LA FOIS HEUREUX ET TRISTE

(...)VINCENT : Vous n'en avez pas moins maintenu votre point de vue ?

ANTOINE : C'est vrai. Mais il se passa alors autre chose. Une jeune fille de cette ville à qui certain de ses parents avait enseigné un peu de médecine, me dit qu'une telle maladie existait effectivement.

VINCENT : Par Notre-Dame, mon oncle, sauf le respect que je vous dois, je n'aurais jamais eu confiance dans les affirmations de cette jeune fille. Je la crois actuellement digne de foi, mais à l'époque, elle aurait pu mentir pour paraître savante.

ANTOINE : Peut-être, mais elle me montra dans Galien le chapitre De differentiis febrium, qui traite de cette maladie.

VINCENT : Vraiment, mon oncle, ce fut pour vous un heureux hasard de rencontrer cette jeune personne. Elle était, en ce qui concerne cette maladie, beaucoup plus savante que vos deux médecins et je suppose qu'à présent elle en sait beaucoup plus long qu'eux.

ANTOINE : Je le crois aussi. Elle est très docte, très sage et très vertueuse.

Mais voyez maintenant quel tour me joue mon grand âge : je ne puis me souvenir pour quelle raison je vous raconte cette histoire ! Ah ! J'y suis ! Je voulais comparer cet état, où je me trouvais simultanément brûlant et glacé, avec la contrition, où l'on est à la fois joyeux et triste. Saint Jérôme dit : « Sois tout à la fois triste, et en même temps joyeux d'éprouver cette tristesse. »

Celui qui connaît ce genre d'épreuve, le bienfaisant regret de la faute et la vraie contrition, n'a besoin d'aucune consolation. Il lui suffit de penser à la grande Miséricorde de Dieu, qui dépasse de beaucoup tous les péchés. Notre-Seigneur est prêt à recevoir tous les hommes. Il a étendu ses deux bras sur la croix pour mieux les accueillir tous. Il y était lorsqu'il accueillit le larron, qui pourtant ne s'est tourné vers Dieu que lorsqu'il ne pouvait plus commettre aucun larcin. Cependant « il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentir » (Lc., 15, 7).

Là-dessus je ne parlerai plus de ce premier genre d'épreuve.

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 19 Juil 2017, 09:03

V. CONCERNANT CEUX QUI NE SE TOURNENT VERS DIEU QU'AU DERNIER MOMENT

VINCENT : En vérité, mon oncle, il y a là une grande consolation, si grande que bien des gens peuvent persévérer dans le péché, sûrs d'être sauvés à la fin comme le fut le larron repentant.

ANTOINE : C'est vrai, mon neveu, certains hommes sont assez pervertis pour abuser de la grande bonté de Dieu. Plus il se montre généreux, plus on s'enfonce dans le péché. Mais, s'il est vrai qu' « il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent... » à cause de la crainte que Dieu et les saints éprouvaient à voir un homme en danger de perdition, sa place au ciel n'est pas la même que s'il avait toujours marché dans le droit chemin, à moins toutefois qu'après sa conversion il ne rejoigne et ne dépasse les gens de bien. C'est ce qui arriva à saint Paul qui, de persécuteur, devint apôtre et travailla plus que tout autre à semer la parole du Christ. Il ne craignait pas de proclamer lui-même : « J'ai travaillé plus qu'eux tous » (I Cor., 15, 10).

Je ne doute pas, cher neveu, que Dieu soit clément envers tous ceux qui se tournent vers lui, à quelque moment de leur vie qu'ils le fassent, fût-ce à la dernière extrémité. Il admet au ciel même ceux qui viennent travailler à sa vigne quand les autres ont fini (Mt., 20). Pourtant, il serait bien imprudent de se fier à cette parabole pour persévérer dans le péché. Personne ne se rend à la vigne sans y être appelé. Celui qui, dans l'espoir qu'il sera tout de même appelé le soir, dort toute la matinée et boit le reste du temps risque fort de n'être pas convoqué, et d'être envoyé « au lit sans souper ».

Il y avait une fois un homme qui se flattait de vivre toute sa vie selon son bon plaisir, car trois mots prononcés juste avant de mourir lui assureraient, disait-il, une éternité bienheureuse. Il n'atteignit jamais la vieillesse, car un jour, son cheval fit un écart sur un pont en ruines. Quand il vit qu'il ne pouvait se dégager et qu'il allait tomber dans l'eau mon bonhomme s'écria dans son désespoir : « Enfer et damnation ! » Et ce furent ses dernières paroles. C'est là-dessus qu'il avait fondé tout son espoir pendant sa misérable vie.

Inutile pour le pécheur de se répéter : la grâce viendra plus tard. La grâce ne vient que par la volonté de Dieu, et un tel état d'esprit peut être un obstacle à tout bienfaisant repentir. Le pécheur risque de traîner sa négligence toute sa vie ou alors de se faire de vains et tardifs soucis, sans jamais parvenir à la grâce et, finalement, de sombrer dans le désespoir.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Mer 19 Juil 2017, 22:09

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

VINCENT : C'est vrai, mon oncle. Mais certaines gens disent que nous ne devons pas regretter nos péchés, qu'il nous suffit de prendre la résolution de nous amender et de ne plus penser au passé. Quant au jeûne et aux mortifications imposées au corps, ils disent que nous devons nous en abstenir, sauf s'il faut dominer une chair qui s'amollit et commence à regimber.

Le jeûne, disent-ils, sert à maintenir le corps dans la tempérance. Mais d'après eux, jeûner ou accomplir quelque bonne action telle que la charité en vue de nous faire pardonner nos péchés, c'est insulter à la Passion du Christ, qui seule nous en vaut la rémission. D'après eux, ceux qui veulent faire pénitence pour leurs fautes voudraient être leur propre sauveur, payer eux-mêmes leur rançon, racheter eux-mêmes leur âme. C'est pour cette raison qu'en Saxe beaucoup de gens n'observent plus le jeûne, et ne s'imposent plus d'épreuve corporelle, excepté pour parvenir à la tempérance. Cela ne peut nous faire aucun bien, disent-ils, ni à nous ni à notre prochain. Ils condamnent ces pratiques comme superstitieuses. Regretter nos erreurs leur paraît honteux, puéril, efféminé. Pourtant leurs femmes sont devenues si viriles et si peu puériles qu'elles s'endurcissent dans le péché. Tout comme les hommes, elles ne craignent pas de s'y livrer et ensuite n'en ressentent ni honte ni remords.

Mon oncle, je m'étonnai moins quand j'entendis leurs prédicateurs. Quand je me rendis en Saxe, ces doctrines n'existaient encore qu'à l'état de tendances. Luther n'était pas encore marié et les gens d'Église avaient gardé toutes leurs habitudes, mais ceux qui voulaient être de la Secte pouvaient déjà prêcher librement. J'écoutai moi-même le prêche d'un religieux de grand renom, homme austère et grave. Ciel, quel sermon ! Il me semble que je l'entends encore. Il avait une voix bien timbrée et une grande érudition. Il mettait les fidèles en garde contre le jeûne et la douleur qu'on s'inflige par pénitence. Il appelait cela des inventions humaines. Il criait à ceux qui recommandent ces pratiques de s'en tenir aux lois du Christ, d'abandonner ces puériles pénitences, de s'amender spirituellement et de chercher le salut uniquement dans la Passion et dans la mort du Christ. « Il est notre juge, notre sauveur et c'est lui qui s'est sacrifié pour tous nos péchés mortels. Il a fait pénitence sur la croix. Il nous a lavés par l'eau qui s'écoula de son flanc et il nous a tirés des griffes du démon en répandant son sang précieux. Laissez donc ces inventions humaines, ces carêmes imbéciles et ces puériles pénitences. C'est la mort du Christ, vous dis-je, qui doit nous sauver tous, la mort du Christ et non nos propres œuvres. Ne jeûnez pas !(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Jeu 20 Juil 2017, 23:57

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

VINCENT (...)Abandonnez-vous au Christ, mes frères, en raison de sa douloureuse Passion ! » Il faisait sonner si fort à leurs oreilles le nom du Christ, il parlait avec un tel feu de la « douloureuse Passion », tant de sueur lui mouillait les tempes que je ne m'étonnai pas de voir dans son auditoire de pauvres femmes pleurer. Moi-même, je sentais en l'écoutant mes cheveux se dresser sur ma tête.

Les gens autour de lui étaient si ébranlés que quelques-uns n'observèrent plus le jeûne désormais. Ce n'était de leur part ni faiblesse ni malice, mais presque de la piété tant ils craignaient de manquer de reconnaissance pour la « douloureuse Passion du Christ ». Mais une fois sur cette pente, ils en vinrent à accepter bien des choses qui les eussent indignés auparavant.

ANTOINE : Plaise à Dieu, mon neveu, qu'il change l'âme de cet homme et qu'il garde tous ses fidèles de pareils prédicateurs ! Un sermonneur comme celui-là abuse plus du nom du Christ et de sa Passion que mille enragés joueurs qui blasphèment et se parjurent en jetant les dés ! En leur lançant le nom du Christ à la tête, ces gens font oublier à leurs ouailles l'enseignement de l'Église, à savoir que, sans le Christ et sa Passion, les pénitences que nous nous imposons seraient sans aucune valeur. Ils leur font croire que nous pouvons nourrir la prétention d'être sauvés par nos propres œuvres, alors que nous professons que sa Passion mérite infiniment plus que nos œuvres, mais qu'il lui plaît que nous souffrions avec lui, car il a dit : « Qui ne prend sa croix et ne vient à ma suite n'est pas digne de moi »(Mt., 10, 38 et 11, 24 ; Mc., 8, 34 ; Lc., 9, 23 et 14, 27).
Ils soutiennent que le jeûne ne sert qu'à dominer la chair et à la garder de la luxure. Mais alors je devrais croire que Moïse était bien perverti lui qui eut besoin de jeûner quarante jours d'affilée ! Et Élie ! Et Notre-Seigneur lui-même, qui jeûna quarante jours pour le Carême, et les apôtres qui l'imitèrent, ainsi que tous les chrétiens, de génération en génération.

Ce n'est pas pour lutter contre la luxure que le roi Achab jeûna, s'en alla vêtu de sacs et répandit des cendres sur sa tête (1 R., 21, 27). Pas plus que le roi de Ninive et toute la population de cette ville lorsqu'ils se mirent à gémir et entrèrent en pénitence afin que Dieu les prît en pitié et calmât son courroux (Jon., 3). Anne qui, dans son veuvage, passa tant d'années à prier dans le temple jusqu'à la naissance du Christ (Lc., 3), n'était pas, je suppose si portée à la luxure, elle si chargée d'ans, qu'elle eût besoin de jeûner. Saint Paul jeûna souvent, mais pas seulement à cette fin. (...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Ven 21 Juil 2017, 23:21

VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS

ANTOINE : (...) À maints endroits, l'Écriture nous prouve que le jeûne n'est pas une invention humaine, mais une institution divine, et qu'il a plus d'une utilité. Nous voyons aussi que le jeûne de telle personne peut être profitable à telle autre. Notre Seigneur l'affirme quand il dit que certains démons ne peuvent être chassés du corps des possédés « que par la prière et par le jeûne » (Mc., 9, 29).

Je m'étonne vraiment que ces gens parlent ainsi du jeûne et de la pénitence corporelle, mais ce qui me stupéfie c'est qu'ils désapprouvent le repentir qu'on peut éprouver de ses péchés. Le prophète dit :« Mettez en lambeaux vos cœurs et non vos vêtements » (Jb., 2, 12).

Et David dit : (Seigneur) « Tu ne dédaignes pas un cœur contrit et brisé » (Ps., 51, 19), ce qui veut dire un cœur brisé par le chagrin que causent les péchés. Il dit aussi de sa propre contrition : « Je me suis épuisé en gémissements, chaque nuit je baigne ma couche de mes larmes et j'arrose mon lit de mes pleurs » Ps., 6, 7 et 8 Mais pourquoi vous citer un ou deux passages ? L'Écriture en est pleine. Évidemment, Dieu considère que nous devons non seulement nous amender en vue de l'avenir, mais aussi déplorer profondément nos péchés passés. Les Docteurs proclament unanimement que les hommes doivent ressentir de la contrition pour leurs chutes et pleurer dans leur cœur sur leurs fautes.

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

VINCENT : En vérité, mon oncle, ce langage me semble un peu dur. Non que je ne sois d'accord avec vous sur l'ensemble, mais il arrive qu'un pécheur, même s'il le désire, ne parvienne pas à regretter son péché. Il y en a qui, se rappelant leur défaillance, ne peuvent s'empêcher d'en rire. Si la contrition et la tristesse étaient indispensables à la rémission des fautes, bien des gens, ce me semble, seraient en dangereuse posture.

ANTOINE : Bien des gens y sont en effet ! Les saints sont sévères sur ce chapitre. Mais « Ses tendresses s'étendent sur toutes ses créatures » (Ps., 145, 9) et « Il n'est soumis à aucune règle, il connaît la fragilité de ces esquifs qu'il fit lui-même, il est miséricordieux, il prend en pitié et en compassion nos faiblesses, il n'exigera pas de nous plus que nous ne pouvons lui donner » (Ps., 103).

Mon neveu, celui qui est dans cet état d'esprit doit remercier le Seigneur de n'être pas pire, et d'avoir au moins l'intention de mieux vivre à l'avenir. Mais puisqu'il ne parvient pas à regretter ses fautes, qu'il déplore au moins de ne pas s'être, d'ores et déjà, amélioré.(...)

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MessageSujet: Re: Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More   Hier à 22:09

VII. OÙ IL EST QUESTION DE CEUX QUI NE PEUVENT TROUVER EN LEUR CŒUR LE REGRET DE LEURS FAUTES

ANTOINE : (...) Saint Jérôme dit à celui dont le cœur est rempli de contrition de se réjouir à cause même de cette contrition ; moi je conseille à celui qui ne peut se repentir de s'attrister parce qu'il ne peut le faire.

Je souhaite que jamais personne ne désespère. Mais qu'il prenne bien garde celui qui ne peut parvenir à la contrition. Car c'est l'indice d'une foi qui s'amollit, d'une piété qui se relâche.

Si nous étions pénétrés de la foi en Dieu, si nous nous inclinions devant sa majesté, si nous pensions à son immense bonté, alors nous devrions trembler de terreur devant lui ; notre cœur devrait se briser, car l'amour et la gratitude devraient le faire éclater en sanglots. J'ajoute que le fait de ne ressentir aucun regret d'un péché dénote un manque de pureté, et rien d'impur ne peut entrer au ciel. Je donne à ceux qui se trouvent dans cet état le conseil que Maître Gerson (1) donne à tout le monde : puisque l'homme a un corps et une âme, moins l'âme est affligée, plus il faut imposer de souffrance au corps, plus il faut purger l'esprit par le mortifiement de la chair.

En agissant ainsi, on finira par avoir le cœur gonflé de larmes et on sentira se répandre dans l'âme une bienfaisante tristesse en même temps qu'une céleste joie. Il ne faut jamais manquer non plus de joindre à ces pratiques vertueuses une prière pleine de confiance.

Cher neveu, je vous ai dit l'autre jour que sur ces sujets je ne voulais pas discuter avec ces hommes nouveaux, mais je ne puis pourtant pas leur donner raison, car, pour autant que mon pauvre esprit puisse discerner, la Sainte Écriture de Dieu leur donne entièrement tort, ainsi que toute la chrétienté. Ils ont contre eux les gens qui ont vécu dans le pays même de ces novateurs ainsi que les saints Docteurs et les saints interprètes de l'Écriture, qui ont vécu au cours des âges. Si ces novateurs découvrent tout à coup que l'Écriture a de tout temps été mal comprise, que parmi tous ces Docteurs des siècles passés il n'en était pas un qui eût pu l'interpréter correctement, alors je devrais me mettre à mon tour à étudier l'exégèse.

Hélas ! Je suis trop vieux pour cela. Je n'ose pourtant pas me fier à la science de ces novateurs, mon neveu, car je ne vois pas pourquoi ils ne se tromperaient pas aussi bien que les autres se sont, à les en croire, trompés avant eux. Cependant ; s'ils ne se sont pas trompés, s'ils ont vraiment trouvé un chemin si facile vers le ciel, soit ! Qu'ils ne réfléchissent pas, qu'ils mènent joyeuse vie, qu'ils ne fassent pas pénitence, mais trinquent à la santé de Notre Sauveur et qu'on remplisse les verres !

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