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 Neuvaine pour la France : neuf mois de prières

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Lumen
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MessageSujet: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 12 Nov 2014, 23:06

Rappel du premier message :

Neuvaine pour la France : neuf mois de prières pour sauver le pays

Parce que la prière est la plus grande force qui soit, un groupe de laïcs de l’Hexagone lancent, sous le parrainage de Monseigneurr Barbarin, une grande neuvaine de prière pour la France.


Neuf mois, c’est le temps d’une gestation. Il faut au moins cela pour permettre à la France, confrontée à de sérieuses difficultés sur le plan éthique, social, économique ou politique, pour inverser la courbe : celle du chômage et de l’inflation, mais aussi celle des cœurs, en grand besoin de conversion. C’est l’avis d’un groupe de laïcs d’horizons divers (salariés, chefs d’entreprise, mères au foyer, étudiants, enseignants…), qui lancent une grande neuvaine pour la France  http://www.laneuvaine.fr, à partir du 15 novembre prochain.

Le logo de Marie, Mère et Reine

Faites le compte : cette prière de neuf mois  prendra fin le 15 août, jour de la fête de Notre Dame de l’Assomption, patronne principale de la fille ainée de l’Eglise et sa Reine, comme le montre le joli logo de la neuvaine, qui la représente avec une couronne. Logo qui dit aussi, alors qu’on s’achemine vers Noël, que Marie est - d’abord - Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, comme le rappelle si souvent le Pape François. Pour les organisateurs, elle a « fait preuve de nombreuses fois de sollicitude pour la France » ; comme en 1947, où celle-ci était « en grand danger » et où elle l’a sauvée par la prière des petits enfants de l’Ile Bouchard (cf. site du sanctuaire).

Chaque jour, le chapelet et la prière de la neuvaine

Lucides mais plein d’espérance, ces laïcs, qui croient en la force de la prière, proposent à tous les catholiques de France de mettre les bouchées doubles, en neuf clefs : chapelet chaque jour, suivi de la prière de la neuvaine, jeûne et méditation  chaque premier vendredi pendant neuf mois… A ceux qu’un tel programme pourrait effrayer ou aux ouvriers de la deuxième ou de la troisième heure, ils assurent qu’ « un oubli, une prise en cours, une pratique allégée ne sont pas graves » (clef n° 9).  Ah oui : Diffuser la neuvaine et la faire connaître en fait aussi partie,  comme « Honorer la Sainte Vierge en affichant le logo de la neuvaine sur vos réseaux sociaux » et « Imprimer et diffuser dans votre paroisse les  méditations hebdomadaires » (clef n° 7 et 8.).

Parrainée par le Cardinal Barbarin

L’initiative a reçu le soutien du Cardinal Barbarin, qui la parraine, et celui de nombreux prêtres et évêques (cf. Liberté politique), qui publieront chaque semaine et à tour de rôle des méditations. Elle est portée par un site : www.laneuvaine.fr, une page Facebook (France La Neuvaine) et un compte twitter (@laneuvaine), déjà actifs. Petit clin d’œil du Ciel ? A quelques jours de son lancement, Marthe Robin, qui, entre autre, avait donné  ses yeux pour la France,  vient d’être déclarée vénérable.


À l'école de la foi : quelles sont les origines du chapelet ?




Le chapelet c'est quoi ? Quand le dire ? Qu'est-ce que ça raconte ? Qu'est-ce que ça apporte ? Des enfants nous l'expliquent pour que chez nous, en voyage ou encore en pèlerinage à Lourdes, on puisse le prier !


Pendant des centaines d’années, l’Eglise a eu recours au chapelet dans les moments de conflit. Pour Saint Dominique, la prière du rosaire était devenue « une arme spirituelle », et les papes appelaient Marie « la victorieuse des hérésies », invoquant son secours pour les combattre toutes, du catharisme au communisme.

La dévotion au Rosaire s’est développée lentement, sur à peu près 500 ans
La récitation du chapelet comporte 150 (ou 200) Ave Maria (Je vous salue Marie), chaque dizaine étant introduite par un Pater (Notre Père) et suivie par un Gloria (Gloire au Père). Un rosaire correspond à la récitation de trois chapelets. Pendant leur récitation, on médite sur les mystères de la vie du Christ et de sa Mère.

Bien que la tradition populaire attribue l’origine du chapelet à Saint Dominique (1170-1221), aujourd’hui les historiens défendent la thèse d’un développement lent et progressif de sa pratique. Comme l’affirme aussi Jean Paul II dans sa lettre « Rosarium Virginis Mariae » (2002), quand il dit que le rosaire « s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous le souffle de l’Esprit de Dieu ».

Aucun texte de l’histoire n’illustre clairement l’essor de cette pratique, mais le père Etienne Richer, dans le « Mariology », explique qu’à la fin du XIème siècle, soit une centaine d’années avant saint Dominique, « une dévotion mariale, caractérisée par de nombreux Ave Maria et des gestes de prostration répétés, était déjà connue et pratiquée en l’honneur de la Vierge, d’abord en l’honneur de ses joies, puis de ses souffrances ». On parle déjà d’une fête du « Rosaire », nom qui vient de la couronne de roses dont était ornée la tête des statues mariales.

A la même période, les frères et moines cisterciens, qui n’arrivaient pas à mémoriser les 150 psaumes que leur ordre priait chaque semaine, récitaient 150 Pater. Les laïcs copièrent très vite cette forme de prière, mais en remplaçant le Notre Père par un Ave Maria. Cette dévotion sera appelée « Psautier de Marie ».

Vers 1200, on dit que la Vierge Marie est apparue à saint Dominique et qu’elle lui a dit : « Récite mon Psautier et enseigne-le à tes hommes. Jamais cette prière n’échouera ». Ce que celui-ci fera en le répandant autour de lui, explique Etienne Richer, au point que cette dévotion au Psautier de Marie sera « incorporée divinement » à la sienne.

Au fil des décennies suivantes, le rosaire et le Psautier de Marie finirent par converger, donnant à cette pratique la forme qu’on lui connaît aujourd’hui : 150 Ave Maria divisés en dizaines, un Pater Noster entre chaque dizaine et trois séries de mystères – joyeux, douloureux et glorieux.

En 2002, Jean Paul II ajoutera au chapelet cinq autres mystères, les mystères « lumineux », expliquant que son dessein principal est de « donner une consistance nettement plus christologique au Rosaire », et de « prendre en compte également les mystères de la vie publique du Christ entre le Baptême et la Passion ».

Le chapelet, arme spirituelle de l’Eglise pour « chasser les démons »
Dès le XIIème siècle, l’Eglise a recours au chapelet dans les périodes de difficulté et de trouble. En 1569, saint Pie V officialise sa pratique, attribuant à sa récitation la destruction de l’hérésie et la conversion de tant de peuples, et sollicitant les fidèles à en faire usage, face à une époque « terriblement tourmentée et affligée par tant de guerres, et par la morale dépravée des hommes ».

Le prolifique Léon XIII (1878-1903), connu surtout pour ses encycliques sociales, a aussi écrit au moins 16 textes sur le saint Rosaire, dont une douzaine sont des encycliques.

Ce « pape du rosaire », comme on le surnommait, a rédigé sa première encyclique sur le rosaire en 1883 (Supremi Apostolatus officio), marquant de cette façon le 25ème anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes. Il y évoque le rôle de saint Dominique et rappelle que la diffusion du chapelet fut d’un grand secours pour vaincre les hérétiques albigeois dans le sud de la France aux XIIème et XIIIème siècles. Saint Dominique, écrit le pape, « s'avança contre les ennemis de l'Eglise catholique, animé de l'Esprit d'en haut ; non avec la violence et avec les armes, mais avec la foi la plus absolue en cette dévotion du Saint Rosaire que le premier il a divulguée ».

« Il prévoyait, en effet, par la grâce divine, poursuit le pape, que cette dévotion, comme un puissant engin de guerre, mettrait en fuite les ennemis et confondrait leur audace et leur folle impiété ».

Le pape y commente aussi « l'efficacité et la puissance » des prières du rosaire dans la bataille historique de Lépante entre forces chrétiennes et musulmanes en 1521. Les forces islamiques avaient pris pied en Espagne et étaient sur le point de l’emporter sur le christianisme, lorsque le pape Pie V exhorta les fidèles à réciter leur chapelet. Les chrétiens triomphèrent et le pape, en l’honneur de cette victoire, donna à Marie le nom de « Notre-Dame des Victoires », et lui institua un jour de fête, le 7 octobre, que son successeur, Grégoire XIII, transformera ensuite en fête du « saint Rosaire ».

Revenant au besoin de recourir au chapelet à cette époque, le pape écrit : « c'est une chose des plus douloureuses et des plus lamentables de voir tant d'âmes rachetées par le Sang de Jésus-Christ arrachées au salut par le tourbillon d'un siècle égaré, et précipitées dans l'abîme et dans une mort éternelle. Nous avons, de nos jours, autant besoin du secours divin qu'à l'époque où le grand Dominique leva l'étendard du Rosaire de Marie à l'effet de guérir les maux de son époque ».

En 1937, Pie XI (1922-1939) consacre au rosaire sa dernière encyclique « Ingravescentibus malis » (29 septembre). C’est aussi l’année où il écrit sa lettre « Mit brennender Sorge » (traduite en français par « Avec une brûlante inquiétude ») qui critique les nazis, et la « Divini Redemptoris », sur le communisme athée qu’il accuse de « vouloir renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements la civilisation chrétienne. »

Critiquant l’esprit de l’époque qui « dans l’enivrement de son orgueil, se moque du saint Rosaire et le rejette avec dédain », le pape souligne les bienfaits de cette façon de prier, disant qu’elle a « le parfum de la simplicité évangélique et requiert un esprit d'humilité».

« Une multitude considérable de saints hommes de tout âge, toute condition, y ont toujours eu recours », écrit-il. « Ils l’ont récitée avec grande dévotion et, à chaque moment, l’ont utilisée comme une arme très puissante pour chasser les démons. Pour conserver l'intégrité de la vie, pour acquérir plus facilement la vertu, en un mot pour obtenir la véritable paix aux hommes ».

En 1951, Pie XII (1939-1958) écrit l’encyclique « Ingruentium malorum » (sur la récitation du chapelet). « Nous n’hésitons pas à affirmer de nouveau publiquement que nous mettons une grande espérance dans le rosaire pour la guérison des maux qui affligent notre époque », déclare-t-il. « Ce n'est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l'aide divine obtenue par cette prière que l'Eglise, forte comme David avec sa fronde, pourra affronter, intrépide, l'ennemi infernal ».




Source : ELISABETH DE BAUDOÜIN et TEAM ALETEIA


Dernière édition par Etoile Bleue le Sam 31 Jan 2015, 15:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 14 Déc 2014, 18:56

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La prière, apprentissage de l’espérance



Du bonheur dans toutes les familles !


« Un premier lieu essentiel d’apprentissage de l’espérance est la prière. Si personne ne m’écoute plus, Dieu m’écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S’il n’y a plus personne qui peut m’aider – là où il s’agit d’une nécessité ou d’une attente qui dépasse la capacité humaine d’espérer, Lui peut m’aider.

Si je suis relégué dans une extrême solitude…; celui qui prie n’est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l’inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre: Prières d’espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l’écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d’espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l’espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude.

De façon très belle, Augustin a illustré la relation profonde entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L’homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C’est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir; en faisant désirer, il élargit l’âme; en l’élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ».

Augustin renvoie à saint Paul qui dit lui-même qu’il vit tendu vers les choses qui doivent venir (cf. Ph 3, 13). Puis il utilise une très belle image pour décrire ce processus d’élargissement et de préparation du cœur humain. « Suppose que Dieu veut te remplir de miel [symbole de la tendresse de Dieu et de sa bonté]: si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel? »

Le vase, c’est-à-dire le cœur, doit d’abord être élargi et ensuite nettoyé: libéré du vinaigre et de sa saveur. Cela requiert de l’effort, coûte de la souffrance, mais c’est seulement ainsi que se réalise l’adaptation à ce à quoi nous sommes destinés.

Même si Augustin ne parle directement que de la réceptivité pour Dieu, il semble toutefois clair que dans cet effort, par lequel il se libère du vinaigre et de la saveur du vinaigre, l’homme ne devient pas libre seulement pour Dieu, mais il s’ouvre aussi aux autres. En effet, c’est uniquement en devenant fils de Dieu, que nous pouvons être avec notre Père commun. Prier ne signifie pas sortir de l’histoire et se retirer dans l’espace privé de son propre bonheur. La façon juste de prier est un processus de purification intérieure qui nous rend capables de Dieu et de la sorte capables aussi des hommes.

Dans la prière, l’homme doit apprendre ce qu’il peut vraiment demander à Dieu – ce qui est aussi digne de Dieu. Il doit apprendre qu’on ne peut pas prier contre autrui. Il doit apprendre qu’on ne peut pas demander des choses superficielles et commodes que l’on désire dans l’instant – la fausse petite espérance qui le conduit loin de Dieu. Il doit purifier ses désirs et ses espérances. Il doit se libérer des mensonges secrets par lesquels il se trompe lui-même: Dieu les scrute, et la confrontation avec Dieu oblige l’homme à les reconnaître lui aussi. « Qui peut discerner ses erreurs? Purifie-moi de celles qui m’échappent », prie le Psalmiste (18 [19], 13).

La non-reconnaissance de la faute, l’illusion d’innocence ne me justifient pas et ne me sauvent pas, parce que l’engourdissement de la conscience, l’incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute. S’il n’y a pas de Dieu, je dois peut-être me réfugier dans de tels mensonges, parce qu’il n’y a personne qui puisse me pardonner, personne qui soit la mesure véritable. Au contraire, la rencontre avec Dieu réveille ma conscience parce qu’elle ne me fournit plus d’auto-justification, qu’elle n’est plus une influence de moi-même et de mes contemporains qui me conditionnent, mais qu’elle devient capacité d’écoute du Bien lui-même. »





Benoit XVI, Encyclique Spe salvi sur l’espérance chrétienne, 2007, §32-33






10 Apparitions de la Ste Vierge Marie à l'Île-Bouchard (1947) - reconnues par l'Église

Témoignage de Mme Jacqueline Aubry, l'une des enfants qui virent, en décembre 1947, la Sainte Vierge dans l'église de l'Île-Bouchard.

Les archives soviétiques ont montré qu'au même moment, l'URSS fomentait un coup d'État contre la France... ce que les Français, bien entendu, ignoraient, et plus encore dans les campagnes.

Quelques heures auparavant, Marthe Robin avait prédit que la Sainte Vierge allait apparaître à des enfants pour sauver la France...

Invocation (déjà révélée à Ste Catherine Labouré, lors de l'apparition de la rue du Bac, en 1830) : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

IMPORTANT : En la Fête de l'Immaculée Conception, par décret du 8 décembre 2001, « après avoir soigneusement étudié les faits et pris conseil des personnes compétentes », Monseigneur André Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, « autorise les pèlerinages et le culte public célébré en l'église paroissiale Saint-Gilles de L'Île-Bouchard pour invoquer Notre-Dame de la Prière »





Neuvaine à Notre-Dame de la Prière
http://www.ilebouchard.com/2014/05/5446/neuvaine-a-notre-dame-de-la-priere

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 15 Déc 2014, 16:36


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Avons-nous été fidèles à la promesse?




Le baptême de Clovis, dessin de Ludovic Mouchot

Le baptême de Clovis:
 

Ernest Psichari (1883-1914), petit-fils de Renan,  après des études de philosophie il devient soldat; il se convertit au Christ sous l’influence du Père Clérissac et de Maritain.

Il meurt en Belgique au début de la guerre, quelques semaines avant son ami Péguy.

Est publié à titre posthume un roman auto-biographique dans lequel il raconte la traversée spirituelle dans le désert et le retour à Dieu d’un officier agnostique. Notre extrait est dans les dernières pages du roman :

 
Et la voix intérieure jaillit en Maxence avec les larmes :

«  Ah ! Oui, j’ai compassion de ceux-là qui sont abandonnés et qui sont tristes… mais nous, qu’avons-nous fait, nous les bénis du Père, nous, les enfants de l’élection ? Et que répondrons-nous, quand le Juge nous dira : « Je vous avais donné la plus douce terre et vous avez été mes préférés. Je vous avais donné ma France bien-aimée et je vous avait faits héritiers de ma parole. C’est à vous que je pensais, dans la sueur de Géthsémani et c’est vous que j’ai nommés les premiers. Il n’est rien que je n’aie fait pour vous, parce qu’il n’en est pas que j’aie désirés plus que vous. Et c’est vous que j’avais choisis entre beaucoup… »

Hélas ! Qu’avons-nous fait ? Quel désir nous a saisis ? Quelle lèpre est donc venue nous ronger ?

C’est vrai, Seigneur, nous n’avons pas été fidèles à la promesse, nous ne vous avons pas veillé pendant que Vous entriez dans l’agonie. Mais voyez : nous gémissons dans la honte et dans la contrition, et nous venons à Vous tels que nous sommes, pleins de larmes et de souillures.

Nous avons tout perdu, nous n’avons rien, mais tout ce qui reste, ô mon Dieu, nous vous le donnons ; tout ce qui reste, c’est-à-dire notre cœur brisé et humilié. Vous êtes plus forts que nous, Seigneur, nous nous rendons. Nous Vous prions humblement, comme nos pères vous ont prié. Nous vous mendions très misérablement votre grâce, parce que nous ne pouvons Vous tenir que de Vous seul… »





Ernest Psichari, Le voyage du centurion, Paris,
Louis Conard, 1922, p. 238-240



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 16 Déc 2014, 16:32


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Relecture de l’histoire nationale dans la grâce de la réconciliation



Texte du cardinal Lustiger invitant les fidèles à une messe à l’occasion du bicentenaire de la Révolution.

« Le 20 juin prochain, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Cardinal Decourtray, président de la Conférence des évêques de France, et plus de trente évêques concélébreront, aux intentions de la France, la messe « pour la justice et pour la paix ».

La date et le lieu de cette liturgie eucharistique en indiquent la portée. Il ne s’agit pas de « célébrer » des événements, mais d’inviter les catholiques de notre pays à commémorer dans la prière les deux derniers siècles de notre histoire. Nous demanderons à Dieu, pour la communauté nationale, la grâce de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Ce 20 juin 1989 sera le deuxième centenaire du Serment du jeu de Paume. Ce jour-là une majorité des députés du Clergé se sont joints à ceux du Tiers-Etat : ils ont ouvert ensemble une ère nouvelle de l’histoire de France. Dans les acquis de ces journées d’enthousiasme et d’espérance, l’Eglise peut reconnaître des valeurs évangéliques. Jean-Paul II nous l’a vigoureusement rappelé dans son homélie au Bourget, il y a neuf ans : « Liberté, Egalité, Fraternité… Au fond, ce sont là des idées chrétiennes ». Nous sommes, chacun suivant notre vocation, responsable devant Dieu, notre Créateur, du respect des droits de l’homme, sa créature.

Les événements de 1789 ont ouvert une période de convulsions terribles. Nous ne voulons pas oublier les chrétiens, prêtres, évêques, engagés passionnément dans les combats pour la liberté et l’égalité. Ils n’ont pas cru être infidèles à l’Eglise en prêtant le serment constitutionnel. Ils se trompaient sur ce point ; mais pour certains, l’intégrité de leur vie, la fidélité à leurs engagements de baptisés et de prêtres, le témoignage courageux qu’ils surent donner aux jours sombres du terrorisme anti-chrétien disent assez leur loyauté à l’Eglise.
Des persécutions, notamment contre les prêtres et les évêques fidèles au Pape, la Terreur, les exécutions massives ont fait d’innombrables victimes. Lors de cette messe du 20 juin, nous prierons pour tous ceux qui sont tombés dans la tourmente révolutionnaire. Nous nous souviendrons des affrontements qui, depuis cette date et jusqu’à nos jours, ont divisé les Français. Nous avons à demander la grâce du pardon pour des fautes qui grèvent notre histoire et hypothèquent notre avenir.

Parmi les victimes de la Révolution nous voulons rappeler ceux qui sont morts par fidélité à la foi catholique. L’Eglise a officiellement reconnu en certains d’entre eux des martyrs, des bienheureux et des saints. Nous pouvons, nous devons invoquer leur mémoire et demander leur intercession. Les circonstances pouvaient être troubles. Ils ne sont pas morts en vain, car ils ont donné leur vie pour la foi, dans le pardon et non la haine. A l’exemple du Sacrifice du Seigneur dont cette messe sera le mémorial, leur martyre nous montre les exigences de l’amour fraternel et de la fidélité à Dieu.

C’est dans ses souvenirs et dans cette fidélité que les catholiques sont invités à s’unir aux évêques réunis à Notre-Dame le 20 juin. Pour faire mémoire de deux siècles de notre histoire, rendre grâce à Dieu des dons reçus et prier pour la réconciliation. Puisse cette assemblée témoigner -pour tous nos concitoyens- de notre foi en Dieu, source de toute concorde et de toute justice. Cette Eucharistie atteste aussi notre espérance et notre prière pour notre pays et pour « toute la famille humaine », à l’aube du troisième millénaire. »





Cardinal Lustiger, « Les exigences de l’amour fraternel et de la fidélité à Dieu », Dieu merci, les droits de l’homme, Paris, Critérion, 1990


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 17 Déc 2014, 21:17


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Relecture de l’histoire nationale dans la grâce de la réconciliation



Marie accueille avec Foi la parole de Dieu,
cette parole qui crée la vie !

« Elle se laisse pénétrer, par la parole de l’Ange et docile à la parole qui vient,
de Dieu, elle se rend digne de porter Dieu, "de concevoir et d’enfanter le Verbe de Dieu. "
Elle le conçoit par sa foi avant de le concevoir en sa chair. »


Saint Irénée


Nous voilà à huit jours de Noël. Entrons davantage dans cette disponibilité dont la Vierge Marie nous ouvre le chemin; pour que notre prière soit toujours plus nourrie de son oui.
 
« Pareille à une gerbe liée en son milieu et qui se déploie à ses extrémités, le consentement de Marie embrasse toute sa vie ; elle en reçoit son sens et sa forme, s’épanouit en arrière et en avant. Ce oui prononcé une fois, et qui embrasse tout, accompagne aussi chaque instant de sa vie, illumine chaque tournant de son existence, confère à chaque circonstance son sens particulier et lui dispense de façon toujours nouvelle et dans n’importe quelle situation la grâce de comprendre. Ce oui donne tout son sens à chaque souffle, à chaque mouvement, à chaque prière de la Mère de Dieu. Car la nature du oui, c’est de lier celui qui le prononce en lui laissant la plus totale liberté de réalisation. Il remplit son oui de sa personnalité, lui donne son poids et sa coloration unique, mais est lui-même modelé, libéré, réalisé par ce oui. Toute liberté s’épanouit dans l’abandon et le renoncement à la liberté. Et toute fécondité naît de cette liberté dans la dépendance…

Avant tout, son consentement est grâce. Il n’est pas simplement sa réponse humaine à l’offre divine, mais il est tellement grâce qu’il est en même temps la réponse de Dieu à toute sa vie. C’est dans son âme la réponse de la grâce à la grâce déposée dans sa vie dès l’origine. Mais en ne négligeant pas l’appel du Seigneur, Marie donne aussi la réponse attendue par la grâce ; ne pas négliger l’appel signifie pour elle se mettre à disposition dans un abandon total. Elle le fait de tout son pouvoir, de toute la profondeur de son être et de ses facultés ; elle s’abandonne donc dans la force et la faiblesse : la force de celle qui se tient prête à toute injonction de Dieu et la faiblesse de celle dont on a déjà disposé, qui est assez faible pour reconnaître la puissance du requérant et pourtant assez forte pour lui offrir sa propre vie.

En tant que parole de grâce, son consentement est éminemment une action de l’Esprit-Saint, sous l’effet duquel elle donne à Dieu son corps et son âme. L’Esprit qui l’ombragera est déjà en elle et lui permet de prononcer son oui avec lui. En l’ombrageant, l’Esprit qui inonde va rencontrer l’Esprit qui l’habite déjà, et le oui de Marie sera comme enfermé dans un oui de l’Esprit. Ainsi enveloppé dans le Saint-Esprit, son consentement n’en est pas moins une parole authentique, libre et autonome de son propre esprit. Ce sera d’abord une parôle de son âme, sans qu’elle pressente encore combien il est dans les vues de Dieu qu’elle devienne parole de son corps. Et ce sera le Saint-Esprit qui prolongera le oui de son âme pour en faire un oui de son corps. Il le peut parce que ce oui est sans limites, matière souple dont Dieu peut faire tout ce qu’il veut. »


Adrienne von Speyr, La servante du Seigneur, 1947




Magnificat

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est Son Nom !

Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leur trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
pour les siècles des siècles.

Amen.




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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Jeu 18 Déc 2014, 10:58



Ressources spirituelles


Suspendus à la réponse de la Vierge



Ô Vierge hâte-toi de répondre (St Bernard)

Tu as appris, Vierge, l'événement et aussi la manière dont il doit s'accomplir: double merveille et double joie. Réjouis-toi, fille de Sion ! exulte à plein cœur, fille de Jérusalem ! Et puisque ce que tu viens d'entendre fut pour toi joie et allégresse, à nous maintenant d'entendre de ta bouche l'heureuse réponse que nous désirons, pour que tressaillent enfin de joie nos corps humiliés (Ps 50, 10). Tu as appris, dis-je, l'événement et tu as cru, crois aussi la manière dont il s'accomplira. Tu as entendu : tu concevras et enfanteras un fils ; tu as entendu : ce n'est pas d'un homme, mais de l'Esprit Saint. L'ange attend la réponse, il est temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé.

Nous attendons, nous aussi, ô Souveraine, une parole de pitié, nous misérables, écrasés par une sentence de damnation ! Voici qu'on vient t'offrir la rançon de notre délivrance, nous serons libérés tout de suite, si tu acceptes. Dans la Parole éternelle, Verbe de Dieu, nous avons été créés tous, et nous voilà condamnés à mort ; dans ta brève réponse se trouve le remède qui doit nous ramener à la vie.

Cette réponse, ô bonne Vierge, Adam, pitoyable exilé du paradis avec sa postérité de misère, la réclame de toi; Abraham, David t'en supplient, tous les autres saints ancêtres sollicitent cette réponse ; tes pères par conséquent. qui eux aussi habitent le sombre pays de la mort ; le monde entier dans l'attente se tient prosterné à tes genoux. Et ce n'est pas sans raison, puisque du mot que ta bouche va prononcer dépendent la consolation des malheureux, le rachat des captifs, la libération des condamnés, en un mot : le salut de l'universelle filiation d'Adam, c'est-à-dire le salut de toute ta propre race.

Donne ta réponse, ô Vierge, hâte-toi, ô Souveraine, donne cette réponse que la terre, que les enfers, que les cieux aussi attendent. Le Roi lui-même, Seigneur de tous, est en suspens. Autant il a convoité ta beauté, autant il désire à cette heure le oui de ta réponse, ce oui par lequel il a résolu de sauver le monde. Tu lui as plu par ton silence, tu lui plairas bien davantage maintenant par ta parole. Écoute-le : il te crie du haut du ciel : « O belle entre toutes les femmes, fais-moi entendre ta voix ! » Si tu lui fais entendre ta voix, il te fera, lui, contempler notre libération.

N'est-ce pas ce que tu cherchais en gémissant, ce vers quoi tu soupirais nuit et jour dans tes prières? Eh bien ! c'est toi à qui cette promesse fut faite, ou devons-nous en attendre une autre ? C'est toi, dis-je, la femme promise, attendue, désirée, toi enfin, en qui ton saint ancêtre Jacob, proche déjà de la mort, espérait la vie éternelle quand il disait: J'attendrai de toi ma délivrance, Seigneur ! (Gen 49, 18). C'est toi en qui et par qui Dieu lui-même, notre Roi, a depuis toujours préparé l'œuvre du salut au milieu du monde. Pourquoi espères-tu d'une autre femme ce qu'on vient t'offrir Pourquoi attends-tu d'une autre ce qui va bientôt se réaliser par toi, pourvu que tu donnes ton consentement, que tu répondes cette parole ?

Réponds donc vite à l'ange ! que dis-je ? réponds par l'ange au Seigneur. Réponds une parole et reçois la Parole. Profère la tienne et reçois la divine : émets une parole éphémère et embrasse l'éternelle ! Pourquoi tarder? pourquoi trembler'? Crois, parle et reçois ! Que l'humilité s'arme d'audace et la timidité d'assurance ! Il ne convient plus à présent que la modestie virginale renonce à la prudence. En cette conjoncture unique, prudente Vierge, ne redoute pas de te montrer présomptueuse, car si la modestie est agréable dans son silence, une parole de charité est en ce moment beaucoup plus nécessaire. Ouvre ton cœur, Vierge bienheureuse, ouvre-le à la foi, ouvre tes lèvres à l'acceptation, ouvre ton sein au Créateur. Voici le Désiré de toutes les nations qui frappe à la porte. Ah ! si pendant que tu tardes il allait passer son chemin et que tu doives dans les larmes courir à la recherche de l'ami de ton âme ! Lève-toi, cours, ouvre ! lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement.






Saint Bernard, Quatrième homélie "Super Missus", § 8.
Texte français dans : Saint Bernard de Clairvaux, Ecrits sur la Vierge Marie,
Mediaspaul, Paris 1995, p. 96-98.







Memorare, o piissima Virgo Maria,
non esse auditum a saeculo,
quemquam ad tua currentem praesidia,
tua implorantem auxilia,
tua petentem suffragia,
esse derelictum.
Ego, tali animatus confidentia,
ad te, Virgo virginum, Mater curro,
ad te venio, coram te gemens peccator assisto.
Noli, Mater Verbi, verba mea despicere,
sed audi, propitia, et exaudi.
Amen.



Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie,
qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection,
imploré votre assistance ou réclamé votre secours, ait été abandonné.
Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère,
je cours vers vous, je viens à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés,
je me prosterne à vos pieds.
Ô Mère du Verbe ne rejetez pas mes prières,
mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.






Prier Marie de saint Bernard de Clairvaux

La Vierge Marie portant la couronne d'épines de Jésus
Ô toi, qui que tu sois,
qui te sais vacillant sur les flots de ce monde
parmi les bourrasques et les tempêtes,
plutôt que faisant route sur la terre ferme,
ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre
si tu ne veux pas te noyer durant les bourrasques.

Si surgissent en toi les vents des tentations,
si tu navigues parmi les écueils des épreuves
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si tu es ballotté sur les vagues de l’insolence et de l’ambition,
du dénigrement ou de la jalousie,
regarde l’étoile, appelle Marie.
Si la colère, l’avarice ou les désirs de la chair
secouent l’esquif de ton âme,
regarde vers Marie.

Si, troublé par la démesure de tes crimes,
confus par l’infection de ta conscience,
terrifié par l’horreur du jugement,
tu commences à sombrer dans le gouffre de la tristesse, l’abîme du désespoir,
pense à Marie.
Dans les dangers, les angoisses, les incertitudes,
pense à Marie, appelle Marie.
Qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur.

Et pour être sûr d’obtenir le suffrage de ses prières,
ne néglige pas l’exemple de sa vie.
En la suivant, tu ne t’égares pas ;
en la priant tu ne désespères pas ;
elle te tient, tu ne t’écroules pas ;
elle te protège, tu ne crains pas ;
elle te guide, tu ne te lasses pas ;
elle te favorise, tu aboutis.

Ainsi par ta propre expérience tu sais à quel point se justifie la parole :
“Et le nom de la Vierge était Marie”.



© 2e Homélie, 17, Œuvres complètes. XX, A la louange de la Vierge Mère, Bernard de Clairvaux, introd., trad., notes et index par Marie-Imelda Huille, O.c.s.o., Joël Regnard, O.c.s.o. Editions du Cerf, 2009.
source:
http://www.vienaissante.fr/Priere-a-Marie-de-Saint-Bernard-de.html


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 19 Déc 2014, 12:28


Méditation du Père Patrick de Laubier


Neuvaine de prières pour la France



La Vierge Marie, patronne principale de la France est l’objet d’une prière collective et nationale  pour obtenir  un secours exceptionnel qui n’est pas sans rappeler  le vœu de Louis XIII  du 15août 1638. Cette fois ce n’est plus le chef du Royaume qui s’engage, mais des membres du pays qui est menacé par  un changement de civilisation ou plutôt d’un effondrement de civilisation.
Nous invoquons la Vierge en l’appelant à notre secours au cours d’une neuvaine de 9 mois, du 15 novembre 2014 au 15 août 2015.

Vierge Immaculée, Fille du Père, Mère du Fils, Epouse non épousée de l’Esprit Saint, vous avez montré au cours  des siècles  une attention  toute spéciale pour la France, Fille aînée de l’Eglise. Depuis  deux siècles  des révolutions  et vos apparitions se sont  multipliées et nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement d’un drame annoncé dès  la Salette(1846) à savoir  l’apostasie de ce pays.

Il y a eu au cours de son histoire des moments tragiques et  nul pays n’a connu une délivrance comparable à celle de Jeanne d’Arc dont l’intervention spirituelle et politique n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’Eglise. La sainteté  a donné des  fruits  bien remarquables et continue à le faire, mais la Foi n’est plus vécue par le grand nombre .L’athéisme  est devenu une croyance généralisée autorisant des législations opposées non seulement à la vérité évangélique mais aussi à la loi naturelle. On assiste à des mouvements de protestation mais une sorte de paralysie  a gagné la vie politique.

La raison profonde de cette léthargie est une désuétude de la pratique de la  prière devenue habituelle chez les croyants malgré tant de rappels de votre part et l’enseignement de l’Eglise. Les églises  de pierres encore si nombreuses sont vides et la vie paroissiale a perdu ce qui faisait sa force sans  que les chrétiens  ne réagissent à cette mort lente de la vie spirituelle .Au moment même où les musulmans, de plus en plus nombreux, montrent l’exemple d’une dévotion oubliée par les baptisés. Un grand nombre de chrétiens n’a gardé du christianisme  que  des coutumes sans rencontrer dans la prière la Personne du Christ qui est le Cœur même de la dévotion et de l’Amour.

Vierge très sainte vous savez tout cela, mais le dire et le redire  indique où est le mal et quelle est la guérison attendue. Il faut prier, c’est-à-dire  s’adresser  à notre Sauveur en sollicitant votre aide secourable. Les sacrements et en premiers lieux l’Eucharistie et la réconciliation qui la prépare  deviennent vite des routines sans âme lorsque la prière ne fait plus vivre en nous ces trésors surnaturels.

Marie très sainte, Mère de Dieu et notre Mère, notre Sœur aussi (Paul VI) écoutez notre supplication. Tout est possible à Dieu mais la Grâce  sollicite notre liberté de créature  à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’Amour de Dieu attend l’amour de l’homme  et la prière en est l’expression nécessaire .Face à une «  civilisation de la mort », nous chrétiens de France nous voulons préparer une civilisation de l’amour qui est l’orientation de la doctrine sociale  de l’Eglise.


Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à Vous.






Père Patrick de Laubier
Patrick de Laubier (1935), français, professeur émérite de l’université de Genève, docteur honoris causa de l’université des sciences humaines de Russie (Moscou), ordonné prêtre le 13 mai 2001 par Jean Paul II. Derniers ouvrages Les mendiants de Dieu (; Charles Journet , Maritain Gilson) Parole et Silence , 2013; Anthropologie chrétienne Harmattan 2012; Conditions d’une paix prophétisée 2013 Parole et silence



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 20 Déc 2014, 14:58


Ressources spirituelles


Habiter en Marie comme dans un monde de sainteté



« Le Verbe, venant au monde, a trouvé dans le sein de la bienheureuse Vierge, un séjour de sainteté, semblable, autant qu’il pouvait l’être par l’opération du Saint-Esprit, à celui de son Père. Là il vit dans un état de plus parfaite sainteté que dans tout autre mystère de sa vie mortelle. Tandis que sur la terre il vivra au milieu des créatures maudites à cause du péché, au milieu des pécheurs, dont les vices lui causeront des peines intolérables ; dans Marie, qui est, après Dieu, ce qu’il y a de plus saint, il est comme dans un monde de sainteté.

Cette  demeure tient le milieu entre son séjour dans la gloire, dans la sainteté du ciel, et le séjour qu’il fera sur la terre, couverte des horreurs abominables du péché. Sa demeure au sein de Marie tempère cette immense opposition, il y vit séparé de tout usage des créatures, ou plutôt il n’use d’aucune d’elles que par Marie. Par elle, il use de la lumière ; par elle, il use des aliments : en un mot, tout se convertit en Marie pour Jésus. Elle lui est toutes choses : elle est sa lumière, sa force, sa nourriture, sa demeure, son temple.

Là il bénit et loue la Majesté divine ; là il sanctifie sa Mère et la remercie de lui aider à servir Dieu, et de lui être un moyen de le glorifier. Aussi y demeure-t-il tout le temps qu’il peut y faire sa résidence sans en perdre un seul moment ; et, pour en partir, attend-il jusqu’au dernier instant marqué par son Père. (…) Le Fils de Dieu n’avait que la ressemblance du péché, et si sa Mère eût souffert pour sa naissance, il eût paru être pécheur comme nous. Pour cette raison donc, elle le met au monde sans douleur ; et Dieu remet à l’heure de la mort de Jésus-Christ la peine que Marie aurait dû souffrir à sa naissance.

Ainsi Bethléem est pour elle un paradis de délices, parce qu’elle y est mère de celui qui est saint essentiellement. Elle l’avait conçu la nuit du 25 mars, dans la ferveur de la prière ; elle le met au monde le 25 décembre, dans un transport de la gloire de Dieu. L’ayant conçu par la pensée, comme dans l’éternité le Père éternel le conçoit, comme lui, elle ne souffre point de déchet en sa pureté en l’engendrant. Elle l’avait conçu, et elle l’enfante, comme le verre conçoit et renvoie hors de lui les rayons du soleil, qui, au lieu de le rompre et de le ternir, l’éclairent, l’embellissent et le rendent semblable à cet astre. »




Jean-Jacques Olier (1608- 1657), Vie intérieure de la très sainte Vierge, Perpignan, Artège, 2013, p.125-127.

Jean-Jacques Olier  est sans doute plus connu comme fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice (1641-1645) et praticien averti de la formation des séminaristes, selon le modèle imposé par la réforme catholique, que comme auteur mystique. Il a pourtant beaucoup écrit, « avec une facilité et une rapidité extraordinaire » constate son premier biographe (p. 21), mais il le fait tardivement. Ses principaux ouvrages datent en effet de la fin de sa vie : Journée chrétienne (1655), Catéchisme chrétien pour la vie intérieure (1656), L’Esprit des cérémonies de la messe (1657) et l’Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes qui paraîtront quelques mois après sa mort, sans oublier les Lettres spirituelles et le Traité des saints ordres publiés successivement en 1672 et 1676.




« Le temps de l’Avent est le temps de l’attente. Vous ressentez, au plus profond de vous-mêmes le sentiment de douleur d’une humanité qui se comporte scandaleusement, où tout se désacralise et où le mal de vivre s’étend, en particulier auprès d’une certaine jeunesse sans repères.

A chacun de vous, qui appartenez au camp des chrétiens, d’agir rapidement afin que la richesse de l’Avent fasse grandir les cœurs et élargisse les horizons de vie de ceux qui se trouvent sur votre route. En vous doit respirer l’envie de toutes vos bonnes aspirations, de vos projets, des travaux entamés que vous n’avez pas terminés dans votre vie, dans la vie de votre famille, de votre société, afin d’être les porteurs de la Bonne Nouvelle !

En partant en voyage, en s’absentant, le Seigneur a confié à chacun de vous un travail, une tâche, une responsabilité. Quels que soient votre âge, vos talents, votre état de santé, vous devez agir car vous avez un rôle à remplir dans la préparation de la naissance de Dieu parmi les hommes, ainsi qu’à son retour en pleine gloire... Vous avez à veiller.

Veillez, parce que la nuit n’est pas toujours calme, douce et étoilée.
Beaucoup vivent des nuits terribles, des nuits d’angoisse et d’insomnie, des nuits de brutalité, des nuits qui s’achèvent par des trahisons comme au chant du coq au jardin de Gethsémani...
 Pensez aux nuits si longues des malades sur leurs lits de souffrance qui attendent avec impatience les clartés du jour...
N’oubliez pas non plus les nuits d’hiver interminables des sans-abri qui meurent de froid dans des abris de carton....
Il est inconcevable de dormir durant ces nuits où certains de vos semblables agonisent ...

Alors priez, oui priez avec toute votre ferveur.
La société de consommation en tous genres domine : confort, nourriture, sexe, etc. Elle ne se préoccupe guère de l’espérance des pauvres. Et plutôt que de s’intéresser aux exclus, elle cherche au contraire à sauvegarder les droits acquis.
Dieu est évincé de votre vie. Voilà la vraie raison de la morosité de vos sociétés.

Réveillez-vous !
Comment ? Ranimez votre espérance et remettez-vous en état de veille !
Sur terre vous vivez le temps de l’Avent.
De l’Éternité, vous en êtes au commencement ... Ce n’est qu’une première image et promesse d’un au-delà. Même dans les si belles matinées printanières où la nature se couvre de magnifiques fleurs et qu’elle vous fait découvrir tous ses trésors de la manière la plus attirante, vous ne pouvez vous représenter ce qu’est le Ciel.
Il y a tant de choses qui restent cachées à vos sens : un monde de saints et d’anges, un monde glorieux, le palais de Dieu, la Jérusalem céleste, toutes les merveilles éternelles, très précieuses, mystérieuses ... Fixez votre Foi sur l’enveloppe extérieure du Royaume Éternel.
Si vous saviez tous les délices qui vous attendent !


Jean, messager de l'Espérance »
http://trinite-sainte-et-mariemamere.over-blog.com/article-jean-messager-de-l-esperance---l-avent-121702041.html

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 22 Déc 2014, 13:43


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Quel est le sens de la naissance miraculeuse de Jésus?



« L’Ancien Testament connaît toute une série de naissances miraculeuses, toujours aux tournants décisifs de l’histoire du salut : Sara, la mère d’Isaac (Gn18), la mère de Samuel (1S 1,3) et la mère anonyme de Samson ( Jg13) sont stériles ; tout espoir humain de fécondité est exclu. Chez toutes les trois, la naissance de l’enfant, appelé à être sauveur d’Israël, est l’effet d’une action miséricordieuse de Dieu, qui rend possible l’impossible (Gn18,14 ; Lc1,37), qui élève les humbles (Is2,7 ; 1,11 ; Lc 1,52 ; 1,48), et qui renverse les puissants de leur trône (Lc 1,52).

Chez Elisabeth, la mère de Jean-Baptiste, la même ligne continue (Lc1, 7-25.36), pour atteindre en Marie son point culminant et son but. Le sens de l’événement est chaque fois le même : le salut du monde ne vient pas de l’homme et de sa propre force ; il faut que l’homme se le laisse offrir, il ne peut le recevoir que comme don gratuit. La naissance virginale ne représente pas un chapitre d’ascétisme, et elle n’appartient pas non plus directement à la doctrine de la filiation divine de Jésus ; elle est avant tout et en dernière analyse théologie de la grâce, message sur la manière dont le salut vient à nous : dans la simplicité de l’accueil, comme don absolument gratuit de l’amour qui rachète le monde.

Dans le livre d’Isaïe, cette idée du salut qui ne peut venir que de la puissance de Dieu est admirablement exprimée : « Crie de joie et d’allégresse, toi qui n’a pas eu les douleurs ! Car plus nombreux sont les fils de l’abandonnée que les fils de l’épouse, dit Yahvé » (Is 54,1 ; cf. Ga 4,27 ; Rm 4, 17-22). En Jésus, Dieu a posé, au milieu de l’humanité stérile et désespérée, un nouveau commencement, qui n’est pas produit par l’histoire de cette humanité, mais don d’en-haut. Si chaque homme déjà constitue une nouveauté ineffable, s’il représente plus que la somme des chromosomes et plus que le produit d’un environnement déterminé : une créature de Dieu unique dans l’histoire, Jésus, lui, est la nouveauté véritable ; il ne procède pas du propre fonds de l’humanité, mais de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi il est Nouvel Adam (1 Co 15,47), une nouvelle humanité commence en lui. A l’encontre de tous les élus de Dieu avant lui, Jésus ne reçoit pas seulement l’Esprit de Dieu, il est, dans son existence humaine aussi, uniquement grâce à l’Esprit, et à cause de cela il est l’accomplissement de tous les prophètes : le vrai Prophète. »



Cardinal Joseph Ratzinger, La Foi chrétienne hier et aujourd’hui, (1968) Paris, Le Cerf, 2005, p. 194-195



Ce que nous enseigne la crèche


« Voici la nouvelle dimension que Saint François d’Assise, avec sa foi qui touche le cœur et la sensibilité, offrit à la fête chrétienne de Noël : la découverte de la révélation de Dieu (qui se trouve précisément là où est l’Enfant Jésus). C’est ainsi, justement, que Dieu est vraiment devenu « Emmanuel », Dieu avec nous, dont ne nous sépare aucune barrière de souveraineté ni de distance. Il s’est fait si proche de nous sous les traits d’un enfant que nous avons l’audace de le tutoyer et pouvons lui dire « tu » en nous adressant directement au cœur de l’enfant.


L’Enfant Jésus, l’Amour désarmé de Dieu est manifesté : Dieu vient à nous désarmé parce qu’il ne veut pas conquérir de l’extérieur mais gagner les cœurs et les transformer de l’intérieur. S’il est quelque chose qui puisse vaincre l’Homme, sa superbe, sa violence, son avidité, c’est bien la vulnérabilité de l’enfant. Dieu s’en est revêtu pour nous gagner à Lui et nous conduire à nous-mêmes.

N’oublions pas que le plus haut titre de dignité de Jésus-Christ est « le Fils », Fils de Dieu. La dignité divine s’exprime par un moi qui désigne Jésus comme l’Enfant éternel. Sa nature d’enfant est en correspondance unique avec sa divinité, qui est celle du « Fils ». Ainsi, son humanité sous les traits d’un enfant nous indique la manière dont nous pouvons venir à Dieu, à la divinisation. Et sa Parole se comprend à partir de là : « Si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3)

Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël n’a pas compris l’essentiel de la vie chrétienne. Qui ne l’a pas accueilli ne peut entrer au Royaume des Cieux. Voilà ce que François voulut rappeler d’une manière nouvelle aux chrétiens de son temps et de toutes les générations à venir. »



Cardinal Joseph Ratzinger, La grâce de Noël, Paris, parole et silence, 2005, p.58-59





Histoire de la Crèche de Noël: Saint François d'Assise invente la crèche de Noël !



C'est en effet François d'Assise qui créa la première crèche que tu retrouves souvent sous l'arbre de Noël. Voici donc cette belle histoire...

Nous sommes en 1223 et François se trouvait à Greccio, une ville de l'Italie. Il dit à l'un de ses amis, qui avait mis à la disposition des frères une grotte dans la montagne: "Je veux célébrer Noël avec toi, cette année, dans la grotte. Tu y installeras une mangeoire pleine de foin. Fais venir un bœuf et un âne. Il faut que cela ressemble à la crèche où est né Jésus".

Et tous les habitants de la ville vinrent entourer les frères et assister à la Messe de Minuit. Ils étaient si nombreux, avec leurs cierges et leurs lanternes, que le bois était éclairé comme en plein jour. La Messe fut dite au-dessus de la mangeoire qui servait d'autel.

La légende raconte que tout à coup, l'ami de saint François vit un petit enfant étendu dans la mangeoire. Il avait l'air endormi...Et François s'approcha, prit l'enfant tendrement dans ses bras. Puis le petit bébé s'éveilla, sourit à François, caressa ses joues et saisit sa barbe dans ses petites mains !

Et cet ami comprit que Jésus avait semblé endormi dans le cœur des humains et que c'est François qui l'avait réveillé par sa parole et par ses exemples.

François, qui assistait le prêtre à l'autel en qualité de diacre, parla si bien à la foule de la naissance de Jésus et de ce que veut dire Noël que tous furent remplis d'une grande joie.

L'année suivante, les habitants de Greccio avaient raconté avec tant d'admiration les merveilles de cette belle nuit de Noël que, un peu partout, on se mit à reconstituer, dans des grottes ou des étables, la scène touchante de la naissance de Jésus.

Et c'est pourquoi maintenant, nous avons partout des crèches à Noël; on dit même que le mot vient du nom de la ville de Greccio.

Alors, avec François d'Assise, nous te souhaitons beaucoup de paix et de joie. Et surtout découvre le vrai sens de la fête de Noël, tu en seras plus heureux et rempli de bonheur !



(Texte de l'Abbé Jean Pihan, "Saint François d'Assise", éd. Fleurus, 1952, adapté par Richard Chartier, ofs, du Service d'animation franciscaine en milieu scolaire (SAFMS), Les Franciscains du Québec, décembre 2000).

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 29 Déc 2014, 17:55


Méditation du Père Daniel-Ange


France rebelle, reçois ton enfance nouvelle


Voici juste 1516 ans, à Reims, Clovis et ses 3000 Francs sont immergés dans les eaux du baptême par les mains de Saint Rémi. Quel jour exactement ? Noël !

Et Claudel dans son chef-d’œuvre, si profondément, théologique – l’Annonce faite à Marie- situe le sacre de Charles VII, grâce à la Pucelle de Domrémy, à Reims encore, encore la nuit même de Noël.

Mais voici que notre peuple ainsi marqué au fer rouge, jusque dans ses gênes par ce mystère adorable entre tous, régresse de plus de 2000 ans dans le paganisme celte ou greco-romain, devenant ainsi anachronique : essayant de vivre comme si le Sauveur n’était encore jamais venu. Voici qu’une innocente crèche soulève un tolé, qu’un bébé en plastique fait trembler la République.

Pour quel crime ? Elle représente – ô horreur !- une famille ! Et voilà que cette famille – déjà expatriée – est à nouveau extradée, visa refusé. Et quand on ne sait plus qui est ce Bébé, on ne sait plus ce qu’est un enfant (sinon un objet commercialisable), ni ce qu’est un homme ou une femme (sinon des sortes de clones interchangeables), ni ce qu’est une famille (sinon une relation à géométrie variable). Bref, qui n’accueille pas l’Enfant de Noël, se rebelle contre le réel.

Alors, nous, en cette nuit sainte entre toutes, pour essuyer les pleurs de la Mère de Dieu devant son enfant éjecté par un Etat reniant ses sources, laissons-nous éblouir et attendrir par la pure splendeur du plus beau des enfants jamais né d’une femme. Soyons ce ravi des santons de Provence, avec les enfants aux yeux extasiés devant nos merveilleuses crèches aux mille facettes.

Accueillons l’Enfant en qui chaque enfant se reconnaît, par qui est guérie ma gestation, transfigurée ma naissance, et grâce à qui m’est donné mon enfance nouvelle, éternelle, car divine : la sienne !

Je veux recevoir de ses petites mains son Père et me laisser engendrer par Lui. Je lui ai donné une maman : il me donne son Papa.

Car uniquement parce que Dieu a pu dire en toute vérité maman à une jeune fille, qu’aujourd’hui je puis dire en toute certitude : papa à Dieu.

Admirable échange ! Je lui donne mon humanité : il m’offre sa divinité. Je lui donne ma misère, il m’offre sa lumière. Il épouse mes souffrances : il me fait épouser la petite fille Espérance. Je lui refile ma mort : il me communique sa vie1. Oui, il épouse toute de mon existence, de l’état de zygote à celui de cadavre, pour m’ouvrir le Ciel et me rendre im-mortel. Dis-moi quel Dieu a jamais été jusque-là dans l’amour ?

Il se glisse, se faufile, s’insinue chez nous, passager d’abord clandestin, puis incognito, peur de me faire peur. Qui donc tremble devant un nourrisson ? Ce bébé ne révèle-t-il l’éternelle enfance -innocence de Dieu- (ce fut le coup de foudre du jeune paumé qu’était un certain Paul Claudel, à Notre Dame de Paris, aux premières Vêpres de Noël près du second pilier.

Dans le profond silence de cette nuit, les Anges sidérés se taisent, en écoutant résonner le cri primordial de la Parole faite enfant.

Et ces premiers vagissements déjà murmurent : « qui ne devient comme moi n’entrera pas dans le Royaume ». Et encore : «  Tout ce que tu fais à un seul de mes frères de chair, c’est à Moi que tu le fais ». Et encore : «  Tu me vois, tu vois ton Père  » .
Dans nos épaisses ténèbres, à travers la fente de ses petits yeux qui s’entrouvrent déjà filtrent, la flamme qu’aucune tempête ne pourra jamais souffler, les premiers rayons de cette clarté d’éternité qu’aucune nuit ne pourra jamais ensevelir. Lumière qui ne cessera d’irradier le monde jusqu’au Soleil éternellement levant de sa Venue en Gloire.

En cette nuit, reçois donc des mains de Marie, cet Enfant qu’Elle te confie, cet Enfant qui dans tes bras s’abandonne à toi, pour qu’avec lui, tu t’abandonnes dans les bras de son Père et de sa Mère. Le voilà livré à moi, totalement dépendant de mon cœur.
Ah ! Mon Créateur à qui j’ose dire comme une maman : «  mon Petit ! » Ce Dieu que je puis adopter, caresser, réjouir, consoler ! Mais à une condition : le protéger, comme Joseph protégeant la Vie-faite-chair contre ces Hérodes qui ne sont pas encore morts. Ils se déchaînent, ils en veulent toujours à l’Enfant. Leur fureur sur nos enfants violent leur conscience, souillent leur innocence, pervertit leur bon sens, falsifie leur intelligence.

Qu’il me donne son courage pour prendre sa défense en chaque tout petit. Jean-Paul II s’écrie en pleine nuit de Noël : «  En chaque petit, il y a certainement Jésus ! »

Mendions le regard ébloui de sa Maman, pour que je reconnaisse, accueille protège son Enfant, au-dedans de chaque Enfant encore à naître, à peine né, ou la personne «  retombée en enfance ». Car «  sur le visage de chacun resplendit le visage de Jésus » (Pape François aux gynécologues). Mais « n’ayons pas peur, l’Enfant Jésus est avec nous. » (dernier mot griffonné par Edith Stein).

Alors, ce sera Noël. Et quand tous les Français tomberont à genoux devant cet Enfant-Roi, alors ce sera le Nouveau Noël de notre peuple. L’aube d’un nouvel avenir irradiant le monde de la Vérité qui est Lumière.


1 Cet Enfant est «  un tabernacle de Gloire où le divin et l’humain se rencontrent dans une étreinte qui ne pourra jamais être brisée. Il verse la divinité dans le cœur malade de l’humanité et en lui insufflant l’Esprit du Père la rend capable de devenir Dieu par la grâce. » Jean-Paul II,  Orientale Lumen, 15



Père Daniel-Ange

Le père Daniel-Ange est un prêtre catholique et écrivain français né le 17 octobre 1932 à Bruxelles. Il est, entre autres, le fondateur de l’école de prière et d’évangélisation Jeunesse-Lumière, créée en 1984, en réponse à la phrase « Vous, les jeunes, vous êtes les premiers apôtres et évangélisateurs du monde de la jeunesse » du pape Jean-Paul II. Il a réalisé 220 tournées d’évangélisation dans 42 pays.


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Jeu 01 Jan 2015, 17:02


Méditation du cardinal Jean-Pierre Ricard


ENTRER DANS UNE NOUVELLE ANNÉE AVEC MARIE


Le premier janvier, l’Église fête Sainte Marie, Mère de Dieu. Je trouve très beau d’entrer dans une nouvelle année avec la Vierge Marie. Elle nous invite à y entrer avec confiance et vigilance.

Marie affronte l’avenir avec confiance. Fille d’Israël, elle a foi dans le Seigneur et sait que Dieu tient toujours ses promesses. Elle vit en sa présence. Elle éprouve sa tendresse et sa miséricorde envers tous. Elle se laisse guider par Lui. Son existence n’a pourtant pas toujours été une vie de rêve. Elle est passée par des moments joyeux, lumineux, mais aussi par des moments douloureux. Elle a senti un glaive de douleur la transpercer. Elle a vécu des temps d’interrogations et de nuit. Mais elle n’a jamais lâché la main de Dieu. Comme le dit sa cousine Elisabeth, elle est « celle qui a cru dans les paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45). La confiance de Marie est contagieuse. Auprès d’elle, nous apprenons vraiment la confiance.

La confiance n’est pas l’optimisme. Celui-ci prend sa source en l’homme. Il est affaire de tempérament ou d’analyse d’une situation. La confiance, elle, prend sa source en Dieu. Elle est un fruit de l’Esprit et ne dépend ni des qualités du sujet ni des potentialités positives d’une situation. La confiance naît de la foi en Dieu. Elle sait que Dieu est avec nous et nous guide si nous lui confions notre vie. Comme dit Saint Paul : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28). La confiance est remise de soi-même entre les mains de Dieu. Elle chasse la crainte. Elle est source de grande liberté intérieure. Elle fait naître en nous des potentialités insoupçonnées. Entrons dans cette nouvelle année avec confiance.

Marie ne se paie pas de mots. Elle est la servante du Seigneur. Elle sait que ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur, Seigneur’, qui entreront dans le Royaume, mais ceux qui font la volonté du Père (cf. Mt 7, 21). Elle cherche la volonté de Dieu, la discerne dans les événements de sa vie, la contemple en relisant ce qu’elle a vécu (Lc 2, 19 et 2, 51). Elle vit une réelle vigilance du cœur et de l’esprit.

Nous aussi, nous sommes invités à faire la volonté de Dieu, à vivre l’attitude juste qui inscrit notre existence dans l’accomplissement du dessein de Dieu. Comme Marie, il faut nous laisser éclairer par l’Esprit et voir toutes choses à la lumière de l’Evangile. Nous avons à apprendre à discerner. Dans une société où la seule norme est souvent le désir de chaque individu, il nous faut être vigilant sur ce qu’est le véritable bien de l’homme et de la société. Nous devons refuser tout ce qui porte atteinte à la dignité de la personne humaine. Il nous faut être aussi des éveilleurs d’espérance, ces sentinelles qui savent qu’après la nuit l’aurore va apparaître. Nous devons être témoins de cette miséricorde de Dieu qui veut rejoindre tout homme. Marie est vigilante. Elle invite les pécheurs à se convertir et se tourner vers son Fils. Que tout au long de cette année, elle nous communique sa vigilance et fasse de nous des veilleurs ! Bonne année à tous !




+ Cardinal Jean-Pierre  RICARD, Archevêque de Bordeaux
Jean-Pierre Ricard, né le 25 septembre 1944 à Marseille, est un cardinal français, archevêque de Bordeaux depuis 2001. Créé cardinal par le pape Benoît XVI lors du consistoire du 24 mars 2006 avec le titre de cardinal-prêtre de Saint-Augustin, il est depuis 2006, vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE). En octobre 2007, il rencontre le patriarche Alexis II de Russie, à l’occasion de la première visite d’un primat orthodoxe russe en France. Le 8 mars 2014, il est nommé membre pour cinq années au conseil pour l’économie


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 02 Jan 2015, 17:46


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La force missionnaire de l’intercession


« Il y a une forme de prière qui nous stimule particulièrement au don de nous-mêmes pour l’évangélisation et nous motive à chercher le bien des autres : c’est l’intercession. Regardons un instant l’être intérieur d’un grand évangélisateur comme saint Paul, pour comprendre comment était sa prière. Sa prière était remplie de personnes : « En tout temps dans toutes mes prières pour vous tous […] car je vous porte dans mon cœur » (Ph 1, 4.7). Nous découvrons alors que la prière d’intercession ne nous éloigne pas de la véritable contemplation, car la contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge.

Cette attitude se transforme aussi en remerciement à Dieu pour les autres : « Et d’abord je remercie mon Dieu par Jésus Christ à votre sujet à tous » (Rm 1, 8.). C’est un remerciement constant : « Je rends grâce à Dieu sans cesse à votre sujet pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée dans le Christ Jésus » (1 Co 1, 4) ; « Je rends grâce à Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous » (Ph 1, 3). Ce n’est pas un regard incrédule, négatif et privé d’espérance, mais bien un regard spirituel, de foi profonde, qui reconnaît ce que Dieu même fait en eux. En même temps, c’est la gratitude qui vient d’un cœur vraiment attentif aux autres. De cette manière, quand un évangélisateur sort de sa prière, son cœur est devenu plus généreux, il s’est libéré de l’isolement et il désire faire le bien et partager la vie avec les autres.

Les grands hommes et femmes de Dieu furent de grands intercesseurs. L’intercession est comme « du levain » au sein de la Trinité. C’est pénétrer dans le Père et y découvrir de nouvelles dimensions qui illuminent les situations concrètes et les changent. Nous pouvons dire que l’intercession émeut le cœur de Dieu, mais, en réalité, c’est lui qui nous précède toujours, et ce que nous sommes capables d’obtenir par notre intercession c’est la manifestation, avec une plus grande clarté, de sa puissance, de son amour et de sa loyauté au sein de son peuple.





Pape François,
Exhortation apostolique Evangelii gaudium
sur l’annonce de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui,
(2013), § 281-283



Pourquoi prier ?


« Pourquoi Dieu agit-il ainsi, puisqu’il connaît ce qui nous est nécessaire, avant même que nous le lui demandions ? Nous pourrions nous en inquiéter, si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’a certes pas besoin que nous lui fassions connaître notre volonté car il ne peut l’ignorer, mais qu’il veut par la prière exciter et enflammer nos désirs, pour nous rendre capables de recevoir ce qu’il nous prépare. Or ce qu’il nous prépare est chose fort grande, et nous sommes bien petits et bien étroits pour le recevoir.

C’est pourquoi il est dit :« Dilatez-vous ; ne portez pas un même joug avec les infidèles » (2 Co 6,14). Oui, c’est chose bien grande, que l’œil n’a jamais vue parce qu’elle n’a pas de couleur, que l’oreille n’a jamais entendue parce qu’elle n’a pas de son ; qui n’est pas venue dans le cœur de l’homme, parce que c’est vers elle que le cœur de l’homme doit monter (1 Co 2,9). Nous serons d’autant plus capables de la recevoir que notre foi en elle sera plus grande, notre espérance plus ferme, notre désir plus ardent.

Un désir continuel formé dans la foi même, dans l’espérance et la charité, est donc une continuelle prière. Cependant nous prions aussi Dieu verbalement à certaines heures et à certains temps fixés, pour nous avertir par ces signes concrets, pour nous révéler à nous-mêmes les progrès que nous avons faits dans le désir et nous exciter à le rendre plus ardent encore.

Car l’effet de notre prière sera d’autant plus précieux que plus fervente aura été l’affection qui le précède. Lorsque l’Apôtre nous dit : « Priez sans cesse » (1 Th 5,16), n’est-ce pas comme s’il disait : Désirez sans cesse recevoir de celui qui seul peut la donner, cette vie bienheureuse qui n’est autre que la vie éternelle ? Désirons-la donc toujours du Seigneur et nous prierons toujours.

Mais comme d’autres soins, d’autres affaires peuvent attiédir notre désir, nous rappelons à certaines heures notre esprit à la prière. Les paroles que nous prononçons en priant, dirigent et élèvent notre esprit vers l’objet de notre désir, et l’empêchent de se refroidir complètement quand il commence à s’attiédir ; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment. Quand le même Apôtre nous dit : « Que vos demandes se manifestent devant Dieu » (Ph 4,6), cela ne signifie pas que nous puissions les faire connaître à Dieu qui en avait connaissance avant qu’elles fussent formulées, mais que nous devons nous les manifester à nous-mêmes devant Dieu avec patience et non devant les hommes avec une vaine jactance. »






Saint Augustin, « Lettre 130 à Proba »,
trad. de Martin Steiner, dans La prière en Afrique chrétienne,
Paris, 1982, Desclée de Brouwer, p. 116-139.


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 03 Jan 2015, 18:10

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Malgré l’incrédulité, sainte Geneviève exhorte à la prière et au jeûne


ANTIENNE

Aujourd’hui, nous fêtons sainte Geneviève (423 – 512), modèle de courage et de persévérance dans la prière et le jeûne, confions-lui notre pays.  

«  Or le bruit s’étant répandu qu’Attila, roi des Huns, venait pour piller et ravager la Gaule, les bourgeois de Paris en prirent une telle épouvante, qu’ils voulaient transporter leurs biens et leurs richesses en d’autres villes qu’ils croyaient plus sûres et moins exposées que la leur aux incursions de ces barbares.

Cependant Geneviève ayant assemblé les dames de la ville, leur persuada de passer quelques jours en la nef, et à l’entrée de l’église où sont les fonts baptismaux, et de veiller, de jeûner, et de beaucoup prier pendant ce temps-là, afin qu’imitant Judith et Esther, elles méritassent de détourner les malheurs dont Paris été menacé. Pour les hommes, elle tâchait aussi de leur persuader, de ne point faire porter leurs biens hors de la ville, en les assurant que, par une particulière protection de Jésus-Christ, elle serait délivrée du pillage, pendant que les autres, où ils voulaient se retirer, seraient ruinées par cette nation ennemie et furieuse.

Mais ce discours ne servit qu’à irriter encore davantage contre elle les Parisiens. Ils disaient qu’il s’était élevé en leurs jours une fausse prophétesse, appelant ainsi Geneviève, parce qu’elle prédisait la conservation de leur ville ; et ils délibéraient déjà entre eux s’ils la feraient mourir à coup de pierres, ou s’ils la traîneraient dans la Seine.

C’est la disposition où était ce peuple, et le danger où était cette sainte fille, lorsque l’archidiacre d’Auxerre arriva à Paris ; et apprenant aussitôt la cause de ce tumulte : « Donnez-vous bien de garde, leur dit-il, de commettre une si horrible action ; celle que vous voulez punir comme une criminelle a été élue de Dieu dès le ventre de sa mère, comme nous l’avons souvent ouïe dire à Germain, notre bienheureux évêque, et voici des présents sacrés et bénis que je lui apporte de sa part. »

A ces paroles, cette multitude se tut et s’arrêta, et comme les Parisiens avaient une vénération toute particulière pour ce saint prélat d’Auxerre, ils firent réflexion à ce témoignage avantageux qu’il avait rendu en faveur de Geneviève, et aux présents qu’il lui envoyait : ils eurent crainte d’offenser Dieu en maltraitant sa très-fidèle servante, et, passant tout d’un coup de la rage à l’admiration, ils se condamnèrent eux-mêmes, et se désistèrent de leur pernicieux dessein. »


Pierre Lallemant, La vie de saint Geneviève, Paris, Périsse Frères, 1859, p. 12-13




" La vierge Geneviève, lorsqu'elle était encore jeune, ne fit cependant rien paraître de puéril dans ses actions ; mais, pour trouver la solitude, elle fuyait la compagnie des hommes.

Le Seigneur la prit pour lui dès l'enfance, et il parla à son cœur.

Au dehors, elle paissait les brebis de son père ; mais au dedans, le Seigneur était son pasteur.

Elle trouva un grand repos dans la garde de son troupeau ; et la solitude de son cœur était comme un jardin de délices devant Dieu.

Félicitez-moi, vous tous qui aimez le Seigneur, de ce qu'étant petite, j'ai plu au Très-Haut.

Depuis que le saint Pontife m'a donné une pierre céleste, je me suis délectée en Jésus-Christ seul, comme en la plénitude des richesses.

J'ai servi le Seigneur dans la simplicité de mon cœur, lorsque je gardais les brebis du pâturage de mon père.

Ô heureuse servante de Dieu ! Déchargez-nous du poids qui nous accable, et dépouillez-nous de ces fautes mortelles qui nous fatiguent, afin que, par vos supplications, la porte du ciel nous soit ouverte.

Ô miséricordieuse Epouse de Dieu ! Qui êtes l'aurore du jour pour les cœurs tristes : vierge fille de France, vierge pleine de douceur, écoutez ceux qui crient vers vous, ne méprisez point leurs prières.

Geneviève, vierge clémente, regardez ceux qui vous implorent, enlevez le fardeau de nos fautes, repoussez nos ennemis, rendez la santé à notre corps malade et à notre cœur gémissant.

Ô Geneviève ! Regardez-nous d'un œil de bonté ; vous qui participez à la lumière angélique, qui brillez d'un titre céleste, qui êtes en présence du souverain Roi, réconciliez-nous avec lui ; donnez-nous de jouir de votre Epoux, vous qui êtes l'Epouse et la fille de l'Epoux."





SEQUENCE

" De Geneviève la fête solennelle nous amène une solennelle joie.

Que la pureté du cœur éclate en un sacrifice de louange.

Heureuse fut la naissance de cette enfant, témoin le Pontife Germain.

Ce qu'il prévit en esprit est justifié par l'événement.

Sur la poitrine de la vierge, pour indice de pudeur,

Il suspend une médaille d'airain marquée du signe de la croix.

A Geneviève, il offre une dot venue de la main de Dieu,

La consacrant comme un temple du Saint-Esprit, sous l'alliance du Christ.

La mère de cette innocente enfant ose la frapper : elle est privée de la lumière.

Compatissant à sa mère, la vierge lui rend l'usage de la vue.

Geneviève au grand cœur, mortifie sa chair par le jeûne ; elle arrose la terre de ses larmes, et se réjouit dans un continuel martyre.

Sur les pas du céleste guide, elle parcourt les cieux et les enfers ; par l'ardeur de ses prières, elle sauve sa ville de l'invasion d'un peuple barbare.

Par un prodige divin, elle apaise longtemps la soif des travailleurs. Elle rend à une mère désolée son fils unique, qu'une chute a brisé.

A peine la vierge a-t-elle prié, les démons frémissent, la paix est rendue aux énergumènes, l'espoir aux infirmes, le pardon aux coupables.

En sa main, des flambeaux se rallument d'une manière céleste ; par elle, un fleuve au vaste lit rentre docilement dans ses rives.

Après sa mort, vivant encore par ses mérites, elle calme les ardeurs du feu sacré ;

Elle qui, dans ce monde, avait vaincu en elle-même les feux de la concupiscence.

La mort, les maladies, les démons, les éléments, obéissent à ses ordres.

Ainsi Geneviève, par ses prières, domine les lois de la nature.

Ainsi la vertu du Christ opère de grandes choses dans les plus petites.

Au Christ donc pour tant de merveilles, louange assidue, gloire éternelle !

Amen."





" Vierge fidèle, Ô Geneviève ! Nous vous rendons gloire pour les mérites que le divin Enfant s'est plu à réunir en vous. Vous avez apparu sur notre patrie comme un Ange tutélaire ; vos prières ont été longtemps l'objet de la confiance des Français ; et vous vous êtes fait gloire, au ciel et sur la terre, de protéger la capitale du royaume de Clovis, de Charlemagne et de saint Louis. Des temps dignes d'exécration sont venus, durant lesquels votre culte a été sacrilègement abrogé, vos temples fermés, vos précieuses reliques profanées. Cependant, vous ne nous avez pas abandonnés ; vous avez imploré pour nous des jours meilleurs ; et nous pouvons reprendre quelque confiance, quand nous voyons votre culte refleurir parmi nous, malgré des profanations plus récentes ajoutées aux anciennes.

En cette époque de l'année qu'embellit et consacre votre nom, bénissez le peuple chrétien. Ouvrez nos cœurs à l'intelligence du mystère de la Crèche. Retrempez cette nation qui vous est toujours chère aux pures sources de la foi, et obtenez de l'Emmanuel que sa Naissance, renouvelée chaque année, devienne enfin une époque de salut et de vraie régénération. Nous sommes malades, nous périssons, parce que les vérités sont diminuées chez nous, selon la parole de David ; et la vérité s'est obscurcie, parce que l'orgueil a pris la place de la foi, l'indifférence celle de l'amour. Jésus connu et aimé dans le mystère de son ineffable Incarnation peut seul nous rendre la vie et la lumière. Vous qui l'avez reçu, qui l'avez aimé, durant votre longue vie si pure, menez-nous à son berceau.

Veillez, Ô puissante bergère, sur la ville qui vous est confiée. Gardez-la des excès qui semblent quelquefois la rendre semblable à une grande cité païenne. Dissipez les tempêtes qui se forment dans son sein ; d'apôtre de l'erreur, qu'elle consente enfin à devenir disciple de la vérité. Nourrissez encore son peuple qui meurt de faim ; mais soulagez surtout ses misères morales. Calmez ces fièvres ardentes qui brûlent les âmes, et sont plus terribles encore que ce mal dévorant qui ne brûlait que les corps.

Près de votre sépulcre vide, du haut de la Montagne que domine le vaste temple qui s'élève sous votre nom et reste vôtre de par l'Eglise et nos pères, en dépit des entreprises répétées de la force brutale, veillez sur cette jeunesse de France qui se presse autour des chaires de la science humaine, jeunesse si souvent trahie par les enseignements mêmes qui devraient la diriger, et assurer à la patrie des générations chrétiennes. La croix brille toujours, malgré l'enfer, sur la coupole de votre sanctuaire profané ; ne permettez pas qu'elle en soit descendue. Que bientôt cette croix immortelle règne de nouveau pleinement sur nous ; qu'elle plane du sommet de votre temple sur toutes les habitations de la cité maîtresse, rendue à son antique foi, à votre culte, à votre ancienne protection."





Adam de Saint-Victor
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 05 Jan 2015, 21:43

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France rebelle, reçois ton enfance nouvelle


Un bon chrétien participe activement à la vie politique et prie afin que les politiciens aiment leur peuple et le servent avec humilité. Telle est la réflexion proposée par le Pape François lundi 16 septembre dans son homélie.

En commentant le passage de l’Évangile de Luc (7, 1-10) où est racontée la guérison, par l’œuvre de Jésus, du serviteur du centurion à Capharnaüm, le Pape a souligné «deux attitudes du gouvernant» . Il doit tout d’abord «aimer son peuple. Les juifs âgés disent à Jésus : il mérite ce qu’il demande parce qu’il aime notre peuple. Un gouvernant qui n’aime pas ne peut pas gouverner. Au mieux, il peut mettre un peu d’ordre, mais il ne peut pas gouverner ».

Pour le Pape François, le gouvernant doit aussi être humble comme le centurion de l’Évangile, qui aurait pu se vanter de son pouvoir si Jésus avait demandé à aller chez lui, mais «c’était un homme humble et il a dit au Seigneur : ne te dérange pas, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Et avec humilité : dis un mot et mon serviteur sera guéri. Telles sont les deux vertus d’un gouvernant, comme nous le fait penser la parole de Dieu : amour pour les personnes et humilité».

Donc, « chaque homme et chaque femme qui assume une responsabilité de gouvernement doit se poser ces deux questions : est-ce que j’aime mon peuple pour mieux le servir ? Est-ce que je suis humble au point d’écouter les opinions des autres pour choisir la meilleure voie ? Si ces derniers, a souligné le Pape, ne se posent pas ces questions, leur gouvernement ne sera pas bon».

Les gouvernés doivent cependant eux aussi effectuer leur choix à accomplir. Que faut-il donc faire ? «Aucun de nous ne peut dire : cela ne me concerne pas, ce sont eux qui gouvernent. Non, moi je suis responsable de leur gouvernement et je dois faire de mon mieux pour qu’ils gouvernent bien, en participant à la politique comme je peux. La politique, dit la doctrine sociale de l’Église, est l’une des formes les plus élevées de la charité, car cela signifie servir le bien commun. Et je ne peux pas m’en laver les mains : chacun de nous doit faire quelque chose. Mais nous avons désormais l’habitude de penser que l’on doit seulement parler des gouvernants, parler mal d’eux et des choses qui ne vont pas bien».

À ce propos, le Pape a remarqué qu’à la télévision et dans les journaux reviennent surtout des «coups de bâton» pour les hommes politiques : on trouve difficilement des observations comme «ce gouvernant a bien agi sur ce point ; ce gouvernant a cette vertu. Il s’est trompé sur cela, en ceci et en cela, mais en cela il a bien agi». En revanche, des hommes politiques on parle «toujours mal et on est toujours contre. Peut-être le gouvernant est-il un pécheur, comme l’était le roi David. Mais je dois collaborer, avec mon opinion, avec ma parole, également avec mon comportement correct: je ne suis pas d’accord pour cela, pour ceci. Nous devons participer au bien commun. Nous avons parfois entendu dire: un bon catholique ne s’intéresse pas à la politique. Mais ce n’est pas vrai : un bon catholique se mêle de politique, en offrant le meilleur de lui-même, pour que le gouvernant puisse gouverner».

Quelle est alors «la meilleure chose que nous pouvons offrir» aux gouvernants ? «C’est la prière», a répondu le Pape, en expliquant : «C’est ce que dit Paul : prière pour le roi et pour tous ceux qui ont le pouvoir». Mais « on dira : c’est une mauvaise personne, il doit aller en enfer. Non, prie pour lui, prie pour elle, pour qu’il puisse bien gouverner, pour qu’il aime son peuple, pour qu’il soit humble. Un chrétien qui ne prie pas pour les gouvernants n’est pas un bon chrétien. Il faut prier. Et cela, a-t-il précisé, ce n’est pas moi qui le dit. C’est saint Paul qui le dit. Les gouvernants sont humbles et aiment leur peuple. Telle est la condition. Nous, les gouvernés, donnons le meilleur. Surtout la prière».






Pape François, Homélie du 16 septembre 2013



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 11 Jan 2015, 00:51


Méditation de l’abbé Loiseau


Pour en finir avec la rupture de la transmission :
la joie d’évangéliser

La fête de l’Épiphanie célèbre la mission. Notre Dieu est à peine apparu que les Mages, les rois de peuples lointains viennent le reconnaître comme Dieu, Roi et Sauveur. Il est la véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn, 1, 9).

Dès l’Incarnation, le mystère du Salut est révélé aux périphéries. Le feu de la Pentecôte se diffusant sur la terre, sera l’accomplissement du geste prophétique des rois mages. L’histoire de l’Église est identifiée à l’histoire de la mission. L’évangélisation est inhérente à la vie de l’Église, l’histoire du peuple de Dieu devient la diffusion de cet Amour Divin par la proclamation des merveilles de Dieu. Ainsi, le chrétien ne saurait oublier l’ordre du Christ : «Allez évangéliser toutes les nations et baptisez-les ». Le propre de l’Amour Divin est donc de se communiquer par l’évangélisation. Les tentations vis-à-vis de l’annonce explicite de la Foi ont été nombreuses au cours de l’histoire, soit par une attitude spirituelle frileuse voulant réduire le Salut aux petits nombres d’élus d’une nation ou d’une communauté, soit par une conception théologique erronée où le Seigneur se contenterait de la sincérité des hommes sans les inviter à la vérité et à la communion de l’Église.

La transmission de la Foi par la catéchèse a souvent subi des conséquences de ces attitudes et de ces conceptions désordonnées. Je crois que la Foi de notre pays a été profondément bouleversée ces dernières années par ces lacunes dans la catéchèse. La diminution régulière du taux de pratique religieuse en France, réduite à 5%, ne semble pas suffisamment inquiéter les catholiques. Les statistiques de l’année 2013, sur le site de la Conférence épiscopale, nous révèlent pourtant une diminution préoccupante des baptêmes d’enfants, des mariages, des vocations. Les chiffres d’enfants catéchisés en paroisse ne sont plus donnés depuis des années. Les prêtres avouent pourtant que les inscriptions sont en baisse constantes. Au  risque d’apparaître comme pessimiste, ce qui n’est  pas religieusement correct, n’oublions pas que l’Espérance, toujours présente au cœur du chrétien, est la Foi dans la victoire du Christ sur le péché et le monde. Il serait malvenu de s’appuyer sur l’Espérance pour éviter toute prise de conscience de ce phénomène. Notre inertie, notre paresse spirituelle, nos erreurs théologiques, ne sauraient trouver une justification dans un providentialisme énoncé dans ces termes : « le Christ préfère la qualité à la quantité, le Seigneur n’abandonnera pas notre Nation, la Foi consiste à traverser les épreuves  et la victoire nous sera donnée. ». En effet, si les paroles du Seigneur nous annoncent bien que les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre son Église et annoncent son retour dans la Gloire, il s’agit bien de l’indéfectibilité de l’Église mais non d’une promesse de pérennité pour une Nation.

Les causes de la déchristianisation de notre pays sont bien sûr multiples, la sécularisation est en effet un phénomène complexe. Mais reconnaissons notre difficulté à évangéliser et à transmettre la Foi dans une société libérale, pluriconfessionnelle et laïque, alors que la progression de l’Islam devient inquiétante. Ne soyons pas comme les Chrétiens de Constantinople au XVe siècle qui se rassuraient continuellement  en se perdant dans des querelles théologiques ou liturgiques avant l’effondrement fatal. L’Espérance, c’est l’humilité devant la réalité de nos faiblesses et vivre dès maintenant de la grâce afin d’être un témoin du mystère du Christ rédempteur. Si les papes modernes : Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François, nous ont appelés avec autant d’énergie à l’évangélisation explicite, c’est que cette question est cruciale pour la survie de l’Église dans les nations. L’annonce explicite de la Foi a été trop souvent comprise comme une attitude idéologique ou intolérante. La seule transmission autorisée serait un éveil à une expérience spirituelle ou caritative. La catéchèse est encore trop souvent imprégnée de cette conception. Le cri d’alarme du cardinal Ratzinger à Notre-Dame de Paris en 1983, l’exhortation apostolique de Jean-Paul II Catechesi tradende ou le directoire sur la catéchèse de 1997 ne semblent pas avoir été suffisamment entendus. Notre Église de France continue de vivre une vraie crise de la transmission de la Foi. Des paroisses, des écoles libres, des communautés, des familles, malgré un certain renouveau, se trouvent souvent démunies, avec des parcours catéchétiques ou avec des équipes pastorales pleines de bonne volonté mais en difficulté pour transmettre l’essentiel de la Foi. Peu de catéchismes ou de groupes de formation ont un réel souci d’adapter le Catéchisme de l’Église catholique aux jeunes générations, et pourtant la première mission est bien là.

Prenons-nous suffisamment au sérieux ceux qui mettent en place des parcours de formation biblique en lien avec le Catéchisme de l’Église catholique, présentant ainsi la cohérence et l’unité de la Révélation ? Il est bien vrai, comme le rappelait le cardinal Ratzinger, que « la Foi sans expérience ne peut être que verbiages de formules creuses », il est inversement tout aussi évident, ajoutait-il, que « réduire la Foi à l’expérience ne peut que la priver de son noyau ». Ainsi, la transmission de la Foi par l’Église ne peut faire l’impasse d’une présentation claire de la doctrine, de la révélation biblique, et de la vie liturgique. La Foi n’est donc pas seulement un face à face avec Dieu et le Christ, elle est aussi ce contact qui ouvre l’homme à la communion de l’Église. M’en remettre au magistère de l’Église, c’est accepter que ma Foi dépasse les frontières de ma subjectivité. Ainsi, nous attendons une catéchèse (où la mémorisation aura sa place selon le souhait de Jean-Paul II) qui présente clairement ce que nous devons croire (le Credo), ce que nous recevons par l’Église (la liturgie, la grâce, les sacrements), ce que nous devons faire (la charité, les béatitudes, les commandements), et ce que nous devons espérer (les demandes du Pater).

Après des années de catéchèses dans des paroisses ou des écoles, les enfants ressortent – hélas – avec trop souvent de confusion et d’ignorance. Une grande partie de ces parcours ne disent rien sur la grâce, l’importance de la confession régulière, la messe comme actualisation du mystère pascal, le péché originel, les fins dernières, le plan du Salut, le mystère de l’Église. Le christianisme est ainsi trop souvent réduit à une éthique ou à une expérience, nous sommes en plein pélagianisme moderne dénoncé par Benoît XVI. Le temps n’est-il pas venu d’annoncer explicitement à tous les hommes la richesse de la Miséricorde divine ? Si l’Église est bien le sacrement du Salut comme le rappelle le concile Vatican II, sa mission n’est-elle pas d’enseigner tout au long de la vie ce mystère du Salut à nos contemporains ? Le premier devoir de l’évangélisateur dans notre pays est de veiller à un enseignement complet du catéchisme. Bien sûr, les échecs rencontrés sont dus aussi, comme je le rappelai  à des causes externes comme la crise de la famille ou la société sécularisée. C’est une raison de plus pour être attentif à une transmission authentique. Renier une partie du Credo ou des commandements de la Catéchèse, c’est alors toucher la structure fondamentale de celle-ci. Il n’y a plus alors d’introduction réelle à la Foi de l’Église.

En cette fête de l’évangélisation des nations, que les catholiques de notre pays qui ont su montrer du courage et un esprit de résistance, demandent à Notre-Dame de l’Épiphanie, la force et l’intelligence pour la transmission de la Foi de l’Église. L’enjeu est vital : soit nous aurons la transmission de la vie divine, soit la mort de la France chrétienne. Avec Marie, tout est possible.




Abbé Loiseau
Fondateur et supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon.

« En étant témoin de la mission directe qui se vivait dans le diocèse de Toulon, j’ai souhaité fonder une communauté qui vivrait particulièrement de la miséricorde divine, de la liturgie dans sa forme extraordinaire et de l’évangélisation directe, particulièrement auprès des musulmans ».


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Dim 11 Jan 2015, 04:36

Edito 


Que 2015 soit l’année de la foi et de l’espérance en France !


Chers amis,

Les événements tragiques que nous venons de vivre donnent un relief tout particulier à cet engagement discret mais essentiel. Face à la haine, au mépris, au nihilisme sceptique et au désespoir, la prière est le creuset véritable de la paix et de l’espérance. Parfois découragés et éprouvant notre impuissance, nous nous demandons: « que faire? ». Commençons par ce qu’il y a de plus simple et de plus essentiel: prier! En tant que catholiques, voilà notre première responsabilité envers la communauté nationale!

« 9 mois, c’est long ! « , « Comment prier pour la France ? », « La prière est-elle vraiment pertinente ? N’est-il pas plus efficace d’agir ? « , »Prier pour la France, oui ! Mais comment ? Nous aurions tant de choses à demander », « J’ai peur de ne pas tenir, de ne pas pouvoir respecter le jeûne, ma neuvaine sera-t-elle valide ? »…

Vos questions ont été nombreuses, mais l’enthousiasme certain : près de 2 mois après, La Neuvaine rassemble plus de 25 000 personnes qui ont manifesté leur volonté de vivre cette aventure spirituelle… !

La Neuvaine, et tous les pasteurs qui la portent, vous adressent leurs meilleurs vœux : que 2015 soit pour tous une sainte année, emplie de foi, d’espérance et de charité. Cette nouvelle année, plaçons-la résolument sous le signe de la conversion des cœurs qui seule peut renverser le monde, et à fortiori la France.

Foi en Dieu Amour, Espérance en Dieu miséricordieux, Charité spécifique pour nos dirigeants…

La charité ne se concevant pas sans la vérité, que 2015 nous donne aussi à tous la soif de nous former. Nous former pour mieux connaître le Christ, pour mieux comprendre les exigences de Son amour, pour apprendre à vivre chaque chose en Lui et pour Lui.

Dans une société gouvernée par la culpabilisation, le subjectivisme ou l’affect, la vérité n’est pas toujours facile à discerner ou à suivre : que l’Esprit Saint nous donne la raison et la force de lui être fidèles.

Prier ou agir, la vocation de la France chrétienne, le réveil d’une génération en marche, l’importance de la prière des enfants pour leur pays, la force du jeûne pour sa patrie, la demande d’un secours exceptionnel à la Sainte Vierge, les dons de Dieu fait homme, l’amour de Dieu à l’image de Marie comme guide de notre vie… que de belles méditations nous avons reçues ! Que d’enseignement nous pouvons en tirer !

L’année 2015 s’annonce aussi menacée dans bien des domaines : les enjeux économiques et politiques ne sont pas à négliger. Ils relèvent cependant tous d’un mal plus profond : celui de la perte de repères et de la course au pouvoir, quel qu’en soit le prix à payer. La Neuvaine invite chacun à revenir aux sources de la Création, à retrouver l’humilité qui fait entrevoir ce qui est don et qui doit de ce fait, plus que tout, être protégé car sacré. La défense de la vie de son stade embryonnaire à ses dernières heures, de la famille, de l’éducation des enfants, le respect de la loi naturelle à l’exclusion de toute dérive transhumaniste, l’accompagnement des malades ou handicapés dans le respect de leur dignité, sont autant de fers de lance que nous devons porter intérieurement pour mieux les défendre extérieurement car ils représentent les valeurs fondamentales de notre existence, sans lesquelles nous sombreront dans une folie destructrice.

A nous de nous montrer lucides sur les enjeux que nous traversons, mais en gardant le cœur vaillant et plein d’espérance ! L’aigreur n’a jamais porté de fruit, l’amertume non plus… La prière nous aide chaque jour à remettre dans les mains du Seigneur notre vie, à puiser la force de Lui rendre gloire, à trouver en son sein la confiance dont nous avons besoin pour avancer.

La Neuvaine relaie chaque jour sur son site et les réseaux sociaux des textes qui peuvent vous aider dans vos méditations quotidiennes. Certains nous ont écrit pour nous demander s’il était possible de les avoir sous d’autres formats : pour des raisons pratiques, cela ne nous est pas possible.

Mais la Neuvaine c’est vous !!! Vous êtes plus de 25 000 personnes à pouvoir relayer les méditations ou les textes quotidiens, et nous comptons sur vous !

Ce rêve en apparence le plus fou de la France en prière marche déjà en rangs serrés : à nous tous de l’étendre… Proposer de faire la neuvaine en paroisse, imprimer les méditations et les déposer au fond de votre église pour ceux qui n’ont pas internet, tracter lors de rassemblements, relayer sur les réseaux les textes quotidiens, organiser des célébrations, des pèlerinages, des veillées d’enfants : en ce début d’année et au lendemain de la fête de l’Epiphanie qui nous rappelle que nous sommes pour la plupart des païens convertis, rappelons-nous que l’Eglise est apostolique et qu’elle nous demande d’évangéliser !

Pour tous ceux qui découvriraient la Neuvaine, soyez rassurés : vous pouvez la rejoindre à tout moment ! Un chapelet ou une dizaine de chapelet quotidien accompagné de la prière de la Neuvaine, un jeûne le premier vendredi de chaque mois, et une vive recommandation de confession régulière : la force de l’union de prière et les méditations de nos prêtres sont là pour vous guider…

Que 2015 soit l’année de la foi  et de l’espérance en France ! Que nos prières renversent les montagnes de notre beau pays et l’aident à se redresser ! Préparons nos cœurs à notre vraie fête nationale : celle du 15 Août, celle de la Sainte Vierge !




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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 12 Jan 2015, 17:13

Ressources spirituelles 


Sur quoi fonde-t-on un régime: le dévouement ou la dérision ?




« La seule valeur, la seule force du royalisme, la seule force d’une monarchie traditionnelle, c’est que le roi est plus ou moins aimé.

La seule force de la République, c’est que la République est plus ou moins aimée. La seule force, la seule valeur, la seule dignité de tout, c’est d’être aimé. Que tant d’hommes aient tant vécu et tant souffert pour la République, qu’ils aient tant cru en elle, qu’ils soient tant morts pour elle, que pour elle ils aient supporté tant d’épreuves, souvent extrêmes, voilà ce qui compte, voilà ce qui m’intéresse, voilà ce qui existe. Voilà ce qui fonde, voilà ce qui fait la légitimité d’un régime.

Quand je trouve dans l’Action française tant de dérisions et tant de sarcasmes, souvent tant d’injures, j’en suis peiné, car il s’agit d’hommes qui veulent restaurer, restituer les plus anciennes dignités de notre race et on ne fonde, on ne refonde aucune culture sur la dérision et la dérision et le sarcasme et l’injure sont des barbaries. Ils sont même des barbarismes. On ne fonde, on ne refonde, on ne restaure, on ne restitue rien sur la dérision. Des calembours ne font pas une restitution de culture. »


Charles Péguy, Notre jeunesse (1910)





La faillite politique et spirituelle d’une liberté irresponsable



«  A elle seule, la liberté dénudée ne saurait en aucune façon résoudre tous les problèmes de l’existence humaine et elle en pose une foule de nouveaux. Mais, tout de même, dans les premières démocraties, y compris l’américaine à sa naissance, tous les droits n’étaient reconnus à la personne humaine qu’en tant qu’oeuvre de Dieu ; autrement dit, la liberté n’était confiée à la personne que sous condition, en supposant une permanente responsabilité religieuse : tel était l’héritage du millénaire précédent.

Il y a encore deux cents ans, en Amérique il y a même cinquante ans de cela, il eût semblé impossible d’accorder à l’homme une liberté sans freins, comme ça, pour l’assouvissement de ses passions. Depuis lors, toutefois, dans tous les pays occidentaux, cette liberté s’est érodée, on s’est définitivement libéré de l’héritage des siècles chrétiens avec leurs immenses réserves de pitié et de sacrifice, et les systèmes étatiques n’ont cessé de prendre l’aspect d’un matérialisme de plus en plus achevé. En fin de compte, l’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société.

Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, Cosmos compris, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXe siècle et qu’il eût été impossible d’imaginer, fût-ce à partir du XIXe. »






Alexandre Soljénitsyne, Le déclin du courage, Discours de Harvard le 8 juin 1978, Paris, Les Belles lettres, 2014, p.55-57



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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 13 Jan 2015, 16:53

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Transmettre l’amour de la France ?


« Un enjeu , et peut-être résultat, de la prière est l’amour que ces jeunes élèves musulmans peuvent porter à la France. Cet amour est au départ bien faible, tant on ne leur a pas transmis cela dans leur famille. Les jeunes Algériens (et pas seulement eux) sont ainsi remplis de schémas manichéens sur la colonisation et la guerre d’Algérie.

Tous les élèves opposent « les Arabes » (c’est-à-dire les musulmans) aux « Français » supposés tous chrétiens. Dans leur esprit, les premiers sont censés être toujours victimes des seconds et attendent de prendre leur légitime revanche. Le lendemain de l’élection de François Hollande, un élève m’a dit : « C’est nous qui avons gagné cette élection : désormais la France n’est plus le pays des Français, c’est le nôtre, on va pouvoir faire tout ce qu’on voudra ! »

Ce sentiment est aggravé par le discours idéologique véhiculé par l’Education nationale, où les auteurs de programmes entendent désormais « déconstruire le roman national » (perçu comme trop positif vis-à-vis de la France) pour faire droit aux revendications mémorielles de trois groupes de descendants : ceux des esclaves noirs, ceux des colonisés, ceux des victimes de la Shoah. La haine, le mépris de la France font partie des programmes scolaires, et viennent nourrir les sentiments négatifs entretenus par les jeunes issus de l’immigration. (…)

Il en faudrait vraiment peu pour que cette jeunesse aime la France, il suffirait que leurs éducateurs aient envie de la leur faire aimer. Cela aussi me paraît être du ressort de la prière pour la France.

Je vais encore plus loin, en constatant que ce qui « accroche » les élèves, c’est souvent cette France à la fois charnelle et spirituelle à laquelle nous sommes, nous, si attachés. Un cours de quatrième sur les « religions dans la mondialisation » (parfait exemple de sujet théorique, conceptuel, aride, cérébral, comme on les aime dans l’Education nationale) avait totalement dérapé en profession de foi islamique de la part de nombreux élèves.

Débordé, je jetai l’éponge et saisis ce que j’avais sous la main : un honnête film canadien sur Jeanne d’Arc, dont je venais de passer un extrait à des cinquièmes. Lorsque la sonnerie retentit, la Pucelle était devant la muraille d’Orléans, cheval cabré, oriflamme brandie : « En avant, mes frères, pour Dieu et pour la France ! ».

D’habitude, à ce moment les élèves ont déjà bondi hors de la salle, cartable sur le dos et veste fermée, mais là personne ne bougeait. « S’il vous plaît, m’sieur, vous ne pouvez pas nous faire ça, c’est le meilleur moment ! » Cette jeunesse, croyante, a soif de France croyante. La prière pour la France ne la choquerait pas. »






 Jean-François Chemain,
« Témoignage d’un enseignant dans les banlieues »,
Pourquoi prier pour la France? sous la dir. de Mgr H.
Brincard et du P. B. Peyrous, Paris, Editions d el’Emmanuel,
2014, p. 183-185


Dans mon environnement tant personnel que professionnel,
j'ai pu faire les mêmes constatations que ce professeur de collège. Cependant dans ce
court extrait monsieur Chemain ne parle pas de la dernière guerre de la France en Algérie
ou plutôt trop brièvement à mon goût. Paradoxalement d'ailleurs lorsque les français parlent
de la dernière guerre ils font référence à celle de 39 - 45, et omettent celle d'Algérie, sans
doute parce qu'elle s'est passée en Algérie.

De ce conflit, il en ressort et j'ai pu le constater un certain "racisme latent" envers les
nord-africains et tous ceux qui leur "ressemblent" de prêt ou de loin et réciproquement.
Quant à moi étant née en Indochine, d'origine indienne, de nationalité française je n'avais
aucun à priori envers les uns et les autres, prête à les aimer tous.

Bien entendu j'ai eu droit au racisme de certains mais aussi beaucoup d'amour d'autres.
Ce sont ces derniers qui m'ont appris à aimer la France et les français toutes origines
et religions confondues.

D'où je conclus que c'est l'Amour de Dieu en chacun de nous, si nous le laissons agir,
qui sauvera la France et... le monde ! J'en suis sûre et certaine.
En entendant prions de tout notre coeur et d'un même coeur comme nous l'a
appris Notre Seigneur. N'oublions pas de louer et remercier DIEU pour tous ses
bienfaits comme Maman Marie dans son Magnificat.





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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 14 Jan 2015, 13:53


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Intercéder pour les autres avec Jésus


« La force de la prière s’exprime dans l’intercession. L’Esprit-Saint -est-il écrit- « intercède » pour nous. Le moyen le plus sûr de s’accorder à la prière de l’esprit est donc d’intercéder nous aussi pour nos frères, pour le peuple. Faire une prière d’intercession veut dire s’unir, dans la foi, au Christ ressuscité qui vit en état permanent d’intercession pour le monde (cf. Rm 8,34 ; He 7,25 ; 1 jn 2,1). Jésus, dans la grande prière par laquelle s’achève sa vie terrestre, nous offre l’exemple le plus sublime de l’intercession. « Je prie pour eux – dit-il – pour ceux que tu m’as donnés… Garde-les en mon nom. Je ne te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du Mauvais. Sanctifie-les dans la vérité… Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi » (cf. Jn 17, 9 s.). Jésus consacre relativement peu de temps à prier pour lui (« Père, glorifie ton Fils ! ») et beaucoup plus à prier pour les autres, c’est-à-dire à intercéder. A travers l’Esprit-Saint qui intercède pour nous, c’est Jésus lui-même qui continue sa prière d’intercession pour nous.

L’efficacité de la prière d’intercession ne dépend pas de la « multiplication des paroles » (cf. Mt 6,7), mais du degré d’union aux dispositions filiales du Christ que l’on a pu atteindre. Plus que les paroles d’intercession, il est utile, plutôt, de multiplier les intercesseurs, c’est-à-dire d’invoquer l’aide de Marie et des saints, comme le fait l’Eglise en la fête de tous les saints, lorsqu’elle demande à Dieu d’être exaucée « puisqu’une telle multitude intercède pour nous » (« multiplicatis intercessoribus »). On multiplie également les intercesseurs lorsqu’on prie les uns pour les autres. « Si tu pries pour toi – dit saint Ambroise -, tu seras seul à prier pour toi. Et si chacun prie seulement pour soi, la grâce obtenue par celui qui prier est moindre que pour celui qui intercède pour les autres. Mais si chacun prie pour tous, tous alors prient pour chacun. En conclusion, si tu demandes pour toi seulement, tu seras seul. Mais si tu demandes pour tous, tous demanderont pour toi. Et en effet, toi-même tu est en tous. » (Saint Ambroise, De Caïn et Abel I,39 (CSEL 32, 1 p. 372)






Raniero Cantalamessa, La vie dans la Seigneurie
du Christ, Paris, Le Cerf, 2008, p. 144-145





Comment l’Église prie-t-elle Marie?

Depuis le consentement apporté dans la foi à l’Annonciation et maintenu sans hésitation sous la croix, Marie, Mère de Dieu, est aussi devenue notre mère, mère de ceux  « qui sont encore des pèlerins, en butte aux dangers et aux misères  » (LG 62). Jésus, l’unique Médiateur, est le Chemin de notre prière ; Marie, sa Mère et notre Mère, lui est toute transparente : elle  « montre le Chemin », « elle en est le Signe », selon l’iconographie traditionnelle en Orient et en Occident.

La prière à la sainte Mère de Dieu est donc centrée sur la Personne du Christ manifestée dans ses mystères. Dans les innombrables hymnes et antiennes qui expriment cette prière, deux mouvements alternent habituellement : l’un  « magnifie  » le Seigneur pour les  « grandes choses  » qu’il a faites pour son humble servante, et par elle, pour tous les humains (cf. Lc 1, 46-55) ; l’autre confie à la Mère de Jésus les supplications et les louanges des enfants de Dieu, puisqu’elle connaît maintenant l’humanité qui en elle est épousée par le Fils de Dieu.

Prier le « Je vous salue Marie » …
Ce double mouvement de la prière à Marie
a trouvé une expression privilégiée dans la prière de l’ « Ave Maria » :


Je vous salue Marie, pleine de grâce;
le Seigneur est avec vous;
vous êtes bénie entre toutes les femmes;
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen


Ave, María, grátia plena,
Dóminus tecum.
Benedícta tu in muliéribus,
et benedíctus fructus ventris tui, Iesus.
Sancta María, Mater Dei,
ora pro nobis peccatóribus,
nunc et in hora mortis nostræ.
Amen.


« Je vous salue, Marie (Réjouis-toi, Marie) » :

La salutation de l’Ange Gabriel ouvre la prière de l’Ave.

C’est Dieu lui-même qui, par l’entremise de son ange, salue Marie. Notre prière ose reprendre la salutation de Marie avec le regard que Dieu a jeté sur son humble servante (cf. Lc 1, 48) et à nous réjouir de la joie qu’Il trouve en elle (cf. So 3, 17b).


« Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » :

Les deux paroles de la salutation de l’ange s’éclairent mutuellement.
Marie est pleine de grâce parce que le Seigneur est avec elle.
La grâce dont elle est comblée, c’est la présence de Celui qui est la source de toute grâce.
« Pleine de grâce », elle est toute donnée à celui qui vient habiter en elle et qu’elle va donner au monde.


« Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni » :

Après la salutation de l’ange, nous faisons nôtre celle d’Elisabeth. qui est la première dans la longue suite des générations qui déclarent Marie bienheureuse (cf. Lc 1, 48) :  « Bienheureuse celle qui a cru…  » (Lc 1, 45) ; Marie est  « bénie entre toutes les femmes  » parce qu’elle a cru en l’accomplissement de la parole du Seigneur. Abraham, par sa foi, est devenu une bénédiction pour  « toutes les nations de la terre  » (Gn 12, 3). Par sa foi, Marie est devenue la mère des croyants grâce à laquelle toutes les nations de la terre reçoivent Celui qui est la bénédiction même de Dieu : Jésus, le fruit bénit de tes entrailles » .

« Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous… » :

Parce qu’elle nous donne Jésus son fils, Marie est la mère de Dieu et notre mère ; nous pouvons lui confier tous nos soucis et nos demandes : elle prie pour nous comme elle a prié pour elle-même :  « Qu’il me soit fait selon ta parole  » (Lc 1, 38). En nous confiant à sa prière nous nous abandonnons avec elle à la volonté de Dieu :  « Que ta volonté soit faite » .

« Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ».

En demandant à Marie de prier pour nous, nous nous reconnaissons pauvres pécheurs et nous nous adressons à la  « Mère de la miséricorde » , à la Toute Sainte. Nous nous remettons à elle  « maintenant » , dans l’aujourd’hui de nos vies. Et notre confiance s’élargit pour lui abandonner dès maintenant,  « l’heure de notre mort » . Qu’elle y soit présente comme à la mort en Croix de son Fils et qu’à l’heure de notre passage elle nous accueille comme notre mère (cf. Jn 19, 27) pour nous conduire à son Fils Jésus, en Paradis.


D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 2676 à 2682)




Le Pape Jean-Paul II nous y introduit dans sa lettre apostolique sur le Rosaire (16 octobre 2002)
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae_fr.html

ainsi que dans son message aux jeunes pour les JMJ de 2003 :
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/messages/youth/documents/hf_jp-ii_mes_20030311_xviii-world-youth-day_fr.html

« J’ai invité tous les fils de l’Eglise à faire de cette antique prière mariale (le rosaire) un exercice simple et profond de contemplation du visage du Christ. Réciter le chapelet signifie, en effet, apprendre à regarder Jésus avec les yeux de sa Mère, aimer Jésus avec le cœur de sa Mère. Je remets symboliquement aujourd’hui, à vous aussi, chers jeunes, le chapelet. A travers la prière et la méditation des mystères, que Marie vous guide avec assurance vers son Fils! N’ayez pas honte de réciter le chapelet seuls, sur le chemin de l’école, de l’université ou de votre travail, dans la rue et dans les transports publics. Prenez l’habitude de le prier entre vous, dans vos groupes, mouvements et associations. N’hésitez pas à proposer à vos parents et à vos frères et sœurs de prier le chapelet à la maison, car il ravive et renforce les liens entre les membres de la famille. Cette prière vous aidera à être forts dans la foi, constants dans la charité, joyeux et persévérants dans l’espérance.

Avec Marie, servante du Seigneur, vous découvrirez la joie et la fécondité de la vie cachée. Avec elle, disciple du Maître, vous suivrez Jésus sur les routes de Palestine, devenant des témoins de sa prédication et de ses miracles. Avec elle, Mère souffrante, vous accompagnerez Jésus dans sa passion et dans sa mort. Avec elle, Vierge de l’espérance, vous accueillerez l’annonce joyeuse de Pâques et le don inestimable de l’Esprit Saint.

Jésus seul connaît votre cœur, vos désirs les plus profonds. Lui seul, qui vous a aimés jusqu’à la mort (cf. Jn 13, 1), est capable de combler vos aspirations. Ses paroles sont des paroles de vie, des paroles qui donnent un sens à la vie. Personne d’autre que le Christ pourra vous donner le vrai bonheur. A l’exemple de Marie, sachez Lui dire un “oui” inconditionnel. Il ne doit pas y avoir de place pour l’égoïsme et pour la paresse dans votre existence. Plus que jamais, il est urgent que vous soyez les “sentinelles du matin”, les guetteurs qui annoncent à l’humanité les premiers feux de l’aurore et le nouveau printemps de l’Evangile que l’on voit déjà poindre. L’humanité a un impérieux besoin du témoignage de jeunes libres et courageux qui osent aller à contre-courant et proclamer avec force et enthousiasme leur foi en Dieu, Seigneur et Sauveur. »




"J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'Etat et tous ceux qui ont des responsabilités afin que  nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité." (1Tm 2, 1-2)

Saint Paul ne nous cache pas la responsabilité qui nous incombe de prier, certes pour tout homme, mais particulièrement pour ceux qui nous gouvernent. Il ne dit pas pour ceux qui répondent à notre attente, mais pour ceux qui sont en poste de responsabilité.

Le choix démocratique des responsables de notre nation repose sur de multiples facteurs, parmi lesquels pèse la voix du chrétien. "Il est donc essentiel de prendre part au vote de la manière la plus sérieuse possible", rappelait le conseil permanent de la Conférence des évêques de France au mois d'octobre dernier. Mais, une fois les responsables désignés, il nous incombe de ne pas les abandonner à l'exercice de l'Etat, mais de les porter dans notre prière instante. Notre vie dans le calme et la sécurité en dépend.

Comme toujours, l'Eglise, prévenante, nous donne les mots de la prière :

"Dieu à qui tout homme doit obéissance,

Aide celui qui est à la tête de notre pays

A remplir sa mission dans le respect de ta Loi.

Qu'il travaille à ton oeuvre dans ce monde

Et puisse garantir au peuple dont il a la charge, la liberté et la paix."

(Prière d'ouverture de la messe pour le chef de l'Etat)

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Ven 16 Jan 2015, 19:06

Ressources spirituelles
J'ai pris l'initiative de vous mettre le texte complet du Pape émérite Benoît XVI.
je soulignerai la partie qui a été déposée sur le site de la neuvaine.
Je le trouve trop beau et très intéressant pour ne pas vous mettre tout le contexte.
Je souhaite vous partager le plaisir et l'�motion que j'ai éprouvés dans sa lecture "méditée"





Benoit XVI, Audience du 26 janvier 2011


La justice et la charité de Jeanne d'Arc

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Jeanne d'Arc , une jeune Sainte de la fin du Moyen Age, morte à 19 ans, en 1431.
Cette sainte française, citée plusieurs fois dans le Catéchisme de l'Eglise catholique , est particulièrement proche de sainte Catherine de Sienne , patronne de l'Italie et l'Europe, dont j'ai parlé dans une récente catéchèse.
Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées par la virginité; deux mystiques engagées, non pas dans le cloïtre, mais au milieu des réalités les plus dramatiques de l'Eglise et le monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces "femmes fortes" qui, à la fin du Moyen Age, portèrent sans crainte la lumière de l'Evangile dans les évènements complexes de l'histoire. On pourrait les rapprocher des saintes femmes qui sont restés près du Calvaire, auprès de Jésus crucifié, et de Marie, sa Mère, tandis que les apôtres avaient fui, et que Pierre lui-même l'avait renié à trois reprises.

L'Eglise à cette époque, vivait la crise profonde du Grand Schisme dOccident, qui a duré près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne est morte en 1380, il y avait un pape et un antipape; quand Jeanne est née en 1412, il y a deux papes et un antipape. Avec cette déchirure au sein de l'Eglise, il y avait des guerres fratricides continuelles entre les peuples chrétiens d'Europe, dont la plus dramatique fut l'interminables "Guerre de cent ans" entre la France et l'Angleterre.



Jeanne d'Arc ne savait ni lire ni �crire, mais on peut la connaïtre au plus profond de son âme grâce à deux sources de grande valeur historique: les deux procès qui la concernent.

Le premier, le procès de condamnation, contient la transcription des interrogatoires longs et nombreux de Jeanne pendant les derniers mois de sa vie (Février-mai 1431) et rapporte les paroles elles-mêmes de la Sainte. Le second, le procès de nullité de la sentence, ou de réhabilitation�, contient les dépositions de 120 témoins oculaires de toutes les périodes de sa vie.

Jeanne est née à Domrémy, un petit village situé sur la frontière entre la France et la Lorraine. Ses parents étaient des paysans aisés, connus de tous comme d'excellents chrétiens. Elle reçut d'eux une bonne éducation religieuse, avec une influence notable de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne et diffusée en Europe par les Franciscains. Au nom de Jésus est toujours uni le nom de Marie, et ainsi, sur un fond de religiosité populaire, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Dès l'enfance, elle montre beaucoup d'amour et de compassion pour les pauvres, les malades et tous ceux qui souffrent, dans le contexte dramatique de la guerre.



Selon ses propres paroles, nous savons que la vie religieuse de Jeanne mûrit comme expérience mystique dès l'âge de 13 ans. Par la voix de l'archange saint Michel, Jeanne se sent appelée par Dieu à renforcer sa vie chrétienne et à s'engager en personne pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son «oui» est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement à la vie sacramentelle et dans la prière: participation quotidienne à la messe, confession et communion fréquentes, longs moments de prière silencieuse devant le crucifié ou une image de la Sainte Vierge. La compassion et l'engagement de la jeune paysanne française face aux souffrances de son peuple sont rendus plus intenses par son rapport mystique avec Dieu. Un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune femme est justement ce lien entre l'expérience mystique et la mission politique. A ces années de vie cachée et de maturation intérieure succèdent les deux brèves mais intenses années de sa vie publique: une année d'action et une année de passion.


Au début de l'année 1429, Jeanne commence son œuvre de libération. Les nombreux témoignages nous montrent cette jeune femme de seulement 17 ans comme une persoone très forte et décidé, capable de convaincre ses hommes peu sûrs, et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui à Poitiers la soumet à un examen de plusieurs théologiens de l'université. Leur jugement est positif: en elle, ils ne voient rien de mal, seulement une bonne chrétienne.

Le 22 Mars 1429, Jeanne dicte une lettre importante pour le roi d'Angleterre et ses hommes qui assiégent la ville d'Orléans. Il s'agit d'une proposition pour une paix véritable dans la justice, entre les deux peuples chrétiens, à la lumière des noms de Jésus et Marie, mais cette proposition est repoussée, et Jeanne doit s'engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui aura lieu le 8 mai.



L'autre point fort de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, 17 Juillet 1429. Pendant une année entière, Jeanne vit avec les soldats, portant parmi eux une véritable mission d'évangélisation. Nombreux sont leurs témoignages sur sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous, et se définit elle-même comme "la pucelle", c'est-à-dire la vierge.


La Passion de Jeanne commence le 23 mai 1430, quand elle tombe prisonnière entre les mains de ses ennemis. Le 23 Décembre, elle st menée dans la ville de Rouen. Là, se tient le long et dramatique Procès de Condamnation, qui débute en Février 1431 et se termine le 30 mai sur le bûcher.

C'est un grand et solennel procès, présidé par deux juges ecclésiastiques, l'évêque Pierre Cauchon, et l'inquisiteur Jean Le Maistre, mais en réalité entièrement mené par un groupe nombreux de théologiens de renom de la célèbre Université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Ce sont des ecclésiastiques français qui, ayant fait le choix politique opposé à celui de Jeanne, ont a priori un jugement négatif sur sa personne et sur sa mission. Ce procès est une page bouleversante de l'histoire de la sainteté et aussi une page éclairante du mystère de l'Église qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est "à la fois sainte et a toujours besoin de purification". C'est la rencontre dramatique entre cette Sainte et ses juges, qui sont membres du clergé. Jeanne est accusée par eux et jugée, jusqu'à être condamné comme hérétique et envoyé à la mort terrible du bûcher.

A la différence des saints théologiens qui avaient illuminé l'université de Paris, comme saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin et le bienheureux Duns Scot, dont j'ai parlé dans plusieurs catéchèses, ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l'humilité pour voir chez cette jeune l'action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l'esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu'ils restent cachés aux sages et aux savants qui n'ont pas d'humilité (cf. Lc 10, 21). Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu'ils condamnaient une sainte.



L'appel de Jeanne au jugement du Pape, le 24 mai, est rejeté par le tribunal. Le matin du 30 mai, elle reçoit pour la dernière fois la Communion en prison, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du vieux marché. Elle demande à l'un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C'est ainsi qu'elle meurt en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus (PNul, I, p. 457 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 435). Environ vingt-cinq ans plus tard, le Procès de nullité, ouvert sous l'autorité du Pape Calixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation (7 juillet 1456 ; PNul, II p. 604-610). Ce long procès, qui recueillit les dépositions des témoins et les jugements de nombreux théologiens, tous favorables à Jeanne, met en lumière son innocence et sa parfaite fidélité à l'Église. Jeanne d'Arc sera ensuite canonisée par Benoît XV en 1920.


[quote]Chers frères et sœurs, le Nom de Jésus invoqué par notre sainte jusqu'aux derniers instants de sa vie terrestre, était comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Le « Mystère de la charité de Jeanne d'Arc », qui avait tant fasciné le poète Charles Péguy, est cet amour total pour Jésus, et pour son prochain en Jésus et pour Jésus. Cette sainte avait compris que l'Amour embrasse toute la réalité de Dieu et de l'homme, du ciel et de la terre, de l'Église et du monde. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression : « Notre Seigneur premier servi » (PCon, I, p. 228 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 223). L'aimer signifie toujours obéir à sa volonté. Elle affirme avec une totale confiance et abandon : « Je m'en remets à Dieu mon créateur, je l'aime de tout mon cœur » (ibid., p. 337). Avec le vœu de virginité, Jeanne consacre de manière exclusive toute sa personne à l'unique Amour de Jésus : c'est « la promesse qu'elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d'âme » (ibid., p. 149-150). La virginité de l'âme est l'état de grâce, valeur suprême, pour elle plus précieuse que la vie : c'est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance. L'un des textes les plus connus du premier Procès concerne précisément cela : « Interrogée si elle sait d'être en la grâce de Dieu, elle répond : “Si je n'y suis, Dieu m'y veuille mettre ; et si j'y suis, Dieu m'y veuille tenir” » (ibid., p. 62 ; cf. Catéchisme de l'Église catholique, 2005).


Citation :
Notre sainte vit la prière sous la forme d'un dialogue permanent avec le Seigneur, qui illumine également son dialogue avec les juges et lui apporte la paix et la sécurité. Elle demande avec confiance : « Très doux Dieu, en l'honneur de votre sainte Passion, je vous requiers, si vous m'aimez, que vous me révélez comment je dois répondre à ces gens d'Église » (ibid., p. 252). Jésus est contemplé par Jeanne comme le « Roi du Ciel et de la Terre ». Ainsi, sur son étendard, Jeanne fait peindre l'image de « Notre Seigneur tenant le monde » (ibid., p. 172) : icône de sa mission politique. La libération de son peuple est une œuvre de justice humaine, que Jeanne accomplit dans la charité, par amour de Jésus. Elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles. La foi est la lumière qui guide chaque choix, comme témoignera, un siècle plus tard, un autre grand saint, l'anglais Thomas More. En Jésus, Jeanne contemple également toute la réalité de l'Église, l' « Église triomphante » du Ciel, comme l' « Église militante » de la terre. Selon ses paroles, « c'est tout un de Notre Seigneur et de l'Église » (ibid., p. 166). Cette affirmation, citée dans le Catéchisme de l'Église catholique (n. 795), possède un caractère vraiment héroïque dans le contexte du Procès de condamnation, face à ses juges, hommes d'Église, qui la persécutèrent et la condamnèrent. Dans l'Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d'aimer l'Église jusqu'à la fin, même au moment de sa condamnation.


Citation :
J'ai plaisir à rappeler que sainte Jeanne d'Arc a eu une profonde influence sur une jeune sainte de l'époque moderne : sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Dans une vie complètement différente, passée dans la clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l'Église et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L'Église les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie. Sainte Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus (Manuscrit B, 3r), et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.


Citation :
Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, sainte Jeanne d'Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées ; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit ; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l'Amour de Jésus un profond amour pour l'Église.


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 17 Jan 2015, 02:27


Méditation de Dom Courau
 

Ce que nous dit la Vierge à Pontmain





Le surnaturel se manifeste en France lorsqu’elle se trouve au bord du précipice, mettant en cela notre pays un peu à part des autres. Mais honor onus, disent les anciens, plus grand honneur entraîne davantage de responsabilité. Clovis ou Jeanne d’Arc, les apparitions mariales depuis 1830 (Rue du Bac), tout cela c’est le Ciel qui se penche sur notre histoire à bout de souffle, l’obligeant au sursum corda duquel elle a failli. En cette période de l’année, le 17 janvier 1871, Marie apparut à Pontmain, à 40 km d’une armée française en déroute vers Laval, humiliée et désespérée après la défaite du Mans devant les Prussiens. La Bretagne est alors menacée, dernière carte pour négocier un armistice pas trop indigne : mutineries, épidémies, épuisement généralisé, que faire ?

À une encablure de là donc, un trou perdu, Pontmain, hameau de moins de cent habitants y compris les nouveau-nés et une marmaille nombreuse, souffre du drame de façon un peu assourdie. Ce jour-là, l’angoisse n’empêche pas le train-train quotidien : piler des ajoncs pour le bétail, préparer les repas… À partir de 18h et jusqu’à 21h, dans un va-et-vient sur la grand’ place de l’église, deux enfants, puis d’autres voient au-dessus d’une grange, une douceur qui sourit au milieu d’un ciel très dégagé, constellé d’étoiles. De quart d’heure en quart d’heure, les enfants s’assemblent, les adultes aussi (qui ne voient pas), jusqu’à un nouveau-né qui crie en pointant du doigt, « Zésus », le seul mot qu’il sache. Deux religieuses et le curé qui tient bien sa paroisse se mêlent à la grosse cinquantaine de témoins (les 3/4 du village).

En ces heures graves, tous jouent le jeu presque d’emblée. Un épisode mérite d’être souligné, car il éclaire l’actualité d’aujourd’hui et ses tristesses. Alors que Marie souriait et attirait les sourires des enfants, jouant parfois même de ses mains comme pour cajoler de loin (au-dessus du toit de la grange), Vlà qu’elle tombe en humilité, disent-ils à un moment : en humilité, c’est-à-dire en tristesse, état de l’homme humilié, tombé à terre. Dans le brouhaha, le curé demande alors le silence. On lui propose de s’adresser à Notre Dame. Hélas, je ne la vois pas, que pourrais-je lui dire… Prions : mot-clé, celui de cette neuvaine de mois pour la France.

Au cours de la liturgie improvisée alors dans le froid piquant (chapelet, litanies, hymnes mariales, cantiques…), Notre-Dame, silencieuse, dévoile quelques symboles (croix, cierges) et surtout déroule un message tout simple sous ses pieds, à chaque intonation de ces diverses prières : MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER. Le premier mot (mais), le manque de ponctuation, le gros point, ce qui est souligné, tout cela intrigue le Français qui aime les idées claires. À Pontmain, Marie s’est moquée finement de nos désirs d’investigation exhaustive, qui nous poussent à vouloir tout savoir, tout de suite. Toujours est-il que trois jours après ce 17 janvier, contre toute attente, les Prussiens rebroussaient chemin et l’armistice était signé le 28. Conclusion : Pontmain est un trou perdu (et resté tel) ; la vraie France se joue là où elle échappe aux médias, ayant en elle l’avenir de Dieu dans sa fidélité aux gestes de la vie quotidienne, au court terme « tout bête » mais bien ordonné, laissant le long terme à la Providence qui voit plus loin que nos prudences, surtout quand elles sont affolées. Un évêque me disait récemment de S. Joseph : Plus il se cache, plus il rayonne. La vocation de la France doit lui ressembler, rayonnant dans l’humilité cachée, dans l’effort patient qui ne paie pas de mine. « Jeunesse nouvelle, jeunesse rebelle » à l’avilissement des âmes, écoute bien Marie qui te dit comment prier.






Dom Hervé Courau
Né en 1943, le Père Hervé Courau, abbé de Notre Dame de Triors est entré en 1964 à l’abbaye de Fontgombault où, après son ordination sacerdotale en 1974, il a été hôtelier, puis maître des novices. En 1984, il a été nommé à la tête de la fondation faite par Fontgombault à Triors, dans la Drôme, à 20 km de la ferme de Marthe Robin. Il en a été béni premier abbé en 1994.


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 17 Jan 2015, 22:30

Guido Dettoni della Grazia réalise pendant 2008 la représentation numérique de l'icone de Notre-Dame de Pontmain. De suite il conçoit et dirige cette vidéo animation pour illustrer le récit de son apparition du 17 janvier 1871.




Notre-Dame de Pontmain



PRIÈRES À NOTRE DAME DE PONTMAIN  Très sainte Vierge Marie, ô Notre-Dame de Pontmain, qui avez daigné apparaître en nous présentant à deux mains la croix sanglante de Jésus, gravez pour toujours en mon âme l’Amour de votre Fils. Vous savez, ô Marie, combien je voudrais être à Lui, sans réserve d’aucune sorte, mais hélas, je crains tout de mon inconstance et de ma faiblesse. Venez donc, bonne Mère, me fortifier et me secourir. Lorsque vous me voyez aux prises avec les tentations et le découragement, avec la tiédeur et le mauvais vouloir, avec la tristesse et les souffrances, ô Notre-Dame de Pontmain, soyez près de moi avec Jésus crucifié, montrez-moi ses plaies, parlez-moi de son amour, aidez-moi, je vous en supplie à lui rester fidèle malgré les assauts du mal. Mes pensées, mes désirs, mes affections, mes paroles et mes actes, mon esprit et mon cœur, mon âme et mon corps, je vous livre tout, je vous abandonne tout, pour que, par vos mains bénies, tout soit offert à Jésus. Obtenez-moi, ô Notre-Dame de Pontmain, de le connaître, votre Jésus et le mien, chaque jour plus pleinement, de l’aimer plus ardemment et de le servir plus parfaitement. Faites, ô Marie, que je sois entièrement à lui, là-haut, dans l’éternel bonheur. Ainsi soit-il.
 
Notre Père. En ce jour avec Notre Dame de Pontmain, nous voulons louer et chanter ta bonté, ton immense tendresse et ton amour qui ne connaît pas de limite. Avec Marie nous nous exclamons « le Seigneur fit pour moi des merveilles ». Merci Père de nous avoir donner Jésus, merci de nous avoir offert une telle Mère, ta miséricorde est ineffable. Nous te consacrons ce lieu à toi Notre Père qui est aux cieux pour que ton Nom y soit sanctifié dans les cœurs et que ton règne y grandisse. Qu’en cette chapelle tes enfants accueillent la grâce du pardon et de la réconciliation, et y trouvent la délivrance de leur maux. En te consacrant cette humble demeure, nous t’y offrons l’encens de nos prières pour que des milliers redécouvrent la Joie d’être fils et filles dès cette terre et pour l’éternité.
 
Prière des enfants à ND de Pontmain Sainte Vierge Marie, douce maman du ciel tu as souri aux enfants de Pontmain. Tu leur as présenté sur la croix ton Fils, Jésus Notre Seigneur, le plus beau cadeau du Père des cieux. Veux-tu nous apprendre à l’accueillir, à l’aimer, à le prier, à lui faire plaisir ? Veux-tu nous aider à répandre la joie autour de nous ? Tu es belle, ô Marie, au milieu des étoiles ! Nous t’aimons. Dans notre cœur nous te prions et nous te chantons.
 
ND de Pontmain dans la prière de l’Eglise Vraiment, il est juste de te rendre grâce, il est juste et bon de te glorifier, Père très saint, en célébrant la bienheureuse Vierge Marie. Pure de tout péché, elle a conçu ton Fils unique, par la puissance de l’Esprit Saint, et elle a donné au monde le Prince de la paix, le Christ, notre Seigneur. Debout près de la croix, elle s’est associée à la mort du Fils bien-aimé, reconnaissant ainsi l’unique signe du salut, comme source de pardon, de réconciliation et de paix. Mère et modèle d’espérance, elle compatit aux souffrances de ses enfants, s’unissant à son fils, dont le cœur se laisse toucher. Etoile lumineuse, brillant de la clarté de l’Esprit, elle manifeste envers nous son amour maternel, nous conviant à nous rassembler près de toi, pour l’adoration, la supplication et la louange. Voilà pourquoi, Seigneur, avec la foule innombrable des anges, pleins de joie, nous chantons Saint ! Saint ! Saint ! Préface approuvée par Mgr Louis-Marie Bille, évêque de Laval, le 25 février 1993.

Prière des enfants à ND de Pontmain Marie, Servante du Seigneur, douce Dame, humble Reine, nous te saluons. Mère de Jésus, notre sauveur et notre frère, nous t’aimons. Nous sommes tes enfants. Apprends-nous à prier, viens préparer en nous une demeure agréable à Dieu, notre créateur, Maître des univers, qui fait danser les astres et voler des étoiles sur ta belle robe.

Mère, tendre et pure, attentive à nos besoins comme aux désirs de Saint-Esprit, garde-nous dans l’amour.
Permis d’imprimer le 3 avril 1991 – Mgr Louis-Marie Billé, évêque de Laval





Mère de l'Espérance - Notre Dame de Pontmain

Mère de l'espérance

R./ Mère de l'Espérance
Dont le nom est si doux,
Madone de l'enfance,
Demeure auprès de nous! (bis)

Tu es bien notre Mère,
Toi qui as visité
sur leur lointaine terre
les enfants extasiés.

Apparaît ton sourire
Dans la nuit étoilée,
Il fait toujours revivre
Les cœurs désemparés.

Apprends-nous la prière,
Icône de beauté ;
Dieu n'est-il pas le Père,
Tout Amour et Bonté?

Mère de toute grâce,
A l'univers troublé,
Fais resplendir la face
De ton fils Bien-Aimé.

Ta douleur nous oppresse
Devant le Crucifié,
Tu mets nos cœurs en liesse:
Christ est ressuscité!

Messagère joyeuse
De la Sainte Cité,
Guide-nous, Bienheureuse,
Aux chemins de la Paix!

* * * * *

Cantique "Mère de l'Espérance" avec les paroles originales:

R./ Mère de l'Espérance,
Dont le nom est si doux
Protégez notre France.
Priez, priez pour nous! (bis)

Souvenez-vous, Marie,
Qu'un de nos Souverains
Remit notre Patrie
En vos augustes mains.

La crainte et la tristesse
Ont gagné notre cœur.
Rendez-nous l'allégresse,
La paix et le bonheur.

Vous calmez les orages,
Vous commandez aux flots,
Vous guidez au rivage
Les pauvres matelots.

De la rive éternelle,
Secondez nos efforts;
Guidez notre nacelle
Vers les célestes ports.

En ces jours de souffrances
Sauvez-nous du danger;
Épargnez à la France
Le joug de l'étranger.

Des mères en alarmes
Raffermissez les cœurs;
Venez sécher leurs larmes,
ô Mère des douleurs!

Au chemin de la gloire,
Conduisez nos soldats
Donnez leur la victoire
Au jour des saints combats.

Et si, pour la Patrie,
Bravant les coups du sort
Ils vont donner leur vie,
Ah ! couronnez leur mort !

Le cantique fut adopté dans la paroisse de Pontmain. C'est à ce chant, écrira plus tard Joseph Barbedette, que « la Très sainte Vierge devait réserver son plus beau sourire de toute l'apparition (17 janvier 1871 à Pontmain) ».

Élevant les mains à hauteur des épaules, elle se mit à remuer les doigts, paraissant accompagner le chant avec une extrême délicatesse. Elle était radieuse. Aussi la joie des enfants devint-elle à ce moment-là exubérante : « Voilà qu'Elle rit, voilà qu'Elle rit ! » disaient-ils, « Oh ! qu'elle est belle ! Oh ! qu'elle est belle ! »

* * * * *

Prière à Notre-Dame de Pontmain
MÈRE DE L'ESPÉRANCE ET REINE DE LA PAIX


Très douce Vierge Marie,
Tu as dans ton apparition à Pontmain,
rappelé l'importance de la prière,
fortifié en nos cœurs l'Espérance
et apporté la Paix.

Daigne accueillir favorablement aujourd'hui
la prière ardente que nous t'adressons
pour que s'établisse dans nos cœurs, nos familles,
notre Nation et toutes les Nations,
la PAIX, fruit de la justice, de la vérité, de la charité.

Augmente en nos âmes le désir de vivre pleinement notre foi,
sans aucune compromission, dans toutes les circonstances de notre vie.

Aide-nous à toujours comprendre les autres
et à les aimer profondément en Dieu. Amen.

* * * * *
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 19 Jan 2015, 21:24


Ressources spirituelles 


Prions-nous pour que les musulmans rencontrent le Christ?


« Habituellement chaque mission comprend plusieurs prêtres, au moins deux ou trois ; ils se partagent le travail qui consiste surtout en relations avec les indigènes (les visiter et recevoir leurs visites) ; œuvres de bienfaisance (aumônes, dispensaires) ; œuvres d’éducation (écoles d’enfants, écoles du soir pour les adultes, ateliers pour les adolescents) ; ministère paroissial (pour les convertis et ceux qui veulent s’instruire dans la religion chrétienne). Je ne suis pas en état de vous décrire cette vie qui, dans ma solitude au milieu de populations très disséminées et encore très éloignées d’esprit et de cœur, n’est pas la mienne… Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. Vous avez en partie décrit leurs devoirs dans votre article : « Le plus grand service » (Écho de Paris, 22 janvier 1916). Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l’ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l’affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n’est que quand on est arrivé là qu’on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de notre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de notre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d’âmes qu’on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c’est notre premier devoir : ce n’est qu’après l’avoir bien rempli, assez longtemps, qu’on peut faire du bien.

Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m’entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l’intimité s’établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu’il peut porter, fuite du péché, acte d’amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment.

Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu’il y en eût beaucoup : tout curé d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l’exemple de Priscille et d’Aquila), pourrait l’être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s’agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d’indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s’efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l’amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi… »



 Télécharger cette biographie


Bienheureux Charles de Foucauld, Lettre à René Bazin du 29 juillet 1916


Voici un film sur Charles de Foucauld, je n'en ai pas trouvé de meilleur qualité et vous prie de m'en excuser,chers forumeurs et visiteurs de ce fil !













Mon Père je m'abandonne à toi - Charles de Foucauld - by Mil Mougenot - Répertoire chrétien





Mon pere je m'abandonne à toi - Chant de la communauté de l' Emmanuel


Confions nous au bienheureux Charles de Foucauld et confions aussi à son intercession notre Chère France !


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 19 Jan 2015, 23:11


Le message très actuel des martyrs d'Otrante



Pape François : Les Martyrs d’Otrante, un symbole pour le monde contemporain

Dans son homélie de Canonisation le Pape souligne l'héroïque fidélité des Chrétiens persécutés dans le monde.
Retour sur le « vrai témoignage » auquel tout Baptisé est appelé.

« Où trouvèrent-ils la force de demeurer fidèles ? » s’est interrogé le Pape François en Canonisant hier, Dimanche 12 Mai 2013, devant de milliers de fidèles, le Père italien Antonio Primaldo et quelque 800 citoyens de la ville d’Otrante (région des Pouilles en Italie) passés au fil de l'épée par des Musulmans.

L’histoire de leur décapitation par les ottomans, survenue en 1480, pour avoir refusé de renier leur Foi et de se convertir à l’islam, fait aujourd’hui de ces bienheureux martyrs des Saints et un symbole pour tous les Chrétiens persécutés aujourd’hui.

« Chers amis, dans le sillage des martyrs d'Orante, conservons la Foi que nous avons reçue et qui est notre vrai trésor, renouvelons notre fidélité au Seigneur, même au milieu des obstacles et des incompréhensions », a exhorté le Pape, ajoutant : « et demandons à Dieu de soutenir tous ces Chrétiens qui, encore à notre époque et dans tant de parties du monde, souffrent encore de violences, qu'il leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien ».

Les 14 et 15 Avril dernier, le Pape François avait assuré que l’Église d’aujourd’hui comptait plus de martyrs qu’aux premiers siècles du Christianisme.
Dimanche 12 Mai, en Canonisant des martyrs du XVème siècle, et fait inhabituel un groupe de plusieurs centaines de personnes,  il relance le discours du « vrai témoignage » auquel tout Chrétien est appelé mais sans avoir toujours la force de le vivre, alors que d’autres, dans des conditions de souffrance inouïe, y consentent jusqu’au sacrifice de leur propre vie.

« Le temps des Martyrs n'est pas fini.
Nous pouvons même dire que l'Église a plus de martyrs que dans ses premiers siècles », relevait-il lors d’une de ses Messe du matin dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le mois dernier,  « L'Église a tant d'hommes et de femmes qui sont calomniés, qui sont persécutés, qui sont massacrés par Haine de Jésus : l'un est assassiné parce qu'il enseigne le catéchisme, un autre parce qu'il porte la Croix.
Dans tant de pays, on les calomnie, on les persécute, ce sont nos frères et sœurs qui souffrent en ce temps des martyrs »
, avait-t-il insisté.

Lors de la Prière du Regina Coeli du 14 Avril, devant 80.000 personnes, le Pape avait lancé un appel à prier pour tous ces Chrétiens persécutés et les soutenir dans leur détresse, insistant sur la force et le courage de leur témoignage et sur l’importance de leur faire sentir la solidarité du reste du monde.

Toute cette attention particulière du Pape pour les Martyrs d’aujourd’hui est résumée  dans ce tweet :
« Prions pour les nombreux Chrétiens souffrant de persécution et de violence dans le monde. Que Dieu leur donne le courage de la fidélité », publié sur son compte @Pontifex_fr, en écho au passage de l’homélie de la Messe de Canonisation  d’hier.

La Canonisation d’Antonio Primaldo et de ses compagnons martyrs (dont l’annonce est passée pratiquement inaperçue parce qu'elle avait été décidée par Benoît XVI et que la publication avait coïncidé avec l'annonce de sa renonciation), prend une résonnance particulière à un moment où les souffrances subies par tant de minorités Chrétiennes dans le monde semblent à leur paroxysme.

Insultes, calomnies, vexations, églises saccagées ou détruites, enlèvements, fuites en masses : c’est ce que nous lisons dans la presse au quotidien, en particulier en Syrie, à feu et à sang, où le conflit, après deux ans, ne semble pas vouloir baisser d’un cran, et aurait déjà fait près de 80.000 morts.

Actuellement est en cours un grand effort international et œcuménique visant à sauver la vie et à libérer les deux Métropolites syro- Orthodoxe et grec-Orthodoxe d’Alep enlevés dans le pays voici trois semaines, Gregorios Yohannna Ibrahim et Boulos al-Yazigi.

Ces Chrétiens qui sont souvent des « victimes oubliées » comme le père Michael Kayal, un jeune Prêtre de 27 ans, vivant à Alep, en Syrie, enlevé par des rebelles extrémistes Musulmans. Deux mois après sa disparition, on est sans nouvelles de lui, mais le monde n’en parle pas.

« La communauté Chrétienne n’a aucune issue, elle est encerclée », soulignait Mgr Georges Dankaye, recteur du Collège arménien de Rome et procureur de l’Église arménienne Catholique près le Saint-Siège, en commentant la situation sur place, ajoutant : « Elle se prépare pour le Martyre... nous ne le voulons pas, nous ne l’espérons pas; nous le craignons mais c’est comme ça ».

Selon plusieurs études publiées ces derniers mois (AED, Portes Ouvertes … ), les Chrétiens de toutes confessions sont les fidèles les plus persécutés dans le monde.
C'est notamment vrai dans le monde Musulman. Mais d'autres types de discriminations et de violences existent, par exemple d'extrémistes hindouistes à l'égard de la minorité Chrétienne en Inde. (cf. Aleteia 15 Avril 2013).

Dimanche, le Pape François a également Canonisé deux Saintes latino-américaines : la deuxième Sainte mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala (1878-1963) et la toute première Sainte colombienne,Laura Montoya (1874-1949), saluant en cette dernière « un instrument d’évangélisation d’abord comme enseignante, puis comme mère spirituelle des indigènes ».

Interrogé sur le fil commun qui relie ces Canonisations, le Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des Saints déclare : «  Il faut tout d’abord dire que ces 800 Martyrs ont sauvé l’Italie dans son identité Catholique et Chrétienne.
Il faut également souligner que les deux Sœurs sont latino-américaines (…) Canonisées par le Pape François, premier Pape latino-américain, signe supplémentaire d’encouragement à l’Église de ce continent, qui est appelée à exceller dans le témoignage Chrétien et dans l’expansion du Royaume de Dieu sur toute la Terre. »
(Osservatore Romano).




Sources:

Le Point : http://www.lepoint.fr/societe/francois-plus-de-martyrs-chretiens-que-dans-les-premiers-siecles-16-04-2013-1655501_23.php
Radio Vatican :http://fr.radiovaticana.va/news/2013/05/12/le_pape_fran%C3%A7ois_proclame_de_nouveaux_saints/fr1-691349
La Croix : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-a-canonise-ses-premiers-saints-2013-05-12-958850
L'Osservatore Romano : http://www.osservatoreromano.va/portal/dt?


Les martyrs d'Otrante nous interrogent
Danilo Quinto
23/12/2012

http://www.lanuovabq.it
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Il a été annoncé ces jours-ci qu'avec l'autorisation du Saint-Père, la Congrégation pour les Causes des Saints publiera un décret relatif au miracle attribué à l'intercession du Bienheureux Antonio Primaldo et ses compagnons, martyrs, tués le 14 août 1480 à Otrante.

A plus de 500 ans de distance, l'histoire de ces martyrs contient une grande leçon pour notre réalité actuelle.
Comme le rapporte Mgr Horace Gianfreda , dans son livre «Otrante dans l'histoire», en Juin 1480, Mehmed II lève le siège de Rhodes et dirige sa flotte vers la mer Adriatique. Dans la matinée du vendredi 29 Juillet 1480, depuis les créneaux des murs d'Otrante, on peut voir à l'horizon «l'armée du Croissant», forte de 90 galères, 15 barges, 48 galiotes (sorte de navire à rames, connu aussi sous le nom de demi-galère, puis, à partir du xviie siècle, un voilier. La galiote porte 2 mâts avec voiles latines et 16 rangs de rames, environ. Elle est utilisée par Venise comme par les barbaresques., avec 18000 soldats à bord)
Cf. fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d'Otrante.

Otrante avait été l'une des premiers ville des Pouilles à se convertir au christianisme. Les premiers groupes de moines à s'y installer subirent l'influence de saint Athanase, qui était peut-être passé par là au milieu du quatrième siècle, suivant les règles du monachisme oriental, Saint-Basile en particulier. Ils comprirent l'importance de la préservation et de la transmission des connaissances et à la fin du Xe siècle, ils créèrent une école, dans le monastère de San Nicola in Casole: quiconque voulait apprendre le grec ou le latin, pouvait rester dans l'abbaye et avait à sa disposition, et sans frais, le gîte, le couvert et un maître. La culture et la foi chrétienne, qui se répandirent ainsi dans la population, trouvèrent leur expression dans deux grands chefs-d'œuvre: la cathédrale d'Otrante, construite en seulement huit ans, entre 1080 et 1088 et, à l'intérieur de celle-ci, le grandiose sol en mosaïque. En 1095, précisément devant la cathédrale, l'évêque donna sa bénédiction aux 12 000 croisés d'Otrante, sous le commandement de Bohémond, partis libérer le Saint-Sépulcre aux mains des infidèles.

Près de 400 ans plus tard, la ville, avec la complicité de l'inertie des princes et des rois chrétiens, est assiégée par l'armée turque de Mehmed II. Ainsi s'accomplit la prophétie d'un grand saint, François de Paule , l'ermite de Paterno qui avait dit: «Ah, malheureuse ville, de combien de cadavres je te vois remplie! combien de sang chrétien doit être répandu au-dessus de toi».

Les Musulmans débarquent à quelques kilomètres de la ville, près de Roca et envoient à Otrante un interprète, qui propose une reddition avantageuse pour les citoyens: s'ils ne résistent pas, ils seront laissés libres, soit de rester sans subir de dommages, soit de s'en aller. L'un des anciens de la ville, le vieux Ladislas De Marco dit à l'interprète: «Si le pacha veut Otrante, il lui faudre le prendre par la force, parce que derrière les murs, il y a les poitrines des citoyens». Ce sont les citoyens qui devaient défendre leur ville, tout seuls, parce que la plupart des soldats pendant la nuit, avaient pris leurs jambes à leur cou.
Le siège dure 15 jours. Les Musulmans ouvrent une brèche dans l'un des points les plus faibles des murs, et entrent dans la ville. Ils massacrent tous ceux qu'ils rencontrent. Beaucoup se réfugient dans la cathédrale, mais celle-ci est attaquée et prise. Les Musulmans entrent dans le Temple.

Nous lisons dans la traduction italienne du «De Situ Japigia» de De Ferraris-Galateo (cf. it.wikipedia.org/wiki/Antonio_De_Ferrariis ) , dont la première édition a été publiée à Bâle en 1558: «Pendant la nuit précédent ce jour malheureux, l'archevêque Etienne [...] avait raffermi tout le peuple avec le sacrement de l'Eucharistie divine pour la bataille le lendemain matin, qu'il avait prévue. Les Turcs, «ayant rejoint l'archevêque qui était assis sur son trône vêtu des habits pontificaux et tenant la croix, lui demandèrent qui il était, et il répondit courageusement: «Je suis le recteur de ce peuple et indignement en charge des brebis du troupeau du Christ». Et l'un d'eux lui ayant dit: «cesse de désigner le Christ, Mehmed est celui qui règne à présent, pas le Christ», il dit, s'adressant à tous: «O misérable et malheureux, pourquoi vous fourvoyez-vous en vain? Puisque Mehmed, votre législateur, pour son impiété souffre en enfer avec Lucifer et les autres démons, vous lui valez un châtiment éternel; et vous aussi, si vous ne vous convertissez pas au Christ et n'obéisssez pas à ses commandements, vous serez de la même façon bannis avec lui, pour toujours». Il venait à peine de prononcer ces mots, que l'un d'eux saisit son cimeterre et, d'un seul coup lui trancha la tête; et ainsi décapité sur son trône, il est devenu un martyr pour le Christ en l'an du Seigneur 1480, le 11 Août».

Le 13 Août, le pillage accompli, le pacha demanda que lui soit présenté une liste de toutes les personnes faites esclaves, à l'exclusion des femmes et des enfants de moins de 15 ans: «Environ huit cents ont été présentés au Pacha, qui avait à ses côtés un misérable prêtre, originaire de Calabre, nommé Jean, apostat de la foi. Celui-ci employa toute son éloquence satanique afin de persuader nos saints qu'ils devaient abandonner le Christ, embrasser le mahométisme, certains des bonnes grâces d'Achmet, qui leur accorderait la vie, les biens et tous les avantages dont ils jouissaient dans leur patrie; sinon ils seraient tous tués. Parmi ces héros, il y avait un homme du nom d'Antonio Primaldo, un tailleur, d'un âge avancé, mais plein de foi et de ferveur. Au nom de tous, il déclara «croire tous en Jésus-Christ, Fils de Dieu, et être prêts à mourir mille fois pour lui». Et se tournant vers les Chrétiens, il dit ces mots: «Mes frères, jusqu'à aujourd'hui, nous avons combattu pour la défense de la patrie, pour sauver nos vies et pour nos seigneurs terrestres, à présent il est temps de se battre pour sauver nos âmes, pour le Seigneur, lequel étant mort pour nous sur la Croix, il convient que nous mourions pour lui, restant fermes et constants dans la foi, et avec cette mort temporelle, nous gagnerons la vie éternelle et la couronne du martyre».
À ces mots, tous se mirent à crier d'une seule voix et avec ferveur: «plutôt mourir mille fois, et de n'importe quelle mort que de renier le Christ».

A ces mots, le pacha, furieux, les condamne tous à mort. Le lendemain matin, «ces braves champions de la sainte foi avec la corde autour du cou et lses mains attachées derrière le dos, sont emmenés au col de Minerve tout proche. Avec l'humble attitude, avec l'air pieux et serein et la fréquente invocation les noms de Jésus et de Marie, ils faisaient d'eux-mêmes un glorieux spectacle à Dieu, et agréable aux Anges. Durant tout le trajet qui mème de l'antique port de mer au haut de la colline, résonnaient les saintes prières, avec lesquelles ces grandes âmes imploraient la grâce de consommer le sacrifice de leur vie. Ils se réconfortaient mutuellement en attendant patiemment le martyre, et c'était le père au fils, et le fils à son père, le frère à son frère, l'ami à l'ami, le camarade au camarade, avec une grande ferveur et avec une grande joie. Un turc importun tournait autour des chrétiens, avec à la main une table gravée de caractères arabes. L'interprète apostat la présentait à chacun et l'expliquait, en disant: Celui qui veut croire à cela aura la vie sauve, sinon il sera tué. Ils reprirent ensemble la profession de foi et la réponse généreuse donnée plus haut: ainsi le tyran ordonna qu'on leur tranchât la tête; le premier à avoir la tête coupé fut le vieux Primaldo, haï de lui car il n'en finissait pas de faire des disciples. En effet, dans ces derniers moments, avant de courber la tête sur la pierre, il disait encore à ses camarades qu'il voyait le ciel ouvert et les anges le réconforter; qu'ils soient fermes dans la foi, et regardent le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Il pencha le front, sa tête fut coupée, mais son buste se dressa, et malgré les efforts des bourreaux, resta immobile, jusqu'à ce que tous aient été décapités. L'événement merveilleux et étonnant aurait été une leçon de salut pour ces infidèles, s'ils n'avaient été rebelles à la lumière qui éclaire chaque homme qui vit dans le monde. Un seul bourreau, un nommé Berlabei, profita du miracle, et, se proclamant bruyamment chrétien, il fut condamné à la peine du pal».
Le 14 Août, veille de l'Assomption de Marie au Ciel, les corps de huit cents martyrs, torturés, sont étendus sur la colline de Minerve. Leurs restes sont conservés et vénérés dans la cathédrale d'Otrante.

Cette terrible et en même temps merveilleuse page de l'histoire de la foi fait partie de notre identité chrétienne. Elle indique avant tout une caractéristique essentielle de la condition de croyants: celle du témoignage, qui peut aller jusqu'au martyre. Un martyre «inhabituel» car il n'implique pas une ou plusieurs personnes, comme cela s'est produit en deux mille ans d'histoire des catholiques; c'est une ville entière qui s'est sacrifiée, à l'instar du vieux Primaldo, rassurant ses concitoyens et les invitant à être fermes dans la foi et à regarder vers le ciel déjà ouvert pour les recevoir. Les huit cents martyrs deviennent un seul corps, et il est remarquable que nous ne connaissons que le nom de Primaldo, comme pour dire qu'il s'agit d'un peuple entier, uni pour affronter l'épreuve. Ces martyrs - avec leur évêque, citant Lucifer, cela se faisait alors dans les églises (!!) - étaient conscients de leurs racines et de leur identité chrétienne. Ils sacrifient leur vie pour cette raison. Pour les défendre.
Ils ne sont pas attirés par la nouveauté de la «modernité» de cette époque, qui allait supplanter les principes et les valeurs antiques, ces principes mêmes qu'ils avaient appris à travers la culture et la foi des moines. Leur existence ne faisait qu'une avec leur foi et constituait leur identité. Ils auraient pu l'abjurer, mais cela serait devenu une vie dénuée de sens, parce que privée de son élément essentiel: l'amour pour leur Dieu, le Dieu des chrétiens.

Tous ceux qui aujourd'hui sont attirés par cet œcuménisme d'emprunt, ceux qui, a travers le leitmotiv du dialogue, et privés de la conscience de leur identité, parlent d'accueil et d'intégration, et - en chaire - demandent la construction de mosquées pour les musulmans, devraient lire et relire cette page d'histoire. Le thème est lié à celui de l'immigration, qui représente une question d'une portée formidable pour l'ensemble du monde occidental et de l'Europe en particulier, soumise ainsi au risque de son islamisation. Dans «Caritas in Veritate» (§ 62) Benoît XVI l'affirme: «C'est un phénomène qui impressionne par le nombre de personnes impliquées, les problèmes sociaux, économiques, politiques, culturels et religieux qu'il soulève, et les défis dramatiques qu'il pose aux communautés nationales et internationale (...) Il faut savoir conjuguer la solidarité et le respect de la loi, afin que ne soit pas bouleversée l'harmonie sociale et que l'on tienne compte des principes du droit et de la tradition culturelle et religieuse dont la nation italienne tire son origine».

L'exhortation du Pape est constamment ignorée dans notre pays et nous devons prendre acte de cette réalité. Nous avons tendance à respecter les cultures des autres, comme si cela voulait dire qu'il existe des droits et des obligations distincts pour les Italiens et pour ceux qui viennent d'autres pays, qui, selon certaines sentences de magistrats «créatifs», de plus en plus nombreux, auraient le droit de faire valoir, dans notre pays, leurs traditions, même si elles comportent le meurtre de leur fille quand elle est amoureuse d'un Occidental (allusion à un fait divers récent).

Seule une Europe consciente de son identité, peute réaliser un accueil et une intégration réels des femmes et des hommes qui sont de plus en plus nombreux à migrer sur son territoire, faisant respecter à ces personnes - comme c'est leur premier devoir - les lois des territoires choisis pour leur nouvelle vie. Si cette prise de conscience fait défaut, on risque de succomber, d'être submergé, d'effacer des milliers d'années d'histoire et de civilisation. D'anéantir notre mémoire, même de ceux qui sont morts pour affirmer cette identité, par exemple les 800 martyrs «anonymes» d'Otrante, ce matin en Août 1480.


http://benoit-et-moi.fr/2012(III)/articles/le-message-tres-actuel-des-martyrs-dotrante.php

OUI PRIONS POUR LA FRANCE ET NOS FRÈRES ET SŒURS DE TOUTES CONFESSIONS DANS LE MONDE POUR QUE LA PAIX VIENNE Y FAIRE SA DEMEURE. QUE DIEU NOUS BÉNISSE ET SOUTIENNE NOS EFFORTS DE SA GRÂCE INFINIE !
PÈRE, Ô PERE NOUS NOUS ABANDONNONS A TA SAINTE VOLONTÉ, NE PERMET PAS QUE TES ENFANTS AIENT LE CŒUR ET L'ESPRIT DIVISES PAR LA HAINE ET DES DÉSIRS DE VENGEANCE ; QUE TON AMOUR ET TA MISÉRICORDE EN NOUS AGISSENT POUR LE BIEN DE CHACUN. AMEN. ALLÉLUIA !


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mar 20 Jan 2015, 14:26


Ressources spirituelles 


Rien de plus concret que la patrie!


« Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons; ce sont des autels et des tombeaux; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’y a rien au monde de plus concret.

Le patriotisme n’est pas seulement un devoir. C’est un plaisir. « Pour ma part, disait Ulysse aux bons Phéniciens, je ne sais rien de plus agréable à l’homme que sa patrie. » Il le disait d’un pauvre rocher sur la mer. Comment parlerons-nous de la nôtre? En est-il de plus belle, plus digne d’être défendue? Qui, un jour se penchant dans l’embrasure d’une haute colline ou vers quelque vallon ouvrant sur le fleuve et la mer, ne s’est pas arrêté, suspendu, presque sidéré par un chœur imprévu de couleurs et de formes demi-divines ?…

La patrie est une société naturelle ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie – la terre de ses pères – que l’on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance. C’est avant tout un phénomène d’hérédité.

Les Français nous sont amis parce qu’ils sont Français; ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous; ils nous sont donnés par la nature… Rien ne serait plus précieux que d’avoir des Français unis par des liens d’amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs.

Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n’est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s’agit d’envisager ou de pratiquer le patriotisme; c’est la question de son être même, c’est le problème de sa vie ou de sa mort… Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu’ils sont vos père et mère, indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la patrie parce qu’elle est elle, et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu’elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l’honorerez. Votre patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté.

Le patriotisme n’a pas besoin d’un idéal, socialiste ou royaliste, pour s’enflammer; car il naît de lui-même, du sang et du sol paternels. Ce qu’il faut saluer, c’est le suprême sacrifice de la vie fait sur le sol qu’il s’est agi de défendre. Ce sol sacré serait moins grand, moins cher, moins glorieux, moins noble et moins beau si les Français de toute origine et de toute obédience n’y payaient pas en toute occasion nécessaire la juste dette de leur sang. Plus haut que l’armée et que le drapeau, plus haut que la plus fière conscience de la patrie, vit la patrie même, avec les saintes lois du salut public. Ce sont elles qui font consentir à de durs sacrifices pour défendre l’intégrité du reste et préserver son avenir. Qu’elle vive d’abord ! »






Charles Maurras, Votre bel aujourd’hui,
Paris, Librairie Arthème Fayard, 1953



Portrait des Français par l’un d’entre eux


« Sans doute, la fusion de plusieurs races puissantes, et dans le milieu le plus favorable, a-t-elle formé dans notre peuple une « harmonie rare et précieuse ». Contrée de climat modéré, où chaque région revêt un caractère propre mais complète ses voisines, où les bassins, drainés par des fleuves aux cours divergents et aux régimes dissemblables, communiquent entre eux par des seuils faciles, terre harmonieuse d’horizon, multiple de produits, variée de relief, la France a imprimé aux hommes qui l’habitent sa marque d’équilibre dans les nuances et d’union dans la diversité. Au surplus, l’Histoire y aida.

La conquête romaine, en donnant aux peuplades gauloises la même langue et les mêmes lois : le christianisme, en leur faisant accepter une morale identique, puis la monarchie, ouvrière d’unité, accrurent ce fonds indivis que balança tant d’efforts de rupture. Aussi, tout le long du temps, vit-on la race des Français réagir dans l’épreuve avec une extrême vigueur, se rassembler alors qu’elle est en pièces, se relever quand on la tient pour morte, bref opposer aux pires infortunes une résistance et comme un ressort incroyable et qui l’affermissent par l’obscure conscience qu’elle en a.

Mais, justement, l’échange facile des pensées et des sentiments, dans un peuple expansif et que tout centralise, ne laisse pas d’avoir pour revers la mobilité des impressions communes, phénomène d’induction nerveuse habituel aux foules et que notait déjà César : Gallorum subita ac repentina consilia… Des élans et des faiblesses également précipités, dans le dessein beaucoup de passion mais peu de constance, voilà notre fait. Surpris par le péril, nous l’acceptons d’enthousiasme, mais sans l’avoir préparé. Du moins lui opposons-nous une cohésion immédiate ? Non ! Chaque Français tient trop à son indépendance. Avant de se soumettre il en délibère, se lie aux autres seulement quand il le croit utile, fait ses réserves à l’égard de la hiérarchie.

La solidarité, la discipline, ont chez nous quelque chose de frémissant et de contenu, d’instable, qui rend l’action en commun inégale et malaisée. D’ailleurs, ce peuple doctrinal court à l’épreuve nouvelle tout bardé de principes. Le bandeau lui couvrant les yeux, il frappe à faux de grands coups, se prodigue à contresens, charge héroïquement les murs. Puis, déconfit, mais redressé par l’amour-propre, il se trouve face à face avec la réalité et lui arrache ses voiles. Alors il l’étreint, la domine, la pénètre, en tire tous les délices de la gloire. »






Charles de Gaulle, Vers l’armée de
métier, Paris, Berger-Levrault, 1934


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 21 Jan 2015, 15:43

Méditation
 

Le testament d’un roi


Cette année comme toujours depuis lors,
de nombreuses messes de requiem sont dites en France (et à l’étranger).

La tradition est d’y lire le testament du roi, texte magnifique empreint d’une profonde piété et d’un amour jamais mis en défaut pour la France et les Français.

Ce texte fut distribué par les révolutionnaires pour montrer « la superstition du citoyen Capet ». Quelques jours plus tard, ils devaient arrêter chaque Français en sa possession, car le texte eut l’effet inverse de celui escompté… il devenait une relique !



En ce jour anniversaire de la mort de Louis XVI, prions pour notre pays afin qu’il puisse puiser dans les flots de la miséricorde divine de quoi se réconcilier avec Dieu et avec lui-même.


Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit.
Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze.

Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser.

Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

« Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

« Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

« Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique.
Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de coeur.

Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
« Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

« Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

« Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
« Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité.

Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

« Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

« Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

« Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

« Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

« Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

« Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

« Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur coeur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

« Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

« Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple le 25 décembre 1792.
Louis XVI






Louis XVI, testament rédigé le jour de Noël 1792
à la prison du Temple

Illustration: peinture par Joseph-Siffrein Duplessis (1776)




Louis XVII, Roi de France, enfant et martyr.


Le 27 mars 1785, la reine Marie-Antoinette donne à Louis XVI un troisième enfant, un fils que le roi prénomme Louis-Charles. Le petit prince portera également le titre de duc de Normandie. Sa naissance est fort attendue pour assurer l’avenir de la dynastie. Bien que Louis-Charles n’est que le second fils du couple royal, son aîné le dauphin Louis-Joseph est de santé fragile et depuis ses 4 ans, il grandit mal. Couramment appelé Charles, le duc de Normandie est également surnommé « Chou d’amour » par sa mère, Marie-Antoinette, qui adore ses enfants. Le jeune prince lui rend bien son amour en cultivant des roses pour elle. Le 4 juin 1789, après une longue agonie, son frère aîné s’éteint, victime de la tuberculose. Le duc de Normandie devient dés lors dauphin de France. L’année 1789 est une période qui vient bouleverser la vie tranquille de Louis-Charles à Versailles : dans la nuit du 5 au 6 octobre, des insurgés franchissent les grilles du palais et Marie-Antoinette manque d’être assassinée. La famille royale doit quitter Versailles pour Paris où elle s’établit –de force- au palais des Tuileries. Malgré son jeune âge, le dauphin est conscient de la situation. C’est un enfant intelligent qui voit son monde s’écrouler, sa mère pleurer, son père se refermer sur lui-même. La première réaction de Louis-Charles en arrivant au Tuileries sera « Maman, comme tout est laid ici ! ». Il faut dire que le palais n’a pas été préparé à recevoir des occupants et que les meubles les plus nécessaires manquent. Le lendemain, l’enfant demandera à Marie-Antoinette « Maman, est-ce qu’aujourd’hui sera encore comme hier ? ». Aux Tuileries, le dauphin et sa sœur aînée Madame Royale sont la consolation de la reine qui ne semble plus vivre que pour ses enfants. La reine écrivit à la duchesse de Polignac « Si je pouvais être heureuse, je le serais par ces deux petits êtres. Le Chou d’Amour est charmant et je l’aime à la folie… ».

Le 20 juin 1791, la famille royale s’enfuit pour gagner Montmédy et rejoindre le général de Bouillé. Le dauphin, déguisé en fille, pense qu’il s’agit là d’un « comédie ». On connaît la suite, Louis XVI et les siens sont reconnus et arrêtés à Varennes. Avant de repartir pour la capitale, Louis-Charles et sa sœur Marie-Thérèse dorment un peu dans une auberge. Là, une vieille femme née sous le règne de Louis XIV s’agenouillera devant le lit du dauphin pour embrasser sa petite main et pleurer devant ce qu’elle considère comme un crime de lèse-majesté. Le lendemain, c’est un loin et pénible retour vers Paris. La foule gronde autour du carrosse, la reine est insultée, le peuple crache à la figure du roi et certains n’hésitent pas à clamer que le petit Louis-Charles n’est pas le fils « du gros Louis » mais celui de Fersen, prétendu amant de Marie-Antoinette. La situation est traumatisante pour le petit prince. Le 10 août 1792, les sans-culottes envahissent les Tuileries. La famille royale est transférée « pour leur sécurité » au Temple dans un donjon de quatre étages le 13 août. Tandis que la reine, Madame Royale et Madame Elisabeth –sœur de Louis XVI- s’établissent au troisième étage, le dauphin et le roi s’installent au deuxième. Louis-Charles passe d’une vie de luxe à une vie plutôt bourgeoise en famille. Son père lui enseigne le latin, le français, les mathématiques et la géographie. Il distrait également son jeune fils de son mieux. Le 11 décembre, alors que Louis XVI joue au siam avec le dauphin, ce dernier ne parvient pas à dépasser le chiffre seize et déclare « je chiffre seize ne me porte pas chance »…pauvre roi ! C’est ce jour là que commence le procès de Louis XVI. Louis-Charles quitte alors son père pour vivre désormais auprès de sa mère, sa sœur et sa tante.

Le 20 janvier, le roi qui vient d’être condamné à mort, fait des adieux déchirants à sa famille. Prenant son fils sur ses genoux, Louis XVI lui fait jurer de ne jamais chercher à venger sa mort. Le dauphin promet, les larmes aux yeux. Il se jettera ensuite aux pieds des municipaux en les suppliant de lui permettre d’aller demander pardon « aux messieurs des sections de Paris pour obtenir que son papa ne meure pas ». Le lendemain matin, Louis-Charles refuse de manger. A 10h20, les bruits de tambours et les « vive la République » annoncent la mort de Louis XVI. Au Temple, Marie-Antoinette salue alors son fils du titre de roi. Pour les royalistes, Louis-Charles est désormais le roi Louis XVII. Les cours étrangères reconnaissent également l’enfant comme le roi de France : la Grande-Bretagne, la Sardaigne, l'Espagne, l'Autriche, la Prusse et même les États-Unis d'Amérique. En Russie, Catherine II ordonne que tous les français se trouvant dans son pays reconnaissent Louis XVII comme leur roi sans quoi ils seront expulsés. A l’étranger, le comte de Provence –futur Louis XVIII- reconnaît également son neveu comme le roi de France. Désormais au Temple, Louis XVII a la préséance sur les dames de sa famille qui par exemple, le servent en premier aux repas. Cette situation inquiète les républicains. Ils conviennent qu’il faut faire de l’enfant un « citoyen » et le 3 juillet, à 10 heures du soir, on arrache Louis XVII à sa famille. Pendant une heure, Marie-Antoinette va s’interposer entre son fils et les municipaux. Ces derniers menacent alors de tuer les deux enfants de la reine. Marie-Antoinette embrasse Louis qui ne cesse de pleurer et le laisse partir. L’enfant est confié au cordonnier Antoine Simon et à son épouse. Pendant deux jours, Madame Royale entendra son petit frère pleurer. Puis, Louis-Charles se console grâce notamment aux attentions de Marie-Jeanne Simon qui s’occupe fort bien de l’enfant. Marie-Antoinette pourra apercevoir son fils à travers une petite ouverture lorsque celui-ci se promène dehors. Elle guette parfois des heures pour le voir quelques instants.

Sur la demande du révolutionnaire et homme politique Jacques-René Hébert, Simon s’applique à faire du « louveteau » un parfait sans-culotte. Il lui enseigne des chants révolutionnaires et un jour qu’il entendait du bruit dans la tour du Temple, Louis-Charles dira même « est-ce que ces putains-là ne sont pas encore guillotinées ? »…il parlait de sa mère, sa sœur et sa tante ! Un jour que Simon surprend Louis-Charles à faire un geste « nuisible à sa santé », Hébert se saisi de l’occasion pour parler d’inceste entre Marie-Antoinette et son fils. L’enfant doit signer une déclaration dont il ne comprend probablement pas un mot. Il signe « Louis-Charles Capet » d’une écriture tremblante. Soit l’enfant a hésité, soit on l’a faire boire. Le 7 octobre, le jeune garçon est confronté à sa tante puis à sa sœur. Il confirmera, néanmoins de façon peu sûr de lui, que sa mère et sa tante ont commis l’inceste avec lui, le faisant dormir entre elles deux. Devant ces déclarations, Madame Elisabeth est effondrée. Louis-Charles signe ensuite le documents relatant l’entrevue d’une écriture maladroite, hésitante, oubliant jusqu’au « p » de « Capet ». Sans le savoir, il vient de participer à la condamnation à mort de sa mère, donnant là des arguments de forces aux accusateurs. Le 16 octobre, alors que Marie-Antoinette monte sur l’échafaud, on sait que Louis-Charles « riait aux éclats avec les municipaux ». Il ne saura jamais que sa mère est morte. Brutalement, le 19 janvier 1794, le fils de Louis XVI est retiré à Simon qui doit quitter son poste de « précepteur du fils Capet ». Du 30 janvier au 27 juillet ( 9 Thermidor) plus personne n’entrera dans la chambre de Louis-Charles qui est totalement isolé du monde. Madame Elisabeth et Madame Royale qui n’entendent plus l’enfant sont même persuadées qu’il a quitté le Temple.

Louis XVII est véritablement emmuré dans une pièce sans fenêtres où on lui passe de maigres repas à travers une petite ouverture. Il n’a aucun contact avec l’extérieur. Enfin, après la chute de Robespierre, six mois après le début de ce terrible enfermement, Barras pénètre dans la chambre de l’enfant. Louis-Charles est recroquevillé dans un lit trop petit pour lui, il est conscient mais ne parle pas. Il est visiblement très mal en point et semble avoir des douleurs à la tête et aux genoux. Ces vêtements sont également trop petits. Dans toute la pièce, des ordures se sont accumulées depuis des mois rendant l’air irrespirable. On tente de mettre l’enfant debout pour qu’il marche, il hurle de douleur et on doit le recoucher. Dans ces conditions de vie plus que déplorable, inhumaine, Louis XVII ne dormait et ni mangeait beaucoup. Dés lors, le régime que subissait l’enfant s’améliore un peu : les repas sont meilleurs, la chambre est munis de carreaux, un médecin vient voir le malade. Deux gardiens s’occupent de lui : Laurent –qui sera remplacé plus tard par un certain Lasne - et Gomin. En revanche, on refuse de le faire sortir même pour aller dans le jardin et pourtant on a diagnostiqué que l’air ferait du bien au petit Louis XVII. Si sa tante a été guillotinée en mai, sa sœur Marie-Thérèse est toujours au Temple. Là encore pas question que la jeune fille voit son frère ; on la laisse dans une ignorance totale du sort de Louis-Charles. Au début du mois de juin, Louis XVII est souffrant et son état s’empire brusquement le 8 juin 1795 vers 2 heures du matin. On envoie chercher le médecin Pelletan qui a vu l’enfant quelques jours auparavant. Louis-Charles souffre de sueurs froides et de coliques violentes. Il décède à 3 heures du matin dans les bras de Lasne probablement d’une péritonite tuberculeuse. Ainsi s’achève la vie de Louis XVII qui commença comme un conte de fée à Versailles et qui a bien vite déchanté pour se terminer dans un véritable enfer. Les révolutionnaires se servirent de cet enfant contre sa propre mère pour ensuite l’oublier, l’abandonner, le laisser mourir ne sachant pas très bien quoi en faire. Il ne leur était plus d’aucune utilité et constituait plutôt une gêne qu’autre chose. Le comité a fait donner à Louis XVII une mort bien pire que celles de ses parents : une mort lente et misérable dans l’ombre de tous.


Source http://www.histoire-et-secrets.com



LYS

Symbole de royauté,la fleur de lys est généralement associée à la royauté française. Pourtant, lorsqu'on y regarde de plus près on la retrouve aussi ailleurs.

Contrairement à ce que l'on pense généralement, la fleur de lys n'a pas pris son origine en France, mais plutôt en Égypte, où elle ornait plusieurs monuments et objets d'art égyptien. Dans ce pays, cet emblème floral distinguait les dieux et les souverains, car il représentait le double pouvoir spirituel et royal. Osiris, Isis et Horus en étaient couronnés et cet emblème se retrouvait souvent sur le front des statues et des sphinx.

Mais, ce qui est curieux c'est que lorsqu'on regarde son utilisation sur les divers blasons, drapeaux et étendards des diverses royautés, on remarque une certaine progression.

C'est le symbole utilisé dans le scoutisme et longtemps j'ai porté épinglé à la poche de ma chemise un badge avec ce symbole, tel que celui-ci :




Mon âme de scoute me donne la nostalgie de servir "le Royaume de France" et non une République. Cependant j'obéis aux circonstances présentes et je respecte le choix de "la majorité". Comme nous le dit Notre Seigneur : Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" !

Que Dieu bénisse la France, la République française donc mais aussi la famille royale de France qui est la descendance de ce Roi si touchant qu'était Louis XVI !





Dernière édition par Etoile Bleue le Jeu 22 Jan 2015, 23:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Jeu 22 Jan 2015, 17:42


Ressources spirituelles 


Croyons-nous en la puissance de la prière?

« Dieu veut notre salut ; mais pour notre plus grand bien, il veut nous voir sauvés en vainqueurs. Durant notre existence terrestre, nous aurons à vivre une guerre continuelle. Pour nous sauver, il nous faudra combattre et vaincre. Sans la victoire, nul ne pourra ceindre la couronne dit saint Jean Chrysostome. Nous sommes faibles ; nombreux et puissants sont nos ennemis ; comment leur tenir tête et les terrasser ? Prenons courage ; comme l’Apôtre, chacun doit se dire : Je puis tout en Celui qui me fortifie (Ph 4,13). Tout est possible avec la prière ; par elle, le Seigneur nous donnera cette force qui nous fait défaut. La prière est toute puissante; à elle seule, elle peut tout obtenir. Et saint Bonaventure dit : Par la prière, on s’assure l’acquisition de tout bien et la préservation de tout mal. D’après saint Laurent Justinien par l’emploi de la prière nous nous bâtissons une tour très solide où nous trouverons défense et sécurité contre toutes les embûches et violences de nos ennemis.

Les puissances de l’enfer sont redoutables, mais la prière, dit saint Bernard, est plus forte que les démons. Oui, parce que, par la prière, l’âme acquiert le secours divin qui surpasse toute puissance créée. David, dans ses craintes, ranimait ainsi son courage : J’appellerai le Seigneur à mon aide et je serai délivré de tous mes ennemis (Ps 18,14).

En somme, dit saint Jean Chrysostome, forte armure, la prière est une défense, un port et un trésor. La prière est une arme capable de briser tout assaut du démon ; une défense qui nous préserve de tout danger; un port qui nous abrite contre toute tempête; en même temps, un trésor qui nous pourvoit de tous les biens. »






Saint Alphonse de Liguori (1696-1787),
Le grand pouvoir de la prière, Paris,
le Laurier,2010, p. 38-39



Prière universelle pour la France

La Conférence des évêques de France a proposé une « prière pour la France » aux paroisses pour des célébrations du l5 août en 2012 :

Texte de la prière :

Frères et sœurs, en ce jour où nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, présentons à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, nos prières confiantes pour notre pays.

En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l’avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu’il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.

Pour celles et ceux qui ont été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières et qu’ils aient la force de suivre les indications de leur conscience.

Pour les familles ; que leur attente légitime d’un soutien de la société ne soit pas déçue ; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l’engagement des époux l’un envers l’autre et envers leurs enfants soit un signe de la fidélité de l’amour.

Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère.

Seigneur notre Dieu, nous te confions l’avenir de notre pays. Par l’intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et à l’épanouissement de notre jeunesse grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.



GRANDE PRIERE POUR UNE NOUVELLE PENTECÔTE D'AMOUR


Prière de Louange, d'Action de Grâce, de Repentance, d'Intercession
et de Consécration pour la France en vue d'une nouvelle Pentecôte d'Amour


Père Tout Puissant et plein d’Amour, nous te louons et nous te bénissons par Jésus ton Fils notre Sauveur et Rédempteur, par l’Esprit Saint, qui prie en nous « par des gémissements ineffables » afin que nous te servions filialement dans la Joie, la Paix et la Confiance.

Nous voulons te louer, te bénir et te rendre grâces Sainte Trinité, pour la multiplicité de tes dons dans nos âmes et dans nos vies. Nous voulons te rendre gloire pour le don suprême de l’Eucharistie par lequel la vie divine vient demeurer en nous, transfigurant notre nature humaine, avant-goût du ciel sur la terre. Nous te rendons gloire Père, car par Jésus nous recevons la gloire que tu Lui as donnée. « Pour moi, je leur ai donné la gloire que Tu m’as donnée, pour qu’ils soient un, comme nous sommes uns : Moi en eux, et Toi en Moi, pour qu’ils soient parfaitement un, et que le monde croit que c’est Toi qui m’as envoyé, et que Tu les as aimés comme Tu m’as aimé » (Jean 17, 22-23). Tu nous as fait, Seigneur, pour être une éternelle louange à ta gloire. Tu connais, Seigneur, toute notre nature, et la nôtre demeure pécheresse mais par la grâce surnaturelle de l’Esprit Saint, Tu nous conduis vers la sainteté, il nous suffit de dire comme Marie « Oui », Fiat.

Aujourd’hui que notre Fiat devienne Magnificat. Tu es fidèle Dieu dans tes dons ; ton Alliance est de toujours à toujours, et ta Miséricorde renouvelle sans cesse ta vie divine en chacun de nous lorsque nous nous écartons de ta Sagesse. Mais, hélas, nous avons abandonné tes commandements, nous nous sommes jetés dans l’iniquité, plus que les générations passées. Notre nation s’est détournée de ton appel, de sa vocation, des promesses de son baptême.

La Fille aînée de l’Eglise est devenue une rebelle, une courtisane aux mille amants, mais ton prophète nous dit : « car voici ce que dit le Seigneur, le Saint d’Israël. C’est dans la conversion et le calme qu’est votre salut, c’est dans le repos et la confiance que réside votre force… C’est pourquoi le Seigneur est impatient de vous faire grâce. C’est pourquoi Il se lève pour vous faire miséricorde, car le Seigneur est un Dieu juste : heureux ceux qui espèrent en Lui ». (Isaïe 30, 15-18). Aussi aujourd’hui nous sommes dans la joie parce que nous sommes remplis de cette Espérance que toi-même mets dans nos cœurs, en nous mettant à genoux devant Toi, ô Père tout Puissant, nous voulons implorer ta Miséricorde pour la multitude de nos péchés, ceux de nos frères, ceux de notre nation.

Que l’Esprit Saint nous obtienne une vraie contrition de nos fautes, de celles de notre nation consacrée au Cœur Immaculé de Marie et en attente d’être consacrée à Ton Cœur Sacré. De ce Cœur coulent des fleuves d’Eau Vive qui lavent « ton enfant rebelle ». « Je te fiancerai à Moi pour toujours, je te fiancerai à Moi par la justice et le droit, l’amour et la tendresse. Je te fiancerai à Moi par la fidélité et tu connaîtras le Seigneur » (Osée 2,21-22). Reçois Père l’offrande des Plaies de Jésus, en réparation de toutes nos offenses, pour la guérison de nos âmes et de l’âme de notre pays ! « Pourquoi ces nations en tumulte, ces peuples aux projets stupides, ces rois de la terre qui se groupent, ces grands qui conspirent entre eux contre le Seigneur et son Messie ? Et c’est vrai : on a conspiré dans cette ville ("dans notre pays") contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, que Tu as consacré comme Messie. Et maintenant Seigneur sois attentif à leurs menaces, donne à ceux qui Te servent d’annoncer ta parole avec une parfaite assurance. Etends donc ta main pour guérir les malades, accomplis des signes et des prodiges par le Nom de Jésus, ton Saint, ton Serviteur » (Actes 4, 25-31). Pour nous nous préférons « obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29) :


Avec des cœurs emplis de louange, de confiance et d’action de grâces nous osons avec la force de la Foi, supplier l’Esprit Saint et implorer ta Miséricorde :

1. Que l’Eglise vive de la Vérité. Là où tes yeux la voient corrompue, affaiblie, nous Te supplions de la purifier, de la relever, de l’unifier. Kyrie eleison.

2. Pour tous les manques d’Amour au cœur de l’Eglise à cause de l’endurcissement de nos cœurs, de notre étroitesse d’esprit face aux différentes familles spirituelles, pour les grâces que nous voulons nous approprier pour être les meilleurs, nous poussant au jugement, et à nous comparer entre frères, sans tenir compte de ta Sagesse et de ton Amour, pour ces divisions fraternelles qui transpercent ton Cœur de Père et retardent l’Unité nous implorons ton Saint Esprit : Christe eleison.



Nous implorons ta Miséricorde pour les péchés du monde et plus spécialement pour notre nation, Fille aînée de l’Eglise :


1. Pour toutes les lois iniques qui s’opposent à ta Sagesse, à ton Amour, parce que dans son orgueil notre nation a décidé de vivre sans Toi : pour cet orgueil, pour cette rébellion nous implorons une grâce de Lumière et attendons tout de ta Miséricorde. Kyrie eleison.

2. « Jésus répondit : tu n’aurais aucun pouvoir sur moi s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jean 19, 11). Parce que toute autorité, tout pouvoir ne peut venir que de Toi, Père du ciel et de la terre, notre nation, en place d’une saine laïcité, fait de la laïcité une loi absolue sans référence à Jésus Christ, l’unique, seul et vrai Roi, nous implorons ta Miséricorde : Christe eleison.

3. Toi, Jésus tu nous as dit : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent » (Luc 16, 13), et l’apôtre Paul nous enseigne : « car la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent » (1 Tim 6, 10). Aujourd’hui le monde, chaque nation (la nôtre) est dominé par l’amour de l’argent qui défigure l’homme, le travail, l’économie ainsi ce « veau d’or » écrase la dignité de la personne humaine et devient source de conflits entre les hommes. Viens éclairer, Père, par ton Saint Esprit nos cœurs et nos intelligences pour nous arracher « à cette ruine et à ces tourments », que l’argent soit au service de l’homme selon ton plan et non l’homme au service de l’argent, nous t’en supplions. Kyrie eleison.

4. « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia » (Gn 2, 3). Pour tous ces dimanches, jour de bénédictions où l’homme, dans son aveuglement, choisit délibérément de travailler, au lieu de te rendre grâces et de te glorifier, nous implorons ton pardon. Christe eleison.

5. « De sorte qu’ils ne sont plus deux mais une seule chair. Donc ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10, 8-9). Seigneur tu as fait le mariage pour le bonheur des hommes et des familles. Tu vois comme nous justifions notre infidélité en appelant bien ce qui est mal, au point que nous avons légalisé le divorce jusqu’à le faciliter. Viens au secours des foyers brisés. Donne ta lumière, ta force et le courage de voir clair pour comprendre ta Volonté et le courage de saisir le secours que tu veux nous donner. Nous implorons ton pardon : Kyrie eleison

6. Père, pour ces lois abominables légalisant le concubinage et le Pacs, qui s’opposent à la splendeur de l’Amour vrai dans le seul mariage entre un homme et une femme, accueilli et donné, à l’image de ton Amour éternel, nous implorons, pour ces victimes, ta Miséricorde : Christe eleison

7. Père, pour cette loi contre-nature qui normalise l’homosexualité, bafouant ainsi le grand don de la sexualité que tu fais à l’homme et à la femme en vue de leur fécondité afin qu’ils soient procréateurs avec Toi, donne la lumière aux législateurs, et la force aux victimes tombées dans ce vice infâme, pour accueillir ta Volonté, car tu as compassion de ces enfants assoiffés d’Amour. Nous avons Foi en ta Puissance miséricordieuse, guérissante, et pour cela nous implorons ton pardon : Kyrie eleison.

8. « Tu garderas les observances du Seigneur… tu observeras ses commandements, ses décrets et ses préceptes, et ses enseignements… ainsi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras » (1R 2, 3). Seigneur, au lieu d’observer tes ordres et tes commandements, la corruption érigée en principe de liberté et en loi s’est infiltrée partout, appelant bien ce qui est mal (« fornication, débauche, gloutonnerie, adultère, union libre, contraception, homosexualité, drogue destructrice… »), et intolérable ce qui est bien. Dans notre aveuglement, nous nous opposons à cette loi d’Amour inscrite au cœur de l’homme et nous avons légalisé ces comportements par des lois, abusant ainsi des millions d’innocents, pour en faire « le nouveau bien » de l’homme indépendant, coupé de ta Lumière et de ton Amour. O Père, pour toutes ces offenses et blessures faites à ton Amour, et pour ceux qui dans leur aveuglement incitent à poser ces actes, nous implorons, en nous humiliant, ta Miséricorde : Christe eleison.

9. « Tu ne tueras point » (Dt 5, 17). Seigneur, nous n’avons pas protégé la vie des enfants dans le sein maternel. Pour ces petits sans défense, pour ces Papas et Mamans, trompés par ces lois criminelles autorisant l’avortement et la contraception, afin que ton Amour et ta Miséricorde les relèvent et les restaurent, car tu ne condamnes pas tes enfants, mais tu les invites à la conversion, à « renaître d’en haut ». Pour ce péché contre la vie qui est sacrée, nous implorons ton Infinie Miséricorde : Kyrie eleison.

10. Seigneur, la personne humaine n’est plus reconnue comme digne de vivre, elle qui est faite à ton image et ta ressemblance, reflet de ta splendeur, dés lors qu’elle présente un handicap. Pour ces êtres rejetés par l'eugénisme embryonnaire, pour l’euthanasie appelée « une mort digne », nous implorons ta Miséricorde : Christe eleison.

11. « A l’image de Dieu Il le créa, homme et femme Il les créa. Dieu les bénit. Soyez féconds, dit-il, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 27-28). Seigneur, c’est Toi qui donnes la vie, « qui nous façonnes dans le sein de notre mère, qui nous appelles par notre nom ». Pour tous ces enfants créés par la « volonté et la chair de l’homme », pour le non-respect des enfants conçus en dehors du sein maternel (fécondation in vitro), pour ces enfants congelés, pour ceux massacrés sur l’autel de la science (clonage), pour les parents trompés par ces nouvelles normes, appelées lois bioéthiques, nous implorons ta Miséricorde : Kyrie eleison.

12. Dieu, Toi qui es Père et as tout créé par Amour, Tu nous as donné une terre riche à soumettre et une création à explorer en Te rendant grâces. Parce que nous rejetons cette nature en prétendant faire une œuvre supérieure à la tienne, ne la respectant pas, la polluant, en l’exploitant sans référence aux lois d’équilibre et de sagesse que Tu as inscrites en elle, n’y voyant qu’une source de profit insatiable, nous reconnaissons nos torts et implorons, Père tout Puissant, ta Miséricorde : Christe eleison.

13. « Le diable L’emmena (Jésus) encore sur une haute montagne et Lui montra tous les royaumes du monde avec leur opulence : tout cela, lui dit-il, je Te le donnerai, si Tu Te prosternes pour me rendre hommage » « Arrière, Satan, lui dit alors Jésus, car il est écrit : « tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que Lui seul (Dt 6, 13) ». (Mat. 4, 8-10). Seigneur Dieu, nous te demandons pardon pour tous les efforts qui nous poussent à l’adoration matérialiste de la créature au lieu du Créateur, pour l’individualisme, pour le culte idolâtre du corps et de la personne humaine, pour la plupart des moyens médiatiques qui érigent « le pain, les jeux, le sexe » en divinités pour combler nos appétits, pour tous ces choix de mort. Père nous implorons, dans la confiance, ta Miséricorde : Kyrie eleison.

14. Seigneur, « en raison du lien qui, dans le Corps mystique nous unit les uns aux autres… nous tous portons le poids des erreurs et des fautes de ceux qui nous ont précédés » (Jean Paul II). Afin que nos mémoires soient purifiées par ta grâce, c’est dans la Foi et l’humilité que nous implorons ta Miséricorde : Christe eleison.

15. Nous voyons, Père, dans toutes ces situations la responsabilité de nos propres péchés. Par le Sang de Jésus qui nous purifie et nous sanctifie, par l’Esprit Saint qui renouvelle en nous la Foi, l’Espérance et la Charité, nous crions vers Toi : « Abba, aie pitié de nous ». Kyrie eleison.

16. « Bénissez ceux qui vous persécutent, souhaitez-leur du bien et non du mal » (Rom 12, 14). Seigneur, par ces paroles de l’apôtre, nous disons pour ceux qui nous haïssent à cause de ton Nom et qui Te haïssent Toi, Dieu Sauveur et Rédempteur : qu’ils tombent maintenant, là où ils sont, sous tes bénédictions dans l’adoration à genoux devant ton trône. O, adoramus te Domine (3 fois).



Maintenant nous voulons te bénir parce que Toi Jésus, Tu nous as donné Marie pour Mère alors que tu expiais pour chacun de nous et pour nos péchés sur la Croix. C’est par la prière de Marie, et avec elle, que nous voulons prier pour hâter ton retour, en mémoire de ce qui advint à Cana : « Et le troisième jour il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était… Ils n’ont plus de vin. Et Jésus lui dit : que Me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. Sa mère dit aux servants : « faites tout ce qu’Il vous dira ». (Jean 2, 1-5). En suivant Marie et par Elle, nous voulons consacrer la France, Fille aînée de l’Eglise, à l’Amour de Dieu. Que chacun de nous dise en son cœur, qu’il soit couché debout, au travail, au repos :

1. « Jésus, je T’aime et je consacre la France à ton Amour. Ainsi chacun étant la France, chacun ainsi consacre la France à travers chacun » (Petit Marcel Van).

2. Oui Seigneur, que le Saint Esprit descende sur chacun de nous et fasse de nous des témoins de ton Amour, de ta Miséricorde afin que nous soyons Lumière, Espérance et Paix dans ce monde qui agonise.

3. Que ta Gloire, alors que nous veillons avec Marie au Cénacle, descende sur chacun de nous, de sorte que plongés dans ce Fleuve d’Amour, le monde croie que Tu es, Toi Jésus, notre seul Sauveur et Rédempteur, et que cette nouvelle Pentecôte d’Amour annoncée par ta servante Marthe Robin (1936), par notre Bienheureux Pape Jean XXIII, et ses successeurs, enflamme le monde comme Tu nous l’as annoncé : « Je suis venu apporter le Feu sur la terre et combien je voudrais qu’Il brûle » (Luc 12,49). Amen ! Maranatha ! Viens Seigneur Jésus



Source principale : http://notredamedesneiges.over-blog.com/categorie-478016.html


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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 31 Jan 2015, 16:51

Méditation du Père Serge-Thomas Bonino



On connaît l’apostrophe de saint Jean-Paul II :  « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » On prête moins attention à ce qui suit : « France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? » Cette Sagesse éternelle est le Fils, le Verbe, le Logos, c’est-à-dire la Pensée divine personnelle qui a présidé à la création, lui conférant ordre, beauté et intelligibilité. C’est cette même Sagesse qui, à la plénitude des temps, a pris chair dans le sein de la Vierge : Jésus-Christ, « en qui se trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 2, 3). Il est la Clé pour comprendre en profondeur le monde et l’histoire des hommes.

L’alliance, par la foi et l’amour, avec la Sagesse éternelle est féconde.  Elle est « source d’une vraie culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme » (Jean-Paul II). La culture en effet n’est pas la négation de la nature humaine mais son humanisation progressive. Elle « cultive » et fait fructifier les biens et les valeurs de la nature humaine. Or cette humanisation intégrale passe par la divinisation. On n’est jamais plus humain que lorsqu’on est plus chrétien, car la grâce guérit la nature blessée et la porte à sa perfection. Comme l’a admirablement exposé Benoit XVI aux Bernardins, « ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable ». L’accueil de la Parole de Dieu engendre une culture et promeut un véritable humanisme, dont tant d’œuvres théologiques, philosophiques, littéraires et artistiques, portent témoignage dans l’histoire de France.

En particulier, la Parole de Dieu suscite en qui l’accueille un dynamisme qui le met sous tension et mobilise toutes ses ressources en vue de mieux comprendre ce qu’il croit. Cette intelligence de la foi trouve dans la théologie sa forme systématique et rationnelle. « Dis, qu’est-ce que c’est Dieu ? », demandait Thomas d’Aquin enfant. Le désir de répondre à cette question est le ressort qui a soutenu son immense effort pour assimiler de façon critique tout le savoir de son temps et le mettre au service d’une meilleure intelligence de la foi. Le désir de connaître Dieu a ainsi engendré un développement culturel hors pair.

Le souci de la fécondité culturelle de la foi est essentiel à la vocation chrétienne de la France. Au Moyen Age, la Chrétienté reposait sur trois piliers : le sacerdotium (autorité religieuse), l’imperium (autorité politique) et le studium (autorité intellectuelle). Or si le sacerdotium a son centre à Rome et l’imperium quelque part dans le Saint-Empire romain germanique, le studium est vu comme l’apanage de la France. A l’heure où se formait l’esprit des nations, la France apparait comme la nation qui se définit par son rayonnement culturel. Ainsi, le pape Grégoire IX, en 1231, désignait l’Université de Paris comme la « mère des sciences, comme une autre Cariath Sepher (cité des lettres), qui brille d’un éclat précieux », et Eudes de Châteauroux († 1273), qui en fut chancelier, la décrit comme « le moulin dans lequel tout le froment de Dieu est moulu pour la nourriture du monde entier ; il est moulu par les leçons et les discussions des maîtres. Paris est le four et la cuisine dans lesquels le pain du monde tout entier est cuit et la nourriture de ce monde préparée ».

Mais qui dit culture ne dit ni folklore ni culte jaloux des particularités. Certes, toute culture s’enracine dans une histoire particulière mais elle est par nature ouverte à l’universel. La France est « éducatrice des peuples » non parce qu’elle leur imposerait ses particularités culturelles mais parce que le contact avec la culture chrétienne française peut aider d’autres cultures à laisser s’épanouir en elles les valeurs universelles –  le vrai, le juste, le bien – qu’elles contiennent en germe.

Aujourd’hui le petit troupeau des chrétiens de France hérite de cette haute vocation. Si réduites que soient ses forces, il ne peut renoncer à cette responsabilité en se réfugiant dans une foi toute sentimentale. Appuyé sur un puissant héritage, il continue de vouloir penser sa foi, contribuant ainsi à nourrir une authentique culture humaine. Ne sommes-nous pas d’ailleurs, en raison même de notre histoire nationale, aux avant-postes de la difficile rencontre entre la foi chrétienne et les nouvelles cultures sécularisées ? Sans doute ces « cultures » se sont-elles souvent construites en opposition explicite au christianisme et elles renferment des germes mortifères de déshumanisation et de « dé-culturation » qu’il faut dénoncer. Mais il faut aussi chercher à comprendre comment on en est arrivé là et tenter de recueillir avec discernement ce qu’il peut y avoir de vrai et de bon dans le mouvement culturel actuel afin d’en nourrir l’intelligence de la foi. La tâche est immense et les ouvriers peu nombreux. Aussi nous tournons-nous vers Marie, Sedes sapientiae, Trône de la Sagesse. En accueillant la Parole de Dieu, la Sagesse éternelle, en « conservant avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19), elle se révèle la Vierge sage par excellence. Prions-la d’aider la nation française à renouer son alliance féconde avec la Sagesse éternelle.






Père Serge-Thomas Bonino
Le P. Serge-Thomas Bonino, né à Marseille en 1961, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm), dominicain de la province de Toulouse, est secrétaire général de la Commission théologique internationale, consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la foi, président de l’Académie pontificale de Saint-Thomas d’Aquin et doyen de la faculté de philosophie de l’Université pontificale de Saint-Thomas d’Aquin (Angelicum, Rome). Il enseigne la théologie systématique et l’histoire des doctrines médiévales. Il a tout récemment publié aux éditions du Cerf : Brève histoire de la philosophie latine au Moyen Age.






LIRE L'HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II au Bourget le dimanche 1er juin 1980.
http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/homilies/1980/documents/hf_jp-ii_hom_19800601_parigi-francia.html

« Regardez, Seigneur, avec, bonté, la nation française; sur les instances dévouées de sainte Clotilde vous lui avez procuré le don de la foi. Que son intercession lui donne de s'attacher sincèrement à la religion chrétienne et qu'elle porte ainsi à nouveau dans le monde le nom du Christ. Nous vous en prions par notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il. »

Imprimatur, Soissons, juin 1959, Pierre Doufflard, évêque de Soissons.


France… es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?

« France, Fille aînée de l'Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton Baptême ? ... Permettez-moi de vous demander : France, fille aînée de l'Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à l'Alliance avec la Sagesse éternelle ?»

Vous souvenez-vous de ces paroles du Saint-Père Jean-Paul II lors de sa visite dans notre pays en 1981 ? Leur impact a été énorme et a permis à des milliers de chrétiens qui avaient conservé leur foi d'affermir leur assurance et à des milliers d'autres de prendre conscience des richesses non révélées dont ils sont investis.
Depuis ces toutes dernières années, l'Esprit s'est mis à nouveau à souffler sur l'Hexagone, arrachant des préjugés, annihilant des peurs, assaisonnant des fadeurs, permettant des conversions, ce mouvement engendré dans l'âme des chrétiens est irréversible. Une multitude d'évènements positifs se succèdent.

Au-delà de certaines intellectualités arides et abstraites, les riches valeurs rédemptrices et le véritable sens de la prédication de l'Évangile, sont à nouveau en voie d'être entendus et vécus. Ils sont la pierre angulaire du monde nouveau à construire. L'Évangile redevient ce qu'il aurait du toujours être : « un chemin de vie » et surtout pas, comme on a tenté de nous le faire croire subrepticement, quelque leçon de morale vieillotte ou quelque théorie ancienne inadéquate à notre temps. Au contraire, il impose entre autre, une image sociale étonnamment équilibrée, mettant en exergue une qualité de justice et d'équité qui ne s'embourbe pas dans le cloaque de la politique politicienne et l'imbroglio des doctrines sociales.

L'expérience d'un passé immédiat nous invite à ne pas céder à la facilité des clichés stéréotypés, développés au titre de théories modernistes à l'excès. Ces dernières ne font plus recette car « elles manquent de cœur ». Dieu n'est pas dans notre tête, il est dans notre cœur.

Si l'époque des pratiques par convention est finie, on veut aussi en finir au plutôt avec une ecclésiologie de complaisance et ne plus s'ennuyer à supporter des homélies ou des discours sur la foi au cours desquels on parle de tout, sauf de Dieu.

On veut ENTENDRE Dieu, en écoutant avant tout autre, notre Pape sans pouvoir douter de son infaillibilité, tout en se conservant le droit légitime de se poser ponctuellement question. Mais aussi, en étant attentif aux murmures que le Ciel prononce pour chacun d'entre nous dans le secret de notre prière silencieuse. Sans oublier, si on en perçoit de l'intérêt pour soi, de s'informer prudemment sur la teneur d'évènements épistolaires que l'on a pris l'habitude d'appeler « phénomènes surnaturels » et quelquefois « apparitions ».

Le niveau intellectuel de l'occident chrétien s'est beaucoup élevé en quelques décennies, toute justification du rejet du surnaturel au titre de quelque piétaillerie superstitieuse serait de la malhonnêteté intellectuelle. Depuis le début du siècle, au-delà de certaines abstractions, la théologie a fait un bond exceptionnel, il est remarquable que des théologiens parmi les plus éminents n'ont pas hésité à soutenir et défendre, parfois avec vigueur, des événements surnaturels contemporains. L'attitude chrétienne à tenir, face aux incrédules excessifs, est l'indifférence et s'ils insistent dans leur démarche maladroite et désobligeante, il faut leur rappeler que s'ils se disent chrétiens, ils ne peuvent pas oublier que leur foi a pris racine dans un évènement surnaturel : la résurrection du Christ.







Christian RAVAZ
http://www.france-catholique.fr/Deces-de-Christian-Ravaz.html





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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Lun 02 Fév 2015, 21:09

Ressources spirituelles 


Suivons Jésus, signe de contradiction


Le signe de contradiction. Extraits
Karol Wojtyla Fayard 1979 p 151-185


Prophète, le mystère de l’homme, la vérité

Par conséquent, le Christ se tient devant nous comme le Prophète: « Le Christ, grand prophète, qui par le témoignage de sa vie et la vertu de sa parole a proclamé le Royaume du Père »(Lumen gentium, 35). Mais sans développer cette image, nous nous tournons vers celle de l'homme pour chercher comment son mystère se révèle dans le Christ Jésus.

La constitution Gaudium et Spes, après s'être prononcée sur la nature charnelle de l'homme, affirme : « L'homme a raison de penser que, par sa propre intelligence, il dépasse l'univers des choses. Sans doute, son génie au long des siècles, par une application laborieuse, a fait progresser les sciences empiriques, les techniques et les arts libéraux... Notre époque a besoin d'une telle sagesse pour humaniser ses propres découvertes, quelles qu'elles soient. L'avenir du monde serait en péril si elle ne savait pas se donner des sages (15). »

La dignité propre de l'homme, celle qui lui est donnée et dont il est chargé est étroitement liée à sa relation avec la vérité. La pensée qui respecte la vérité et la vie dans la vérité constituent cette dignité. Le Christ, grand Prophète, est Celui qui annonce la vérité divine, mais aussi Celui qui révèle la dignité de l'homme liée à la vérité, la vérité honnêtement cherchée, méditée, acceptée avec joie, comme on accepte le plus précieux trésor de l'esprit humain, la vérité confes­sée en paroles et en actions, confessée devant les hommes.

La vérité renferme une dimension divine, elle appartient à la nature même de Dieu, elle s'identifie avec le Verbe éternel, et, en même temps, elle est la mesure de la connaissance et de l'existence humaines, de la science, de la conscience et de la sagesse auxquelles elle confère un sens propre. Chaque homme vient au monde pour porter témoignage à la vérité selon sa vocation particulière.
…/…

La vérité de la connaissance de soi, du monde, et de Dieu, la vérité de la conscience, de la science et de la foi. Jésus‑Christ a clairement montré qu'elle ne peut être cachée aux hommes, mais qu'elle doit être confessée devant eux (cf. Mt 5, 14‑15 ; 10, 32). Elle a une dimension sociale et publique, et dénier à l'homme le droit à la vérité serait lui causer le plus terrible préjudice. Ce refus revêt des formes différentes dans notre monde si divers. L'une d'entre elles consiste indubitablement à maquiller la vérité, ne serait‑ce qu'en donnant certaines informations et en en taisant d'autres, en entretenant le culte de la sensation, instrument favori de ceux qui manipulent les mass‑media.

Face à ces structures de la civilisation contemporaine, face à la pression qu'elles exercent, chaque homme voit sa responsabilité vis‑à‑vis de la vérité élargie, élargie précisément parce que la vérité est elle‑même menacée (cf. le Décret « sur les moyens de communication sociale », 17). Dans leurs domaines respectifs, la responsabilité des spécialistes est particulièrement grave.

Ce Christ en nos temps de mensonge aux multiples visages, de manipulation de l'opinion, d'exploitation du sensationnel, de viol des consciences, de téléguidages des processus d'apostasie, de persécution non sanglante certes, mais combien plus ingénieuse, ce Christ est particulièrement actuel et nécessaire : le Christ, grand Prophète (cf. Lc 7, 16).

Il est sans doute avec nous (Mt 28, 20) lorsque nous, ses disciples, nous voulons participer à sa mission prophétique, être co‑responsables et co‑témoins de la vérité divine et humaine. Le Christ est avec des gens différents qui rendent témoignage dans des régimes et des situations diverses. Ce témoignage s'oppose aux semeurs de doute en l'homme, et surtout à ceux qui détruisent le sens de la responsabilité vis‑à‑vis de la vérité et la conscience du droit à la vérité chez l'homme.
…/…

Au cours des dernières années, l'opposition s'est nettement durcie… Cette opposition existe réellement, mais il ne s'agit de rien d'autre que de soumettre à la vérité et d'orienter par la vérité, dans la liberté, des actions humaines. La dignité de l'homme, de la personne, ne peut être soumise à n'importe quel usage de la liberté, ne peut se fonder sur la liberté de jouissance. Les partisans de l'avortement ou de la contraception à tout prix ‑ pour ne parler que de ce domaine ‑ se réclament d'une liberté sans limites.

« Bientôt il ne leur suffit plus d'errer dans la connaissance de Dieu dans l'immense lutte où l'ignorance plonge leur vie, les voilà qui donnent à de tels mots le nom de paix! Avec leurs initiations infanticides... leurs orgies furieuses aux rites extravagants, ils ne gardent plus aucune pureté ni dans la vie ni dans le mariage, l'un supprime l'autre par trahison ou l'outrage en lui donnant des bâtards. » (Sg 14, 22‑24).


Prêtre, le mystère de l’homme, le sacerdoce

Le sacerdoce comme réponse.

Qu'est‑ce que le sacerdoce ? Qu'est‑ce que le sacerdoce universel qui a été greffé dans l'âme de chaque chrétien au moment de son baptême ? et le sacerdoce hiérarchique ? Le sacerdoce par lui‑même est une réponse à ces interrogations pressantes, profondes et fondamentales de l'homme, de tout le genre humain, sur la signification et le sens de la création, de toute la réalité à laquelle l'homme appartient par son existence et qu'en même temps il dépasse.

II est avant tout la réponse à la question fondamentale sur le sens de l'homme, sur l'existence humaine dans le monde et en lui‑même. Le prêtre, par le fait même qu'il existe et par ce qu'il est, explicite ce sens et confère en quelque sorte un sens au monde et à l'homme dans le monde. Il explicite en « lisant » la réalité en profondeur et en la Comprenant jusqu'aux racines mêmes de l'Être. Et il le lui confère non pas par des élucubrations arbitraires mais par la vérité comprise en profondeur et énoncée par lui en tant que son prophète et son serviteur.
…/…

Le sacerdoce représente le sens du monde dans sa relation avec Dieu et, en même temps, le sens de l'homme dans le monde créé et racheté par Dieu. Il est un « sacrifice de louange » que le monde porte en lui et qu'il confie à l'homme pour l'offrir à son  Créateur. Il le lui confie précisément parce qu'il est capable de devenir l'expression vivante de la gloire de Dieu (cf. Ps. 116, 17 ; He 13, 1.5), et l'expression du service qu'assume la création entière envers son Souve­rain (Rm 12, 1), en devenant pour ainsi dire l'intermédiaire et la voix des créatures.
.../…

Ainsi donc, le sacerdoce atteint au plus profond de la vérité existentielle de la créature et par‑dessus tout de l'homme. Pour illustrer mon propos, je me permettrai de puiser dans un de ces nombreux chants du répertoire des jeunes, très en faveur actuellement en Pologne. En effet, des festivals de « spirituals », que nous nommons «sacrosong », organisés chaque année dans une ville différente, rassemblent des milliers de jeunes et sont devenus des foyers itinérants de ce mouvement :

Lorsque dans la nuit claire, douce et silencieuse
je contemple la voûte céleste pleine d'étoiles,
je me demande si la vie a un sens,
Et vers toi je crie:  « Notre Père. »
Dieu, ô Dieu, mon Seigneur,
Oublie, oublie que parfois ça allait mal, Tu le sais bien, je suis toujours tien,
Et toujours je veux suivre ton chemin.


Le sacerdoce est inscrit dans l'âme humaine comme une vérité qui donne un sens définitif à sa propre vie et à celle des autres, comme l'exprime le chant cité plus haut : « Tu le sais bien, je suis toujours tien et toujours je veux suivre ton chemin. » S'y exprime également la conscience de la liberté de l'homme. C'est elle qui le rend précisément capable d'opérer un choix, notamment quand il s'agit de la direction fondamentale de la vie.

Revenons encore une fois vers Vatican II (Gaudium et Spes, 17)

« La vraie liberté est en l'homme un signe privilégié de l'image divine. Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil pour qu'il puisse de lui‑même chercher son Créateur et, adhérant librement à lui, s'achever dans une bienheureuse plénitude. La dignité de l'homme exige donc de lui qu'il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d'une contrainte extérieure... La liberté humaine, blessée par le péché, peut s'ordonner à Dieu d'une manière effective et intégrale. »


L'interprétation du mystère de l'homme.

C'est précisément la volonté ‑ ou le coeur humain qui commande à l'homme d'être « pour », d'exister « dans la relation avec et dans le don ». « L'homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui‑même » (cf. Lc 17, 33 ; Gaudium et Spes, 24).

La structure essentielle de l'existence humaine personnelle réside justement en cela. Non seulement l'homme existe « dans le monde », et non seulement « en soi », mais il existe encore « dans la relation » et « dans l’oblation ». Il doit d'une certaine manière exister ainsi, « et ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui‑même »(Gaudium et Spes, 24). …/….

En particulier, le prêtre est l'expression de l'homme pour lequel ce monde n'a un sens définitif que dans la transcendance, qu'en direction de ce « Quelqu'un » qui lui‑même dépasse le monde, en tant que Plénitude d'Etre personnel. Sans cette relation et sans cette oblation, l'existence humaine dans le monde et sur terre perd son sens ultime. « A quoi bon ces victoires payées d'un si grand prix ? » (Gaudium et Spes, 10), se demande la Constitution pastorale et demande sans aucun doute tout homme qui pense.

Si cette relation, cette perspective de l'homme hors du monde venait à manquer, toutes les victoires de la civilisation, tout le progrès de culture, de la science et de la technique ne seraient alors que l'accompagnement de son ultime échec. En effet, la mort signifierait la victoire définitive sur l'homme, et toute victoire temporelle de l'homme resterait à inscrire dans le bilan de cet échec.
…/…

Le sacerdoce de Jésus Christ dérive du mystère pascal. Notre sacerdoce n'est pas le nôtre, mais le sien. Et c'est par sa Mort et sa Résurrection que nous acceptons la vérité sur l'existence, implorant à chaque fois: « Que l'Esprit Saint fasse de nous une offrande éternelle à ta gloire 2. » Nous nous adressons en ces termes à notre Créateur et Père au nom du Christ ‑ in Persona Christi (cf. Lumen gentium, 10, 21, 28 ; Constitution sur la Liturgie, 33 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, 2), et en même. temps nous empruntons pour ainsi dire la voix de toute la création, surtout celle des coeurs humains.

De par sa signification, le sacerdoce est et demeure l'explication spécifique du mystère du monde, notamment du mystère de l'homme plongé dans le monde. Le monde qui effacerait le sacerdoce de sa structure, aussi bien invisible que visible, se nierait et détruirait par là le profil de l'humanité dans son essence même. N'y a‑t‑il pas de telles tendances dans le monde contemporain ? Certainement oui.
…/…


La prière.

Le sacerdoce lui-même est une prière de l'existence humaine et de la vocation, le sacerdoce porte en lui une certaine prière du monde qui s'élève en permanence vers Dieu, la prière de l'univers, un sacrifice de louange (Ps 49, 14) : la prière comme mesure de la vie intérieure de l'homme concret, de l'homme de Dieu, Homo Dei (cf. Dt 33, 1 ; 2 R 1, 9 ; 1 Tm 6, 11 ; 2 Tm 3, 17), de l'homme consacré (cf. Lumen gentium , 21, 22, 28 ; Décret sur la barge pastorale des évêques, 3, 4, 8, 24 ; Décret sur le ministère et la vie des prêtres, 2, 5, 7, 12, 16), qui au point culminant de la journée prête sa bouche à Jésus-Christ pour que soient prononcées les paroles de la consécration.

Le prêtre exprime et porte en quelque sorte en lui la prière de toute la création, comme l'a senti saint Paul en écrivant dans l'Epître aux Romains: « Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d'espérance ; et voir ce qu'on espère, ce n'est plus l'espérer: ce qu'on voit, comment pourrait‑on l'espérer encore » (Rrn 8, 22‑24).

Il en est bien ainsi, la prière est un acte d'espérance, l'expression de l'espérance, son signe pour le monde, pour l'homme. La prière nous permet ‑ comme le dit plus loin l'Apôtre ‑ de regarder vers l'accomplissement de l'espérance, vers cette réalité à laquelle tend le coeur de l'homme: «Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec constance » (Rm 8, 25).

Il en est ainsi. La prière est la condition qui rend possible la persévérance dans le bien, qui permet de faire face aux expériences de la vie auxquelles l'homme est exposé, vu sa faiblesse. La prière est la force des faibles et la faiblesse des forts ! Mais cheminons encore un peu avec l'Apôtre :

« L'Esprit vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons que demander pour prier comme il faut; mais l'Esprit lui‑même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les coeurs sait quel est le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu » (Rm 8, 26‑27).

La prière est ‑ pourrait‑on dire ‑ l'élément constitutif de l'existence humaine dans le monde, qui est une existence vers Dieu, avec le monde « vers Dieu ». En même temps, elle est une existence déjà insérée dans les dimensions divines, elle est indubitablement un mouvement maladroit, certes, mais authentique, un mouvement en profondeur vers les pensées, les mystères et les desseins de Dieu, dans les assemblages mêmes du Plan du salut de l'homme (cf. Col. 1, 26‑27).

Elle  consiste à tendre aux sources mêmes de la puissance divine. Elle est un échange par le Fils avec le coeur du Père. La prière est, comme nous l'enseigne saint Paul, l'oeuvre de l'Esprit Saint en nous. « L'Esprit luimême intercède pour nous en des gémissements ineffables» (Rm 8, 26) et l'Esprit « scrute tout jusqu'aux profondeurs divines » (1 Co 2, 10).

Le sacerdoce est la grande prière de toutes les choses : de l'homme et du monde.



Roi, le mystère de l’homme, la conscience

«Le Christ qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort » et pour cela a été exalté par son Père (cf. Ph 2, 8‑9), est entré dans la gloire de son Royaume. Tout lui est soumis, jusqu'à ce que lui-même se soumette à son Père avec toutes les choses créées, pour que Dieu soit tout en tous (cf. 1 Co 15, 2728).

Ce pouvoir, le Christ l'a communiqué à ses disciples pour qu'eux aussi soient établis dans une liberté royale, et que par le .renoncement à eux‑mêmes et par une vie sainte, ils vainquent en eux le règne du péché (cf. Rm 6, 12), bien plus, pour que, servant le Christ aussi dans les autres ils conduisent leurs frères avec humilité et patience, au Roi qu'on ne sert pas sans régner » (Lumen gentium, 36).

Cet exposé va au coeur du problème : le Christ a conféré cette signification à son Royaume. La fonction royale ‑ munus regale ‑ ce n'est pas d'abord le droit d'exercer l'autorité sur les autres, mais de révéler la royauté de l'homme. Cette royauté est inscrite dans la nature humaine, dans la structure de la personne.

Le fait est que Vatican II voit dans la praxis humaine la manifestation de la royauté de l'homme, sa domination sur la terre, sur la nature et sur le monde. Ces deux termes de royauté et de domination doivent être soulignés comme appartenant au vocabulaire biblique, évangélique.

Ils appartiennent en effet à la « dialectique », à l'anthropologie et à l'éthique chrétiennes qui, sur ce point, se différencient fondamentalement de la dialectique matérialiste. Sur les bases de la vérité confessée par l'Église sur l'homme, professée « jusqu'à l'effusion du sang » (cf. Lumen gentium, 42), s'impose la conviction que l'homme est irréductible à la matière.

S'il est son Seigneur, c'est qu'il porte en lui l'élément spirituel (cf. Rm 8, 23), qui se manifeste dans la connaissance, relation avec la vérité, et qui se manifeste dans la liberté, c'est‑à‑dire l'action.

En partant de ce principe, on peut alors admettre l'élément de vérité contenue dans cette affirmation que « le travail crée l'homme ». Certes, il le crée, mais parce qu'il est travail ou l'action, c'est‑à‑dire justement la praxis humaine, l'acte de la personne.


La conscience.

Toutefois la doctrine du Concile sur la royauté de  l'homme pousse plus loin ses ramifications. Tout le travail humain, et même toute la créativité de l'homme dans quelque domaine que ce soit, façonne son humanité, construit sa personnalité non pas par son contenu objectif, le produit, mais par sa valeur morale qui dans toute activité humaine, dans la praxis tout entière, constitue l’élément humain et personnel.
…/…

La dignité de la personne humaine a son fondement dans la conscience, dans l'obéissance intérieure à un principe objectif qui permet à la praxis de départager le bien et le mal. Il avertit l'homme du mal et s'efforce d'obtenir son concours pour faire le bien. Il s'efforce non seulement d'associer immédiatement l'homme au bien, mais encore de l'enraciner dans le bien: de faire le bien en tant qu'homme, de ne pas se permettre de gaspiller ce talent fondamental, ce bien qu'est l'homme lui‑même.

Dans l'obéissance à la conscience se trouvent la clé de la grandeur morale de l'homme et le fondement intrinsèque de sa royauté, de cette domination qui, dans une perspective humaniste et personnaliste, est avant tout une domination sur soi‑même. Celle‑ci constitue également pour le chrétien une participation authentique à la fonction royale du Christ, in   Christs : « Ce pouvoir, lisons‑nous dans Lumen gentium, 36, le Christ l'a communiqué à ses disciples, pour qu'eux aussi soient établis dans une liberté royale, et que par le renoncement à eux‑mêmes et par une vie sainte, ils vainquent en eux le règne du péché » (cf. Rm 5, I2).

L'obéissance à la conscience, qui elle‑même est soumise à la Loi divine de l'Amour, fait que «servir le Christ dans les autres signifie régner » (cf. Lumen gentium, 36).




Citation :
p. 245-248 :

« Voici Jésus, le Fils de Marie, qui, quarante jours après sa naissance, est offert au temple de Jérusalem, conformément à la loi de l’Ancien testament. Quand Marie et Joseph entrent au Temple pour accomplir l’offrande rituelle, le vieillard Siméon prend l’Enfant dans ses bras et prononce les paroles prophétiques que l’Eglise répète tous les soirs aux complies. Dans ces paroles, le vieillard Siméon exalte Jésus, « lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple » (Luc 2, 32) et en même temps, se tournant vers Marie, il parle de lui dans des termes différents : « cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction» (Luc 2,34).

(…) Les temps où nous vivons ne confirment-ils pas avec une force particulière la vérité contenue dans les paroles de Siméon ? Jésus n’est-il pas aujourd’hui la lumière qui éclaire les nations et en même temps le signe de contradiction ? Et si maintenant -après la clôture du Concile Vatican II et face aux redoutables expériences par lesquelles le genre humain passe et passera- Jésus Christ apparaît de nouveau aux hommes comme la lumière du monde, n’en demeure-t-il pas moins pendant cette même période de l’histoire le signe plus que jamais en butte à la contradiction ? (…)

Il suffit d’observer les principales orientations qui dominent dans les moyens de communication, il suffit d’être à l’écoute de ce qu’ils taisent et de ce qu’ils diffusent par les hauts-parleurs. Il suffit d’entendre leurs voix pour constater que même là où ils acceptent le Christ, ils s’opposent à lui en ce qui concerne toute la vérité de sa Personne, de sa mission et de son Évangile. Ils aimeraient le « découper », le réajuster à leur propre mesure : celle de l’homme de l’ère du progrès, celle du programme de la civilisation contemporaine, programme de consommation des moyens, et non pas de visée des buts transcendants.

Ils s’opposent au Christ en adoptant cette attitude et ils ne supportent pas la vérité annoncée en son Nom. L’opposition contre le Christ, qui va souvent de pair avec une référence au Christ -ainsi font entre autres ceux qui se disent ses disciples- est un symptôme spécifique des temps où nous vivons. »




Cardinal Karol Wojtyła, Le signe de contradiction,
(1976), Paris, Fayard, 1979  








Aujourd'hui c'est aussi la Fête de la vie consacrée, j'espère chers soeurs et frères que vous avez pensé à souhaiter bonne fête à tous les consacrés qui vous entourent et à les honorer !

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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Mer 04 Fév 2015, 14:09

Ressources spirituelles 


Ce qui détermine la survie d’un peuple




« Ce qui a créé le peuple juif fut un choix fait dans la parfaite liberté du désert et qu’aucune contingence matérielle, politique ou sociale ne laissait prévoir : l’acceptation d’une commune aventure spirituelle ; un élan de foi vers l’avenir, un avenir immense et inconnu. Et ce qui fut vrai pour le peuple juif est vrai pour tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux, à commencer par les nôtres. Un peuple, c’est une grande aventure spirituelle commune librement acceptée et qui engage cette communauté pour toujours. Que nous ayons oublié que telle est la nature du peuple français comme de tout autre peuple d’Occident ne change rien à la façon dont ils sont réellement nés et vivent encore.

Certains haussent les épaules en entendant cela : ils affirment qu’il y a beau temps que les Français sont émancipés des exigences spirituelles du christianisme. Ils fourniront même des statistiques prouvant qu’une minorité de plus en plus réduite de nos concitoyens se dit catholique. A ceux-là je réponds que la fidélité aux promesses de Clovis n’est pas une question de pratique religieuse mais de disposition d’esprit et que les plus grandes fidélités sont souvent les plus cachées. Dieu ne dit-il pas lui-même, dans la Bible, par la bouche de ses prophètes, que la survie du peuple juif repose, à certaines époques de grande trahison spirituelle, sur quelques justes ignorés ou méprisés ? Qui doute qu’il en soit de même pour le peuple français ?

C’est la fidélité à l’engagement spirituel initial qui détermine la survie d’un peuple. Sinon, le peuple disparaît de l’Histoire. Chaque nation traverse des périodes sombres : guerres occupations étrangères, crises économiques, discordes civiles. Certaines y succombent : leur aventure spirituelle, un jour, s’éteint, les institutions politiques, les œuvres artistiques, les philosophies, les recherches religieuses qui ont reflété le déroulement de cette aventure, ne sont plus que des objets de musée, dépourvus de vie; d’autres sont redressées, de siècle en siècle, par un mystérieux esprit de vitalité et d’unité.

Le peuple juif nous montre, par son histoire, de quels abîmes sa vigueur spirituelle le tire et à quels sommets elle conduit. La France n’échappe pas à cette règle. Depuis Clovis, ses infidélités aux promesses de son baptême ont toujours prolongé ses chutes et ses heures d’apogée sont aussi les périodes de fidélité la plus attentive. »



Michel Pinton et Edouard Husson, Une histoire de France, Paris, FX de Guibert, 2000, p. 38-39


Saint Padre Pio et la France


J'ai toujours été convaincu - et mon expérience personnelle me l'a confirmé - qu'un catholique fervent qui ne cherche qu'à défendre son Dieu, son Pays, son Roi et veut s'abandonner avec foi au bon vouloir divin, ne sera jamais abandonné et sera providentiellement guidé et parfois même miraculeusement protégé.

Au cours d'extases de Marie-Julie Jahenny - la stigmatisée bretonne - auxquelles assistaient des personnes jusqu'alors inconnues et qui pourraient en témoigner, deux de mes études que je n'avais jamais songé à écrire - ont été demandées, tout d'abord ma plaquette sur Saint Michel, puis "La Vierge Marie dans l'Histoire de France". Ajoutons qu'il y a une dizaine d'années, j'eus l'occasion de voir deux autres stigmatisés - qui ne se connaissaient pas - un religieux français et une personne étrangère. L'un et l'autre, à quelques mois d'intervalle, me dirent que je devais reprendre mes recherches sur l'ascendance davidique des Rois de France. Je me remis donc à ce travail. Dans la bibliothèque de mon grand-père, qui avait été l'un des fondateurs de la "Société de l'Histoire du Vieux Paris et de l'Ile de France", j'ai trouvé un ouvrage remarquable du Père Jacques Lelong de l'Oratoire : " Bibliothèque Historique de la France contenant le catalogue de tous les ouvrages tant imprimés que manuscrits qui traitent de ce Royaume ou qui y ont rapport avec des notes critiques et historiques " publié à Paris en 1719, gros in-folio de 1100 pages. J'ai donc pu faire venir de France ou de l'Etranger soit des microfilms, soit des photocopies afin de les étudier. Nous en reparlerons tout à l'heure.

Sur ces entrefaites, je fis une conférence à Avignon et la personne qui l'avait organisée invita à dîner avec moi un vieux chanoine. Au cours de la conversation, il me cita le nom d'une illustre famille irlandaise dont il était issu. Je lui dis : " Mais alors, Monsieur le Chanoine, vous descendez des Rois d'Irlande ... ". " Comment le savez-vous " me répondit-il, très surpris... et il m'ajouta : " Nous avons même notre généalogie remontant jusqu'à Adam ". Et comme je lui disais à quel point la question m'intéressait, il me la confia avec l'autorisation de la photocopier. Ce Chanoine est mort et sa généalogie est déposée dans les Archives de la ville.

Enfin, la Providence permit que le 18 décembre 1978 on me montrât plusieurs lettres de l'un des confidents et secrétaire à l'occasion du Padre Pio. Ces lettres remontaient à 1972 et étaient adressées à un pieux religieux de mes amis. J'en ai les copies et vous en cite les parties les plus importantes ; le tout écrit par un Italien, dont je vous conserve le style :

25 février 1972

" Très cher Père, le Padre Pio me disait : " Sans le soutien du pouvoir royal de David, l'Église tombe en décadence sous le pouvoir de l'esprit du serpent qui relève sa tête orgueilleuse sur le chef de l'Église". Le Padre Pio disait que " le pouvoir Royal est un pouvoir divin qui abaisse les serpents. Les républiques par contre relèvent de terre les esprits serpents lesquels sacrifient le peuple de Dieu, l'empêchant de s'élever vers le Dieu du Ciel. C'est aujourd'hui le mal de l'Europe sous les républiques " disait le Padre Pio ... "

Lettre du 5 mai 1972

" Un jour le Padre Pio me parla d'un très important Testament caché au Vatican. Il s'agit du Testament de la Duchesse d'Angoulême. Ce Testament aurait révélé non seulement le mystère du Dauphin mais encore le sien Pour le bien de la France, de l'Italie et du monde, un tel Testament ne peut rester secret... "

Lettre du 6 novembre 1972

" Padre Pio savait que la France cache un pouvoir qui se révélera à l'heure établie (C'est-à-dire à l'heure de Dieu)... Dans le monde manque le pouvoir royal que Dieu a caché en ces temps de folie. Le pouvoir royal seulement, celui que Dieu donna à David, est capable de régir le gouvernement des peuples. Sans le pouvoir royal de David, reconnu et mis à sa juste place, me disait le Padre Pio, la religion chrétienne n'a pas le soutien indispensable sur lequel appuyer la Vérité de la parole de Dieu. La folie des hommes a été de tenter de tuer la royauté; le monde le paye encore aujourd'hui, car sans le véritable Roi promis par Dieu parmi les descendants de David, le pouvoir de Dieu ne réside plus dans le cœur des chefs d'Etat et des ministres. Mais Satan tire avantage à remplacer le pouvoir royal du David vivant. Que le malheur du monde sera grand avant que les hommes puissent comprendre cette vérité. La vérité est aujourd'hui dans le cœur de peu d'hommes élus et cachés, mais, dans ces hommes, il y a tous les pouvoirs du Dieu vivant qui veut et peut détruire tous les usurpateurs des pouvoirs véritables... "

Lettre du 20 novembre 1972

" L'amour du cœur de la France royale, patrie de la royauté sortie de la descendance de David ressort ressuscité en ses héritiers... Le pouvoir de royauté de David doit RÉVEILLER dans les cœurs des Français l'amour de LA ROYAUTÉ DE DIEU qui a en France son berceau. LA VRAIE GRANDEUR de la France est le pouvoir royal de David qui fut en terre de France, dans le sang du Roi Louis XVI et de Marie-Antoinette.

La France fut pardonnée par le grand cœur du Roi Louis XVI et de Marie-Antoinette, morts VICTIMES pour le Christ par la brutalité de la bête (la révolution diabolique) ".

Le pardon du Roi Louis XVI a maintenu à la France le droit à la grandeur de la royauté de David, qui est AMOUR et HUMILITÉ, celui de reconnaître, dans le monarque, le pouvoir de l'amour divin...

Dans le silence et la prière, Dieu choisira ses élus pour le bien de la France et du monde, ... pouvoir divin et humain du grand monarque du sang royal de France."



Source : http://www.chretiensmagazine.fr/2010/06/saint-padre-pio-et-la-france-par-andre.html


Au cours de l'histoire beaucoup de personnes sont intervenues pour parler de la Mission divine de la France et j'étais soutenue dans cette pensée par ce qu'elles en disaient. Si vous voulez approfondir je vous invite à aller sur les sites suivants car nous ne pouvons que constater le sérieux de la recherche faite à ce sujet :


http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Franquerie/MissionDivine/Mission.htm

http://www.christ-roi.net/index.php/Mission_divine_de_la_France_(proph%C3%A9ties)
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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Jeu 05 Fév 2015, 19:43


Ressources spirituelles 


Le jeûne, arme du combat spirituel



En cette veille de notre troisième jour de jeûne, méditons ce texte du Père Nicolas Buttet sur le sens de cette pratique essentielle.

« À Lourdes comme à Fatima, Marie insistait : « Pénitence ! pénitence ! pénitence ! » Voilà donc un vieux mot empoussiéré et ridé ! On pourrait cependant l’appeler par une autre expression : lifting pour une âme vieillie par la tiédeur et le péché ! Prier, jeûner, faire l’aumône constituent en effet des « purifications actives » des sens. Elles accompagnent les « purifications passives » qui consistent à supporter avec patience et même joyeusement les épreuves et les difficultés du réel quotidien.

Jeûner, c’est laisser surgir, à travers la privation d’un bien auquel je suis attaché, une faim plus profonde : la faim de Dieu. Le péché consiste à se détourner du Créateur pour se tourner vers une créature devenue « idole ». Le jeûne permet de restituer au désir son élan originel, c’est-à-dire de le retourner vers Dieu afin d’aimer Dieu et d’aimer la Création en lui. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, ils seront rassasiés » : béatitude de celles et de ceux qui ont le désir ardent d’être ajusté au diapason du Cœur de Dieu pour goûter la joie de sa présence.

C’est le Christ qui donne le « œla » en nous demandant d’avoir en nous les mêmes sentiments qui étaient en lui (cf. Philippiens 2, 5-11). Cet ajustement progressif est conquête d’une authentique liberté devant les servitudes de l’esprit du monde, de l’égoïsme et de l’amour possessif. L’harmonie doit se réaliser aux différents niveaux relationnels de notre existence.

Ainsi, nous ajustons notre relation à Dieu par la prière ; notre relation aux autres, par l’aumône matérielle mais aussi spirituelle : instruire les ignorants, conseiller ceux qui hésitent, consoler les affligés, corriger les pécheurs, pardonner à l’offenseur, supporter les gens pénibles, sourire à tous, prier pour tous ; notre relation à nous-même et aux biens matériels, par le jeûne.

Le jeûne est au service de l’acquisition de la vertu de tempérance. La tempérance assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et affranchit ainsi le légitime plaisir que procurent les biens matériels. Mais l’ascèse n’est pas en elle-même une vertu. Autrement dit, si l’on ne devient pas saint sans ascèse, ce n’est pas l’ascèse qui fait le saint. L’orgueil est toujours à l’affût ! Il est donc important que le jeûne s’accompagne d’actes d’humilité, de délicatesse et de charité.

La liturgie du mercredi des Cendres précise clairement la finalité du jeûne que nous sommes invités à vivre : « N’est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug ; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ? » (Isaïe 58, 6-9).

Le jeûne est donc inséparable de la solidarité avec les plus pauvres. C’est une manière d’entrer dans une compassion plus réelle, une communion plus charnelle, avec ces 830 millions de frères et sœurs en humanité qui souffrent de malnutrition et tant d’autres qui meurent de ne pas être aimés. C’est s’approprier le programme de Jésus : « un cœur qui voit » la misère et qui le « presse » à l’action (cf. Benoît XVI, Deus caritas est, § 31b).

Thérèse d’Avila était avec Jean de la Croix dans une de leurs maisons et voilà qu’ils reçoivent du magnifique raisin ! Jean de la Croix s’exclame : « Ah ! quand on pense à la justice divine, on n’en mangerait jamais ! » et Thérèse d’Avila, saisissant avec détermination une grappe répondit : « Et quand on songe à sa miséricorde, on en mangerait toujours ! »

Le jeûne n’est pas mépris des biens de ce monde. Le jeûne n’est pas l’alibi servant à dissimuler une difficulté relationnelle à la nourriture, comme l’anorexie par exemple. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu », nous rappelle saint Paul (1 Corinthiens 10, 31). Ce qui importe en définitive, ce n’est pas le jeûne ou la nourriture, mais l’« amour-agapè ». Toute l’ascèse est en effet aimantée par l’amour.

Cela dit, « le chrétien doit mener une lutte comme celle que le Christ a menée dans le désert de Judée, puis à Gethsémani, lorsqu’il repoussa la tentation extrême en acceptant jusqu’au bout la volonté du Père. Il s’agit d’une lutte spirituelle, qui est dirigée contre le péché, et, en ultime analyse, contre Satan. C’est une lutte, au cours de laquelle sont utilisées les « œarmes » de la prière, du jeûne et de la pénitence et qui exige une vigilance attentive et constante » (cf. le message pour le Carême de Benoît XVI, FC n° 1467).

Jean-Paul II insistait beaucoup, pour sa part, sur la nécessité du jeûne dans notre société de consommation. Restreindre sa consommation est un véritable acte révolutionnaire. C’est proclamer le primat de l’être sur l’avoir ; professer que le bonheur n’est pas question de quantité, mais de qualité.

Si l’Église continue à insister sur l’importance du jeûne dans notre parcours du « combattant » de l’amour, elle n’oublie pas la gratuité de la grâce. Au terme du Carême, dans la nuit pascale, tout éclate devant la surabondance de la miséricorde, face à la déferlante de la charité : « Vous qui avez jeûné et vous qui avez été négligents, honorez ce jour. Vous qui avez gardé l’abstinence et vous qui n’avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd’hui ! Recevez la récompense, les premiers comme les seconds ; riches et pauvres, célébrez la fête ensemble ! Le veau gras est servi. Que personne ne s’en aille affamé. Que tous prennent part au banquet de la foi ; recevez toutes les richesses de la miséricorde » (saint Jean Chrysostome).

Même si nous faisons des efforts et que nous désirons ardemment collaborer à notre conversion, nous ne mettons pas notre foi dans nos pratiques. Nous la mettons dans le Christ qui nous a aimés et s’est livré pour nous. »






Père Nicolas Buttet, « Jeûner pour être libre »,
Famille chrétienne, 1er avril 2006, n°1472





Le jeûne en questions


Pourquoi choisir de ne pas se nourrir ?

Jeûner c’est se priver momentanément de quelque chose qui nous est nécessaire ou très agréable pour se donner le temps de retrouver l’essentiel.Dans l’exemple du jeûne alimentaire, l’homme a besoin de nourriture sous peine de mourir de faim. Mais il peut choisir de ne pas se nourrir tout de suite. Avant que le manque de nourriture ne devienne une trop grande gêne, il a le temps de se rappeler que le repas nourrit son corps, comble son ventre, mais qu’il a d’autres besoins à combler. Jésus pendant ses 40 jours de jeûne au désert dit : « Il est écrit que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. »

Prenons Jésus au mot et imaginons des Paroles qui peuvent nourrir le coeur avant que la nourriture ne remplisse le ventre.


- Prendre conscience de la chance que j’ai de pouvoir me nourrir quand d’autres dans le monde ont faim et de prendre le temps d’un merci. (c’est le sens de la prière du Benedicite, prière que l’on dit avant de se mettre à table)

- Attendre celui avec qui je dois partager le repas et préparer mon coeur à l’accueillir.

- Penser à celui que la misère privera de repas et préparer une forme de partage.

- Méditer sur ce qui me manque autant que le pain : quel soin je prends de ceux que j’aime, est-ce qu’ils savent qu’ils comptent pour moi ?

- Écouter la Parole de Dieu qui peut me nourrir le coeur.

- Prendre le temps de prier et de confier à Dieu ce dont mon coeur a faim.



Source : site internet du diocèse de Versailles


Quelles sont les recommandations de l’Eglise concernant le jeûne ?

Lorsque le carême s’est constitué comme temps de pénitence au IV° siècle, l’obligation du jeûne était très rigoureuse : un seul repas le soir sans viande, ni oeuf, ni laitage, ni vin. Il s’est progressivement adouci.

Actuellement, depuis 1949, le jeûne de carême est limité à deux jours, le mercredi des cendres et le vendredi saint. L’Église ne nous ordonne de jeûner que 2 fois l’an, ce qui est fort peu. Si on prend un repas à midi, on ne prend qu’une légère collation le soir. Sont dispensés de jeûner en carême les personnes de plus de 60 ans, les jeunes de moins de 18 ans accomplis et les femmes enceintes.


Source : site internet du diocèse de Nanterre



Le jeûne a-t-il la même signification pour tous les chrétiens ?


Témoignages croisés sur le jeûne


des religieux orthodoxe, protestant et catholique témoignent de la place et du sens du jeûne dans leur communauté

« Libérer le vrai désir : celui de Dieu », Père Philippe Daudais, prêtre orthodoxe, animateur du centre spirituel Sainte-Croix.

Le jeûne a une très grande place chez les orthodoxes. Quelque 180 jours lui sont consacrés dans l’année. Il y a plusieurs temps : le grand carême de Pâques et la Semaine Sainte ; le carême de l’Avent ; le carême des saints apôtres Pierre et Paul (15-28 juin) ; le carême de la dormition (1er-14 août), la veille de la Théophanie (5 janvier) ; le jour de la décollation de saint Jean-Baptiste (29 août); le jour de l’exaltation de la Sainte Croix (14 septembre). Le jeûne se pratique aussi le mercredi et le vendredi.
Il s’agit d’un jeûne liturgique. Les pratiquants respectent un régime végétalien comme celui d’Adam quand il était au paradis (pas de viande, de charcuterie, de poisson, d’œuf, de laitage).

Nous pratiquons aussi le jeûne eucharistique. La tradition orthodoxe est restée fidèle aux préceptes donnés les premiers siècles. Le jeûne a pour objectif de libérer le vrai désir : celui de Dieu. Pour les orthodoxes, le jeûne signifie accroître sa faim et sa soif de Dieu, et diminuer sa participation aux nourritures terrestres. Il s’agit de sortir de l’aliénation aux nécessités existentielles pour entrer dans une plus grande liberté par rapport aux contingences. C’est un moment où l’on se dispose intérieurement pour se consacrer à Dieu. Le jeûne s’accompagne d’une intensification de la vie de prière ; le temps économisé lui est voué. Le jeûne va aussi de paire avec le partage. Par le manque, on se fait proche de ceux qui n’ont pas le minimum nécessaire.



« Libérer le vrai désir : celui de Dieu », Nicole Fabre, bibliste et pasteur de l’Eglise réformée de France

Pour les réformateurs, tout ce qui est pratique religieuse n’a pas de signification en soi, mais seulement à partir de la reconnaissance de l’amour de Dieu qui nous précède. Les protestants mettent une distance par rapport à la pratique rituelle du jeûne. Le jeûne ne prend son sens que dans la reconnaissance du fait que Dieu aime l’homme au-delà de ce qu’il peut ou ne pas faire. Pour les réformateurs, le jeûne témoigne de ce que la vie de l’homme est liée à son face à face avec Dieu, c’est-à-dire la reconnaissance de ses limites, de sa fragilité, de son humanité.

Les réformateurs ont pris très au sérieux la parole des prophètes*. L’homme est pêcheur quand il se met au centre de sa relation à Dieu. Le jeûne est une façon de remettre Dieu et sa relation aux autres à sa place centrale. Comme il n’y a pas de jeûne rituel pour les protestants, il n’y a pas de période fixée. La pratique collective du jeûne fédéral subsiste toujours en Suisse, mais elle est une démarche personnelle. Le jeûne peut durer une journée, une semaine… Aujourd’hui, les grandes pratiques du jeûne sont liées à une prière d’intercession par rapport à une situation donnée. Une catastrophe humaine peut initier un jeûne. Face à la souffrance, il sera une façon d’accompagner et de s’ouvrir à une autre manière d’agir et de vivre. On note aussi un renouveau du jeûne individuel lié à la prise de conscience et à la résistance à une société consumériste. Il s’agit de retrouver une liberté d’action face à Dieu et aux autres.


*Livre d’Isaïe – Chapitre 58 (1-6)

Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés.

Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n’abandonnerait pas la loi de son Dieu, ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche.

« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l’ignores ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.

Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N’est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?



« Le jeûne est un chemin de plus grande liberté, de présence à soi, aux autres et à Dieu », Père Bernard Boisseau, prêtre catholique, animateur du Forum 104

Depuis 2005, j’accompagne au sein du Forum 104 un groupe de jeûneurs pendant le carême. Pendant 6 jours, nous ne consommons aucune nourriture mais uniquement des boissons. De l’eau, de la tisane et un jus par jour.
On a constaté un abandon progressif du jeûne au sein du catholicisme occidental en raison du développement et de l’accueil prônés par la société. Le jeûne pénitentiel avait perdu de son sens. Il revient un peu depuis les années 1960 avec le rejet d’une perspective totalisante de consommation et le développement de l’écologie. Le jeûne doit être découvert comme un chemin vers Dieu. Or aujourd’hui, il est perçu comme une obligation, une contrainte. Il y a une absence de liens chez les chrétiens entre le jeûne et la dimension spirituelle. Le jeûne est un chemin de plus grande liberté, de présence à soi, aux autres et à Dieu.

Le premier obstacle au jeûne est l’appréhension. Un jeûne se décide. Il faut le désirer intérieurement. Sinon on ne pense qu’au repas qui nous manquera pas. Vivre le jeûne en groupe est un chemin possible. Le jeûne ne signifie rien en soi sauf la privation si on ne voit qu’un interdit. Il faut le concevoir non pas comme un but mais comme un moyen, avec la prière, pour aller vers Dieu. Il ne sert à rien de l’imposer. Le jeûne ne doit pas être seul, il s’accompagne de prières, d’un partage par des dons, par exemple.



Pourquoi jeûner ?

Le jeûne a pour but de donner soif et faim de Dieu et de sa parole. Il n’est pas seulement un geste de pénitence, mais aussi un geste de solidarité avec les pauvres et une invitation au partage et à l’aumône.

« L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Evêques, sera observée chaque Vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité ; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le vendredi de la Passion et de la Mort et de notre Seigneur Jésus Christ. » Can.1251, code de droit canonique.



Source principale : http://www.eglise.catholique.fr





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MessageSujet: Re: Neuvaine pour la France : neuf mois de prières   Sam 07 Fév 2015, 19:12


Méditation


Prier pour la France


En 1947, au sortir de la Guerre, Georges Bernanos écrivait pour les jeunes générations: « Il faut se hâter de sauver l’homme, parce que demain il ne sera plus susceptible de l’être, pour la raison qu’il ne voudra plus être sauvé. Car si cette civilisation est folle, elle fait aussi des fous ». Aux jeunes de France, il rappelait que leurs camarades allemands avaient abdiqué leur liberté entre les mains d’un tyran : « Ils sont morts pour lui, pour témoigner qu’ils avaient renoncé leur liberté entre ses mains. Leur mort n’a pas témoigné pour la liberté, elle a témoigné contre elle […]. L’Allemagne a été corrompue par la civilisation que je dénonce et aucun de nous ne peut être assuré de n’en pas être corrompu à son tour ». On peut renoncer à la liberté, comme on peut abdiquer une valeur spirituelle, qui fait ce que nous sommes, mais qui ne présente pas aux yeux du monde un intérêt marchand ou pragmatique immédiat.

Dans l’ordre de la création et dans le plan providentiel de Dieu, la communauté nationale, comme la famille, est le lieu d’épanouissement de la liberté personnelle parce qu’elle est l’école de la responsabilité, le milieu dans lequel chacun déploie sa mission en répondant à sa vocation. Et il ne s’agit pas d’une réalité désincarnée (ce serait un comble et une contradiction), mais d’un phénomène visible inscrit dans le temps, dans l’histoire et dans l’espace. Par le mystère de l’incarnation, la sagesse divine a sanctifié, a renouvelé et a purifié l’ordre de la création. Si l’Eglise est la communion des sauvés, la communauté des fils de Dieu, le mystère de la Rédemption rendu présent, visible, repérable, elle s’appuie pour sa vie et pour son extension sur cette donnée anthropologique fondamentale que sont les communautés nationales. Il y a une manière originale, voire géniale (en ce sens qu’elle exprime le génie, l’identité profonde de chaque nation) d’être catholique français, anglais, allemand ou mexicain !

Nul mieux que Charles Péguy a eu l’intuition profonde de cette alliance du charnel et du spirituel, du caractère sacramentel de l’Eglise (la grâce divine communiquée au moyen d’institutions et de gestes humains) : « La terre est comme les marches de l’église. Elle est pour monter au ciel comme les marches de l’église sont aussi pour monter et entrer dans l’église. Nous avons le droit que la terre soit le seuil de votre ciel ». Et il en tire une conclusion qui n’a rien perdu de son actualité : « C’est vraiment un grand mystère que cette sorte de ligature du spirituel au temporel. On pourrait presque dire que c’est comme une sorte d’opération d’une mystérieuse greffe. Le temporel fournit la souche et le spirituel, s’il veut vivre, s’il veut produire, s’il veut continuer, s’il veut poursuivre, s’il veut fleurir et feuillir, s’il veut bourgeonner et boutonner, s’il veut poindre et fructifier le spirituel est forcé de s’y insérer. La force fournit la souche et l’idée est forcée de s’y insérer. Le corps fournit la souche et l’esprit est forcé de s’y insérer ».

Prier pour notre pays, c’est aussi prendre l’engagement de travailler de toutes nos forces au service du bien commun de notre communauté nationale. C’est saisir cette unité entre spirituel et temporel qui nous révèle, avec le mystère de l’histoire, le sens de notre vocation et de notre mission : témoigner de la présence et de l’action du Christ rédempteur dans l’épaisseur de notre condition charnelle.






Père Laurent-Marie
Le Père Laurent -Marie Pocquet du Haut-Jussé, né en 1968, est supérieur général des Serviteurs de Jésus et de Marie, aumônier militaire et juge à l’Officialité de Paris. Il est titulaire d’une Maîtrise en droit canonique (Université de Strasbourg) et d’un Doctorat en Théologie fondamentale (Université de Fribourg). Il est notamment l’auteur de « Charles Péguy et la modernité. Essai d’interprétation théologique d’une oeuvre littéraire » (Artège 2010).




Très Saint et Très haut Seigneur Jésus-Christ,
Roi des rois,
qui avez miraculeusement suscité Sainte Jeanne d’Arc
pour ramener à l’Unité autour de son Prince légitime
le Royaume de France, divisé et humilié à la face des nations,
et pour lui conserver l’Intégrité de la Foi :
du haut de votre trône céleste,

Regardez encore aujourd’hui combien il y a grande pitié en ce pays,
dont le reniement des promesses du Baptême et l’apostasie officielle
ont entraîné à nouveau la désunion et l’abaissement,
au point qu’il est devenu aujourd’hui un mauvais exemple pour la terre entière …
Par la puissante intercession de Sainte Jeanne d’Arc,
patronne de la France en second après votre Très Sainte Mère,

nous Vous supplions, ô Jésus :
Répandez sur ce pays qui proclamait jadis en préambule de ses lois
« Vive le Christ qui est Roi des Francs ! »
de nouvelles et abondantes Grâces de conversion et de Foi,
pour que les cœurs et les esprits reviennent à Vous !

Par la fervente intercession de Sainte Jeanne d’Arc,
qui fut attentive aux paroles et aux instructions du saint conseil
par lequel Vous l’avez formée à sa mission,

nous Vous supplions, ô Jésus :
donnez à nos responsables religieux et civils
les très précieux dons de conseil et de sagesse
pour qu’ils conduisent le peuple de France
hors des sentiers de la perdition!
Par la Glorieuse Intercession de Sainte Jeanne d’Arc,
qui demeura indéfectiblement Fidèle à sa vocation particulière quelque souffrance qu’il pût lui en coûter,

nous Vous supplions, ô Jésus :
Suscitez aujourd’hui dans nos familles
de généreuses et solides vocations,
pour l’Église et pour la Patrie,
dépouillées de toute ambition personnelle et de tout carriérisme,
de tout esprit de puissance et de lucre,
qui se dévoueront sans compter au bien spirituel et éternel de ce peuple dont Vous devez rester à jamais le Roi !

Par la continuelle intercession de Sainte Jeanne d’Arc,
qui jamais ne douta et resta toujours surnaturellement confiante dans l’adversité,
nous Vous supplions encore, ô Jésus :
Délivrez-nous de toute désespérance,
mais Rendez à Votre France son zèle et sa pugnacité,
sa ferveur et son enthousiasme,
pour combattre les démons de l’impiété et de la luxure,
de l’égoïsme et du mensonge
qui tiennent notre société en esclavage depuis près de deux siècles !

A la prière de Sainte Jeanne d’Arc,
Donnez-nous, ô Jésus, le courage d’entrer dans les voies de la pénitence,
du recours confiant à Votre miséricorde,
de la réparation et du vrai renouveau !

Augmentez notre Foi dans Votre Saint Évangile
et dans la Doctrine Traditionnelle de Votre Sainte Église,
qui, depuis deux mille ans, a uni les esprits, les cœurs, les familles et les nations !

A l’exemple de Sainte Jeanne d’Arc,
qui fit peindre sur son étendard Votre Saint Nom avec celui de Marie, Votre Mère,
et rendit son dernier soupir en criant une dernière fois Votre Nom béni,

Donnez-nous, ô Jésus, un fervent esprit de prière et de constant recours à Votre Sainte Grâce,
pour que Votre Esprit Paraclet habite en nous, agisse en nous et œuvre à travers nous!

Enfin, par les mérites du sacrifice de Sainte Jeanne d’Arc,
uni à Votre Saint Sacrifice du Calvaire, sans cesse renouvelé à l’Autel de la Messe,

Faites paraître, nous Vous en supplions,
ce monarque sacré que Vous nous avez promis par la bouche de tant de Vos saints,
afin qu’il renoue et revivifie l’Alliance Sainte conclue jadis dans les eaux baptismales de Reims
et rende à Votre Peuple de France sa Joie et son Salut !

Ainsi soit-il.



Prière Légitimiste composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré Cœur – reproduction autorisée à condition d’en mentionner la source.
http://leblogdumesnil.unblog.fr/…/a-sainte-jeanne-darc-pri…/


Regnum Galliae, Regnum Mariae !
Le Royaume de France est le Royaume de Marie !



lettre apostolique de Pie XI, « Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam »

Par cette lettre apostolique Notre-Dame de l’Assomption est proclamée patronne principale de la France, et sainte Jeanne d’Arc, patronne en second, par Sa Sainteté le pape Pie XI. En voici le texte :


« Pour perpétuelle mémoire.

Les Pontifes romains Nos prédécesseurs ont toujours, au cours, des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée la fille aînée de l’Eglise. Notre prédécesseur de sainte mémoire le Pape Benoît XV, qui eut profondément à cœur le bien spirituel de la France, a pensé à donner à cette nation noble entre toutes, un gage spécial de sa bienveillance.

En effet, lorsque, récemment, Nos vénérables frères les cardinaux, archevêques et évêques de France, d’un consentement unanime, lui eurent transmis par Notre vénérable Frère Stanislas Touchet, évêque d’Orléans, des supplications ardentes et ferventes pour qu’il daignât proclamer patronne principale de la nation française la bienheureuse Vierge Marie reçue au ciel, et seconde. Patronne céleste sainte Jeanne, pucelle d’Orléans, Notre prédécesseur fut d’avis de répondre avec bienveillance à ces pieuses requêtes. Empêché par la mort, il ne put réaliser le dessein qu’il avait conçu. Mais à Nous, qui venons d’être élevé par la grâce divine sur la chaire sublime du Prince des apôtres, il Nous est doux et agréable de remplir le vœu de Notre très regretté prédécesseur et, par Notre autorité suprême, de décréter ce qui pourra devenir pour la France une cause de bien, de prospérité et de bonheur.

Il est certain, selon un ancien adage, que « le royaume de France » a été appelé le « royaume de Marie », et cela à juste titre. Car, depuis les premiers siècles de l’Eglise jusqu’à notre temps, Irénée et Eucher de Lyon, Hilaire de Poitiers, Anselme, qui de France passa en Angleterre comme archevêque, Bernard de Clairvaux, François de Sales, et nombre d’autres saints docteurs, ont célébré Marie et, ont contribué à promouvoir et à amplifier à travers la France le culte de la Vierge Mère de Dieu. A Paris, dans là très célèbre Université de Sorbonne, il est historiquement prouvé que dès le XIIIe siècle la Vierge a été proclamée conçue sans péché.

Même les monuments sacrés attestent d’éclatante manière l’antique dévotion du peuple à l’égard de la Vierge : trente-quatre églises cathédrales jouissent du titre de la Vierge Mère de Dieu ; parmi lesquelles on aime à rappeler comme les plus célèbres celles qui s’élèvent à Reims, à Paris, à Amiens, à Chartres, à Coutances et à Rouen. L’immense affluence des fidèles accourant de loin chaque année, même de notre temps, aux sanctuaires de Marie, montre clairement ce que peut dans le peuple la piété envers la Mère de Dieu, et plusieurs fois par an la basilique de Lourdes, si vaste qu’elle soit, paraît incapable de contenir les foules innombrables de pèlerins.

La Vierge Mère en personne, trésorière auprès de Dieu de toutes les grâces, a semblé, par des apparitions répétées, approuver et confirmer la dévotion du peuple français.

Bien plus, les principaux et les chefs de la nation se sont fait gloire longtemps d’affirmer et de défendre cette dévotion envers la Vierge. Converti à la vraie foi du Christ, Clovis s’empresse, sur les ruines d’un temple druidique, de poser les fondements de l’église Notre-Dame, qu’acheva son fils Childebert. Plusieurs temples sont dédiés à Marie par Charlemagne. Les ducs de Normandie proclament Marie Reine de la nation. Le Roi saint Louis récite dévotement chaque jour l’office de la Vierge. Louis XI, pour l’accomplissement d’un vœu, édifie à Cléry un temple à Notre-Dame. Enfin Louis XIII consacre le royaume de France à Marie et ordonne que chaque année, en la fête de l’Assomption de la Vierge, on célèbre dans tous les diocèses de France de solennelles fonctions ; et ces pompes solennelles, Nous n’ignorons pas qu’elles continuent de se dérouler chaque année.

En ce qui concerne !a Pucelle d’Orléans, que Notre prédécesseur a élevée aux suprêmes honneurs des saints, personne ne peut mettre en doute, que ce soit sous les auspices de la Vierge, qu’elle ait reçu et remplit mission de sauver la France. Car d’abord, c’est sous le patronage de Notre-Dame de Bermont, puis sous celui de la Vierge d’Orléans, enfin de la Vierge de Reims, qu’elle entreprit d’un cœur viril, une si grande œuvre, qu’elle demeura sans peur en face des épées dégainées et sans tache au milieu de la licence des camps, qu’elle délivra sa patrie du suprême péril et rétablit le sort de la France. C’est après en avoir reçu le conseil de ses voix célestes qu’elle ajouta sur son glorieux étendard le nom de Marie à celui de Jésus, vrai Roi de France. Montée sur le bûcher, c’est en murmurant au milieu des flammes, en un cri suprême, les noms de Jésus et de Marie, qu’elle s’envola an ciel. Ayant donc éprouvé le secours évident de la Pucelle d’Orléans, que la France reçoive la faveur de cette seconde patronne céleste : c’est ce que réclament le clergé et le peuple, ce qui fut déjà agréable à Notre prédécesseur et qui Nous plaît à Nous-mêmes.

C’est pourquoi, après avoir pris les conseils de Nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine préposés aux Rites, motu proprio, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité.

De plus, écoutant les vœux pressants des évêques, du clergé et des fidèles des diocèses et des missions de la France, Nous déclarons avec la plus grande joie et établissons Pucelle d’Orléans admirée et vénérée spécialement par tous les catholiques de France comme l’héroïne de la patrie, sainte Jeanne d’Arc, vierge, patronne secondaire de la France, choisie par le plein suffrage du peuple, et cela encore d’après Notre suprême autorité apostolique, concédant également tous les honneurs et privilèges que comporte selon le droit ce titre de seconde patronne.

En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Eglise romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie.

Nous concédons ces privilèges, décidant que les présentes Lettres soient et demeurent toujours fermes, valides et efficaces, qu’elles obtiennent et gardent leurs effets pleins et entiers, qu’elles soient, maintenant et dans l’avenir, pour toute la nation française le gage le plus large des secours célestes, qu’ainsi il en faut juger définitivement, et que soit tenu pour vain dès maintenant et de nul effet pour l’avenir tout ce qui porterait atteinte à ces décisions, du fait de quelque autorité que ce soit, sciemment ou inconsciemment. Nonobstant toutes choses contraires.



Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 2 du mois de mars de l’année 1922, la première de Notre pontificat. »


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