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 20 février Bienheureux Jacinta et Francisco Marto

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ami de la Miséricorde
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MessageSujet: 20 février Bienheureux Jacinta et Francisco Marto   Jeu 20 Fév 2014, 10:51



Sanctuaire de Fatima
http://www.fatima.pt/portal/index.php?lang=FR

Biographies
Jacinta Marto
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0490.htm

Francisco Marto
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0489.htm

Prière apprise par Notre-Dame aux enfants de Fatima :

O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu
de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, nous vous prions
spécialement pour celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde.

Prières apprises par l'Ange aux enfants de Fatima :

Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je vous
demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Jésus-Christ, présent dans les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont Il est Lui-même offensé, et par les mérites infinis de son Très Saint C?ur et du C?ur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

"Que par la Miséricorde de Dieu les âmes des fidèles défunts reposent en paix". Ainsi soit-il.

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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Françoise
Assidu


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MessageSujet: Bienheureux François de FATIMA   Jeu 20 Fév 2014, 15:36

... En hommage.


François : consolateur des Cœurs de Jésus et de Marie



UN CŒUR DOUX ET HUMBLE

Né le 11 juin 1908, François avait donc neuf ans au moment des apparitions de Notre-Dame. De visage toujours joyeux, il était gentil et accommodant avec tous, même au prix de gros sacrifices : « Si d'autres enfants insistaient pour lui prendre quelque chose qui lui appartenait, il disait : “ Garde-le, ça m'est égal ! ” Aux jeux il était assez animé, mais peu d'enfants aimaient jouer avec lui, parce qu'il perdait toujours… Et lorsqu'il avait gagné, si quelqu'un cherchait à le priver de ses droits, il cédait sans résistance, se limitant à dire : “ Tu crois avoir gagné ? Alors, très bien, cela ne me fait rien à moi. ” » (...)

Il ne faudrait pas croire pour autant qu'il fut sans énergie ou de volonté faible. « Il n'était pas peureux du tout, raconte Lucie. Le soir, il se rendait seul dans n'importe quel endroit obscur, sans difficulté. (…) Il se glissait dans les grottes à la recherche de terriers de renards, de lapins, de genettes, etc. » (…)

LA VOCATION PARTICULIÈRE DE FRANÇOIS



Ce qui impressionna François lors des apparitions, rapporte Lucie, « c'était Dieu, la Très Sainte Trinité, dans cette lumière immense qui nous pénétrait au plus profond de l'âme. Ensuite, il disait : « Nous brûlions dans cette lumière qui est Dieu et nous ne nous consumions pas. Comment est Dieu ? On ne peut pas l'expliquer ! Oui vraiment, personne ne pourra jamais le dire ! Mais ça fait de la peine qu'Il soit si triste ! Si seulement je pouvais Le consoler ! » (…) Aussi lorsque François, qui n'entendait pas les paroles de la Sainte Vierge, apprit de Lucie que Notre-Dame lui promettait de l'emmener au Ciel à condition qu'il récite beaucoup de chapelets, il s'écria en croisant les mains sur sa poitrine : « Ô ma Notre-Dame ! Des chapelets, j'en réciterai autant que vous voudrez ! »

Il trouva ainsi dans cette dévotion le moyen de consoler la Vierge Marie et Dieu lui-même infiniment tristes à cause de tant de péchés. Depuis le 13 mai et sa première vision en Dieu il a trouvé sa vocation propre, le but de toute sa vie : consoler Dieu, consoler Notre-Dame. (…)

Pour prier, François recherchait la solitude : « Il parlait peu, raconte Lucie, et pour faire sa prière et offrir ses sacrifices, il aimait se cacher, même de Jacinthe et de moi... De temps en temps, il s'éloignait de nous sans que nous nous en rendions compte. Lorsque nous nous apercevions de son absence, nous nous mettions à sa recherche en l'appelant. Il nous répondait de derrière un petit mur, un arbuste ou un buisson... II s'était retiré là, à genoux, pour prier et penser à Notre-Seigneur, si triste à cause de tant de péchés, comme il disait... Si je lui demandais :

– François, pourquoi ne me dis-tu pas de prier avec toi et aussi avec Jacinthe ?

– J'aime mieux prier tout seul, afin de penser, et de consoler Notre-Seigneur qui est si triste ! »

EXEMPLES DE SACRIFICES

« Un jour, rapporte encore Lucie, nous allions chez moi, passant devant la maison de ma marraine de baptême. Elle venait de faire de l'hydromel et nous appela pour nous en donner un verre. Nous entrâmes et François fut le premier à qui elle donna le verre pour qu'il boive. Il prit le verre sans le boire, le passa à Jacinthe afin qu'elle boive et moi aussi. Entre-temps, il fit demi-tour et disparut.

– Où est François ? demanda ma marraine.

– Je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Il était là à l'instant.

Il ne reparut pas. Jacinthe et moi, après avoir dit merci, nous allâmes le retrouver, ne doutant pas un instant qu'il ne fut assis au bord du puits dont j'ai si souvent parlé.

– François, tu n'as pas bu l'hydromel ! Marraine t'a appelé plusieurs fois mais tu ne t'es pas montré.

– Lorsque j'ai pris le verre, je me suis souvenu soudain de faire ce sacrifice pour consoler Notre-Seigneur et, pendant que vous buviez, je me suis enfui ici. » (…)

Les trois enfants demeuraient si simples, si spontanés, si dénués de toute singularité comme de toute contention d'esprit, que leurs proches auraient vite eu tendance à oublier de quelles grâces exceptionnelles le Ciel les avait favorisés. Et les compagnons de leur âge attendaient toujours de Lucie que, lors des fêtes, elle organise les jeux et les réjouissances, comme elle le faisait avant les apparitions. Plus d'une fois, raconte-t-elle dans ses Mémoires, ce fut François qui intervint pour l'encourager elle-même à résister à de trop pressantes instances. Ayant si souvent à l'esprit la grande tristesse de Dieu, il sentait qu'ils ne devaient plus participer à certains jeux ou divertissements, si innocents soient-ils en eux-mêmes.

Un jour, la marraine de Lucie les avait tous trois attirés chez elle avec toute une troupe d'enfants pour avoir le plaisir de les voir chanter et danser : « En entendant cette mélodie entraînante, écrit Lucie, toutes les voisines se rassemblèrent et, lorsque la chanson fut terminée, elles nous demandèrent de la reprendre. Mais François s'approcha de moi et me dit : “ Ne chantons plus cela. Notre-Seigneur n'aime certainement pas que nous chantions maintenant ces choses-là. ” Et nous nous échappâmes comme nous pûmes, du milieu des enfants, pour aller à notre puits préféré. »

Les trois voyants aiment à se retrouver aux lieux bénis où l'Ange leur est apparu, soit à l'Arneiro, auprès du puits, soit au trou du Cabeço, où curieux et importuns ne peuvent les découvrir ; ils y prient longuement, répétant, prosternés, les prières de l'Ange. (…)

« Malgré l'humble retenue des voyants, rapporte Fernando Leite, quelques personnes de Fatima réussirent à découvrir l'une ou l'autre de leurs pénitences. Alors que l'église paraissait déserte, on les vit la parcourir en faisant des tours à genoux, préludant ainsi à ce que plus tard tant de pèlerins feraient autour de la petite chapelle des apparitions. Une brave dame commenta ce fait en s'exclamant : “ Ces enfants n'en finissent pas avec leurs promesses. ” »

« JE VEUX MOURIR ET ALLER AU CIEL »

« Un jour, raconte son père, deux dames s'entretenaient avec François et l'interrogeaient au sujet de la carrière qu'il voudrait suivre quand il serait grand :

– Tu veux être charpentier ? dit l'une d'elles.

– Non, Madame, répondait l'enfant. Et l'autre :

– Tu veux être militaire ?

– Non, Madame.

– Tu ne désirerais pas être médecin ?

– Non plus.

– Moi, je sais bien ce que tu voudrais être... Être prêtre ! Dire la messe... confesser, prêcher... N'est-ce pas vrai ?

– Non, Madame, je ne veux pas être prêtre.

– Alors que veux-tu être ?

– Je ne veux être rien !... Je veux mourir et aller au Ciel. »

Ti Marto commente : « C'était là une vraie décision ! » François ne pensait pas seulement à lui-même ni à sa joie, mais surtout à celle de Jésus : « D'ici peu, s'exclamait-il, Jésus va venir me chercher pour que j'aille au Ciel avec Lui, et alors, je resterai toujours à Le voir et à Le consoler. Quel bonheur ! »

En attendant, il veut se retrouver le plus possible à ses pieds, auprès du Tabernacle : « Lorsqu'il allait à l'école, raconte encore sœur Lucie, quelquefois, en arrivant à Fatima, il me disait : “ Écoute, toi, tu vas à l'école. Moi, je reste ici dans l'église, auprès de Jésus-caché. ” » (…)

UN INTERCESSEUR FIDÈLE ET EFFICACE

Quelquefois, c'était pour intercéder longuement, avec davantage de ferveur en faveur de ceux qui l'avaient supplié, que François décidait de passer la matinée au pied du Tabernacle :

« Un jour où je sortais de la maison, raconte Lucie, je rencontrai ma sœur Thérèse, mariée depuis peu à Lomba. Elle venait, à la demande d'une femme d'un hameau voisin, dont le fils avait été arrêté parce qu'on l'avait accusé de je ne sais quel crime pour lequel, si on ne démontrait pas son innocence, il serait condamné à la déportation ou, du moins, à un grand nombre d'années de prison. Elle me demandait donc avec insistance, au nom de la pauvre femme à qui elle voulait faire plaisir, d'obtenir pour elle cette grâce de Notre-Dame. Le message reçu, je partis à l'école et, en chemin, je racontai à mes cousins ce qui s'était passé.

« En arrivant à Fatima, François me dit : “ Écoute, pendant que tu vas à l'école, moi je reste avec Jésus caché et là, je lui demanderai cela. ” En sortant de l'école, je suis allée l'appeler et lui demandai : “ As-tu demandé cette grâce à Notre-Seigneur ? ” – “ Oui, je l'ai demandée. Dis à ta sœur Thérèse que dans quelques jours il reviendra chez lui. ” Effectivement, quelques jours après, le pauvre garçon était chez lui, et le 13 il était avec toute sa famille pour remercier Notre-Dame de la grâce reçue ! »

Comment François avait-il su que sa prière était exaucée ? Nous ne savons. En tout cas, il fit preuve ce jour-là de l'assurance que montrent les saints lorsqu'ils prophétisent ou font des miracles... Et nous pouvons ainsi deviner quelle était son intimité avec Dieu.

UNE PATIENCE HÉROÏQUE

Nos pastoureaux n'avaient jamais été malades jusqu'à ce mois d'octobre 1918 où Jacinthe, qui n'avait encore que huit ans, et François, qui n'en avait que dix, furent atteints presque en même temps par la terrible grippe espagnole. Partie d'Espagne, l'épidémie, qui fit des ravages dans beaucoup de pays d'Europe, fut particulièrement meurtrière au Portugal. (…)

« Durant sa maladie, raconte Lucie, il souffrit avec une patience héroïque, sans jamais laisser échapper un gémissement ni la plus légère plainte. Je lui demandai un jour, peu de temps avant sa mort :

– François, souffres-tu beaucoup ?

– Oui, mais je souffre tout par amour pour Notre-Seigneur et Notre-Dame. » (…)

« Un jour, rapporte Lucie, lorsque, avec Jacinthe, nous entrions dans sa chambre, il nous dit :

– Aujourd'hui, parlez peu ! j'ai très mal à la tête.

– N'oublie pas de faire l'offrande pour les pécheurs, lui dit Jacinthe.

– Oui, mais d'abord j'offre cela pour consoler Notre-Seigneur et Notre-Dame, et ensuite je l'offre pour les pécheurs et pour le Saint-Père.

Un autre jour, en arrivant, je le trouvai très content.

– Tu vas mieux ?

– Non, dit-il, je me sens beaucoup plus mal. Il ne me reste que peu de temps avant d'aller au Ciel. Là-haut, je vais consoler beaucoup Notre-Seigneur et Notre-Dame ; Jacinthe, elle, va prier beaucoup pour les pécheurs, pour le Saint-Père et pour toi. Toi, tu vas rester ici parce que Notre-Dame le veut. Écoute, fais tout ce qu'Elle te dira. »

Son plus vif regret, c'était de ne plus pouvoir passer comme autrefois de longues heures au pied du Tabernacle à consoler Jésus caché...

« Lorsqu'il tomba malade, il me disait quelquefois, quand je passai chez lui en me rendant à l'école : “ Écoute, va à l'église et présente à Jésus-caché toutes mes salutations ! Ce que je regrette le plus, c'est de ne plus pouvoir y aller afin de rester quelques moments auprès de Lui. ” » (…)

LE VENDREDI 4 AVRIL 1919 : LA MORT D'UN SAINT

En six mois, la terrible maladie eut raison de la robuste santé de François. Alors qu'auparavant il récitait jusqu'à sept ou huit chapelets par jour, ainsi que le certifie Olimpia, maintenant il était si faible que le soir arrivait avant qu'il en ait récité un seul, ce qui l'affligeait grandement. Ne pouvant plus prier et sentant que c'était la fin, il confia à son père qu'il voulait communier. Le 2 avril 1919, le curé de Fatima, l'abbé Manuel Marques Ferreira, se laissa enfin toucher. Il accepta de se rendre sans tarder auprès du petit malade. Ce jour-là, tôt matin, François avait envoyé sa sœur Thérèse quérir Lucie. (…)

Il dit à Lucie : “ C'est que je vais me confesser pour communier et mourir ensuite. Je voudrais que tu me dises si tu m'as vu faire quelques péchés, et que tu ailles demander à Jacinthe si elle m'en a vu faire. ”

« Le soir, il était rayonnant de joie : il s'était confessé et M. le Curé lui avait promis de lui apporter la sainte Communion le lendemain. »

Il exultait. L'instant si ardemment désiré arrivait. Pour la première fois depuis sa Communion miraculeuse du Cabeço, il allait recevoir son “ Jésus-caché ” aux pieds duquel il avait passé tant d'heures silencieuses. Étant donné sa maladie, il aurait pu, bien sûr, se dispenser du jeûne. Mais non ! il voulut offrir cet ultime sacrifice : « Il obtint de sa mère la promesse qu'elle ne lui donnerait rien après minuit, pour pouvoir communier à jeun, comme tout le monde. » (…)

Après avoir reçu l'Hostie sur sa langue desséchée, François ferma les yeux, et demeura longtemps immobile... Les premières paroles qu'il prononça furent pour dire à sa mère :

– M. le Curé ne m'apportera-t-il pas encore une fois Jésus-caché ?

– Je ne sais pas, répondit-elle, pressentant sans doute que cette première Communion serait aussi pour lui son viatique.

« La veille de sa mort, écrit Lucie, il me dit :

– Écoute, je suis très mal, il ne me reste que peu de temps avant d'aller au Ciel...

– Alors, repris-je, n'oublie pas, là-Haut, de prier beaucoup pour les pécheurs, pour le Saint-Père, pour moi et pour Jacinthe.

– Oui, je veux bien, mais écoute, ces choses-là, demande-les plutôt à Jacinthe, car j'ai peur d'oublier lorsque je verrai Notre-Seigneur ! Et avant tout, je veux Le consoler. »

Le lendemain 4 avril, en ce premier vendredi du mois, il eut encore la force de demander pardon à sa marraine pour les quelques chagrins qu'il avait pu lui causer durant sa vie et pour lui réclamer sa bénédiction. Quand la nuit fut tout à fait tombée, il appela sa mère et lui dit : « Oh ! Maman, voyez !... Quelle belle lumière, là, près de la porte ! » Et, après quelques minutes : « Maintenant, je ne la vois plus... » Vers 10 h du soir, son visage s'illumina d'un sourire angélique et, sans aucune marque de souffrance, sans agonie, sans gémissement, il expira doucement. « Il s'envola au Ciel dans les bras de notre Mère du Ciel », écrit Lucie. (…)


François n'avait pas encore onze ans, et depuis la dernière apparition à la Cova da Iria un an et demi seulement s'était écoulé. Mais, comblé de grâces à chacune des apparitions de Notre-Dame, sanctifié par les innombrables chapelets qu'il avait récités, par ses prières solitaires dans la campagne et les longues heures passées auprès du Tabernacle, tout absorbé à consoler Jésus-caché, purifié enfin par les souffrances de sa maladie, il était déjà prêt pour le Ciel et la Vierge Marie pouvait venir le chercher. Et on ne peut s'empêcher de penser qu'en accordant ainsi à François de Fatima la grâce d'une sainteté si précoce, la très Sainte Vierge ait voulu manifester qu'elle est bien la Médiatrice de toutes grâces. (...)

François fut béatifié le 13 mai 2000. Bienheureux François de Fatima, rendez notre cœur semblable au vôtre, sensible à la peine des Saints Cœurs de Jésus et Marie, tout brûlant du désir d'aller au Ciel pour les consoler…


Extraits de Fatima, joie intime, événement mondial, p. 123-131
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Françoise
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MessageSujet: Re: 20 février Bienheureux Jacinta et Francisco Marto   Jeu 20 Fév 2014, 17:18

... En hommage à Jacinthe.

 

Jacinthe : victime réparatrice pour les pécheurs



Jacinthe, née le 10 mars 1910, était d'un tempérament et d'un caractère très différents de François. Très douce dans sa tendre enfance, elle devint en grandissant parfois capricieuse et boudeuse, car elle était vive et passionnée en tout, expansive et d'un caractère enthousiaste. Mais ce n'était là que l'envers d'un caractère riche et enthousiaste. Extrêmement docile à la grâce baptismale, Jacinthe était un cœur extrêmement pur, capable d'immenses affections. Tandis que François s'efforce d'être le consolateur des saints Cœurs de Jésus et de Marie, Jacinthe veut être leur coopératrice.

LA HANTISE DU SALUT DES ÂMES

Jacinthe et Lucie

« Jacinthe, écrit Lucie, prit tellement à cœur les sacrifices pour la conversion des pécheurs qu'elle ne laissait passer aucune occasion. Il y avait quelques enfants, fils de deux familles de Moita qui passaient de porte en porte à mendier. Nous les rencontrâmes un jour, alors que nous allions avec notre troupeau. En les voyant, Jacinthe nous dit : “ Donnons notre repas à ces pauvres enfants pour la conversion des pécheurs ! ” Elle courut le leur porter. (…)

« Jacinthe, raconte encore Lucie, avait pour la danse une affection toute spéciale et beaucoup de grâce. Je me souviens qu'un jour elle pleurait à cause de son frère qui était à la guerre et que l'on croyait mort sur le champ de bataille. Afin de la distraire, je préparai un petit bal avec deux de ses frères, et la pauvre enfant dansait tout en essuyant les larmes qui lui coulaient sur la figure. Malgré cet amour particulier qu'elle avait pour la danse (il lui suffisait d'entendre les instruments des pasteurs pour commencer à danser, même toute seule), à l'approche de la Saint-Jean et du Carnaval (de 1918), elle me dit :

– Maintenant je ne danserai plus.

– Pourquoi ?

– Parce que je veux offrir ce sacrifice à Notre-Seigneur.

« Comme nous étions à la tête des jeux qui se faisaient parmi les enfants, les danses qui avaient lieu à ces occasions cessèrent. » (…)

Elle avait toujours cette pensée, qui lui était devenue habituelle, de souffrir pour les pécheurs, en réparant à leur place, en se substituant à eux pour leur obtenir le pardon et la grâce de la conversion.

« Lorsque, par mortification, elle ne voulait pas manger, je lui disais :

– Jacinthe, allons, mange maintenant.

– Non, j'offre ce sacrifice pour les pécheurs qui mangent trop.

« Quand, déjà malade, elle allait à la messe un jour de semaine, je lui disais :

– Jacinthe, ne viens pas, tu n'en as pas la force ; aujourd'hui, ce n'est pas dimanche.

– Peu importe, j'y vais pour les pécheurs qui n'y vont même pas le dimanche.

« S'il lui arrivait d'entendre une de ces paroles trop libres que certaines personnes se font gloire de prononcer, elle se couvrait la figure de ses mains et elle disait :

« “ Ô mon Dieu ! ces gens ne savent donc pas qu'en disant ces choses, ils risquent d'aller en enfer ? Pardonnez-leur, mon Jésus, et convertissez-les. Certainement, ils ne savent pas que cela offense Dieu. Quelle pitié, mon Jésus ! Je prie pour eux. ”

« Et elle répétait alors la prière enseignée par Notre-Dame : “ Ô mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l'enfer, et attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. ” »

« Jacinthe répétait fréquemment ces sacrifices, mais je ne peux continuer à les raconter tous, conclut sœur Lucie, sans quoi je n'en finirai jamais ! »

LA CONFIDENTE DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

« Selon moi, remarque Lucie, Jacinthe est celle à qui la Sainte Vierge avait accordé, avec une plus grande abondance de grâces, une meilleure connaissance de Dieu et de la vertu. » En effet, bien qu'elle fût la plus jeune des trois voyants, c'est elle qui semble avoir tout d'abord bénéficié de la plus grande intimité avec la très Sainte Vierge.

Le cycle des six apparitions publiques étant clos, Notre-Dame lui est apparue encore trois fois. « La première fois dans l'église de Fatima, durant la messe, le jour de l'Ascension. La Vierge lui apprit alors à réciter le chapelet. La deuxième fois, ce fut la nuit, à la porte de la cave, alors que toute la famille dormait. La troisième fois, dans la maison, au-dessus d'une table ; la Vierge était silencieuse, restant à cet endroit jusqu'au moment où Jacinthe dit à sa mère : “ Regarde !... ne vois-tu pas, là, en dessous, la Dame que j'ai vue là-haut (à la Cova) ? ! Regarde !... ” » (…)

Jacinthe pu aussi contempler plusieurs visions prophétiques, comme en autant de tableaux vivants, et qui décrivaient certains événements annoncés dans le grand Secret du 13 juillet 1917. (...)

Lorsque, à la fin d'octobre 1918, la “ grippe espagnole ” atteignit Jacinthe puis, peu après, François, c'était pour tous deux le commencement des souffrances qui allaient les acheminer bientôt au sacrifice suprême. (…)

Pour renouveler leur ferveur, Notre-Dame était venue, à la fin de l'année 1918 ou au début de janvier 1919, visiter Jacinthe et François : « Notre-Dame est venue nous voir et elle a dit qu'elle viendrait chercher François bientôt pour l'emmener au Ciel. Elle m'a demandé si je voulais convertir encore des pécheurs. Je lui ai dit que oui. Elle m'a dit que j'irais à l'hôpital et que, là, je souffrirais beaucoup ; que je souffrirais pour la conversion des pécheurs en réparation des péchés contre le Cœur Immaculé de Marie, et pour l'amour de Jésus. Je lui ai demandé si tu viendrais avec moi, Elle m'a répondu que non. C'est ce qui va m'être le plus difficile. Elle m'a dit que ma mère m'emmènerait à l'hôpital et qu'ensuite je resterais là toute seule. »

VERS L'IMMOLATION PARFAITE CŒUR À CŒUR AVEC JÉSUS


Jacinthe savait depuis longtemps, comme une vérité certaine et absolue, que plus elle souffrirait, plus nombreuses seraient les âmes qu'elle arracherait ainsi aux flammes éternelles. Instruite par la grâce infuse qui accompagna les paroles de l'Ange, elle avait compris « la valeur du sacrifice, combien celui-ci est agréable à Dieu et combien par égard pour lui, Dieu convertit les pécheurs » Et elle donna son “ oui ” généreux au dur sacrifice qui lui était demandé. (…)

Le principal motif de son inquiétude, pour le séjour à l'hôpital que Notre-Dame lui avait annoncé, c'était qu'elle ne pourrait y communier. Un jour, raconte encore sœur Lucie, « je lui apportai une image qui représentait le saint Calice avec une Hostie. Elle la prit, l'embrassa et, rayonnante de joie, elle disait : “ C'est Jésus-caché ! Je l'aime tellement ! Qui me donnera de le recevoir à l'église ! Communie-t-on au Ciel ? Si on peut y communier, je communierai tous les jours. Ah ! si l'Ange venait à l'hôpital m'apporter de nouveau la sainte Communion, que je serais contente ! ” » En effet, bien qu'elle eût maintenant plus de huit ans, l'abbé Ferreira, indocile aux récentes prescriptions de saint Pie X, se montrait toujours aussi inflexible : à l'été 1918, il n'avait pas encore accordé à la petite voyante la faveur de s'approcher de la sainte Table.

Toutefois le Seigneur est libre de ses dons et, répondant à l'amour d'une âme qui le désirait avec tant d'ardeur, il se donnait à elle spirituellement, et lui faisait la grâce de sentir sa divine présence : « J'aime tellement dire à Jésus que je l'aime ! confiait-elle à Lucie. Lorsque je le lui dis plusieurs fois, il me semble que j'ai du feu dans ma poitrine, mais ce feu ne me brûle pas. » (…)

Lorsque Lucie la visita un jour à l'hôpital, Jacinthe lui confia :

« J'aime tellement souffrir pour leur amour et pour leur faire plaisir ! Ils aiment beaucoup ceux qui souffrent pour la conversion des pécheurs. » (…)

« Lorsque je suis seule, confiait-elle à Lucie, je descends de mon lit pour réciter les prières de l'Ange. Mais maintenant, je ne suis plus capable de mettre la tête sur le sol, parce que je tombe ; je prie seulement à genoux. » (…)

DÉRÉLICTION D'UNE ENFANT DE MARIE

« Un jour, raconte Lucie, je la trouvai en train d'embrasser une image de Notre-Dame en prononçant ces paroles : “ Ô ma Mère du Ciel, alors je dois mourir toute seule ? ” La pauvre enfant semblait effrayée à l'idée de mourir seule. Afin de lui donner du courage, je lui dis : “ Qu'est-ce que cela peut te faire de mourir seule, si Notre-Dame vient te chercher ? ” – “ C'est vrai, cela m'importe peu. Mais, je ne sais pas comment cela fait, il y a des moments où je ne me souviens plus qu'Elle viendra me chercher ; je me souviens seulement que je mourrai sans que tu sois près de moi. ” »

Lucie essayait de la distraire en lui disant : « “ Ne pense pas à cela. ” – “ Laisse-moi y penser, parce que, lorsque j'y pense, je souffre davantage, et je veux souffrir pour Notre-Seigneur et pour les pécheurs. ” » Parfois, elle se rappelait la promesse de Notre-Dame : bientôt, ce serait le Ciel ! « Un jour, je lui demandai : “ Que feras-tu au Ciel ? ” – “ Je vais beaucoup aimer Jésus, le Cœur Immaculé de Marie ; je vais beaucoup prier pour toi, pour les pécheurs, pour le Saint-Père, pour mes parents et mes frères, et pour toutes les personnes qui m'ont demandé d'implorer en leur faveur. ”

« Lorsque sa mère se montrait triste de la voir si malade, elle lui disait : “ N'aie pas tant de peine, maman, je vais au Ciel. Là-haut, je prierai beaucoup pour toi. ” » Comme sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, elle était résolue à « passer son Ciel à faire du bien sur la terre. » (…)

« De Lisbonne [où elle avait été transférée], écrit Lucie, Jacinthe me fit dire que Notre-Dame était déjà venue la voir, qu'Elle lui avait dit l'heure et le jour de sa mort, et qu'Elle me recommandait d'être très bonne. » (…)

« Le 10 février, Jacinthe fut opérée, relate le P. De Marchi. Elle eut beaucoup à souffrir, car on ne pouvait la chloroformer, à cause de son extrême faiblesse, et on dut se contenter d'une anesthésie locale dont la méthode était encore très imparfaite à cette époque. Toutefois, elle souffrit encore davantage l'humiliation de se voir entièrement dévêtue. (…) Le résultat de l'opération, faite par le Dr Castro Freire, assisté du Dr Elvas, parut d'abord encourageant. On lui avait retiré deux côtes du côté gauche ; la plaie était large comme la main. Elle en souffrait beaucoup, et la douleur se ravivait chaque fois qu'il fallait panser la plaie. Cependant son seul gémissement était : “ Aïe ! Aïe !... Oh ! Notre-Dame ! ” Elle ajoutait : “ Patience ! nous devons tous souffrir pour aller au Ciel ! ” »

LE 20 FÉVRIER 1920 : ELLE MOURUT SEULE


La première exhumation du corps de Jacinthe, le 12 septembre 1935. L'abbé Fischer examine le visage de Jacinthe, parfaitement conservé quinze ans après sa mort !

En bonne mère, la Vierge Marie eut pitié de son enfant et vint bientôt adoucir son épreuve... Elle lui apparut au pied de son lit : « Notre-Dame m'a dit qu'Elle viendrait me chercher bientôt et que je ne souffrirai plus. » Et de fait, depuis ce jour, Jacinthe ne manifesta plus aucune souffrance. Elle savait le jour et l'heure de sa mort. « En ce soir du 20 février, vers 6 heures, précise le Dr Lisboa, la petite dit qu'elle se sentait mal et qu'elle désirait recevoir les derniers sacrements. On appela le curé de la paroisse des Anges, M. l'abbé Pereira dos Reis, qui l'entendit en confession vers 8 heures du soir. On m'a dit que la petite avait insisté pour qu'on lui apportât le Viatique. Mais M. l'abbé Pereira dos Reis, la voyant apparemment bien, ne voulut pas le faire, et lui promit seulement de lui apporter Notre-Seigneur le jour suivant. De nouveau, la petite insista pour recevoir la Communion, en disant qu'elle allait bientôt mourir. De fait, vers 10 heures et demie du soir, elle s'éteignait tranquillement, mais sans avoir pu communier. »

Tout était accompli. La prophétie de la Vierge Marie s'était réalisée Jacinthe s'éteignit seule, sans parents ni amis, sans personne qui assistât à ses derniers instants. Et la douce présence de Jésus-Hostie, qu'elle désirait depuis si longtemps pour l'instant suprême, venait de lui être refusée. Mais Notre-Dame a sûrement tenu sa promesse ; nous pouvons en être certains. Elle est venue chercher son enfant, pour l'introduire enfin dans la béatitude infinie du Ciel !

Le cercueil de la petite voyante fut déposé dans l'église des Anges. (…)

M. Antonio Rebelo de Almeida, associé de la Maison des Pompes funèbres, avait été chargé des funérailles. Voici son témoignage :

« Il me semble encore, écrit-il, voir ce petit ange. Couchée dans son cercueil, elle paraissait vivante, avec les lèvres et les joues d'une belle couleur rosée. J'ai vu beaucoup de morts, jeunes et vieux, et je n'ai jamais vu chose semblable... Le parfum agréable qu'exhalait le corps ne peut s'expliquer naturellement... L'homme le plus incrédule ne pourrait en douter. Que l'on pense à l'odeur que dégagent les cadavres et qu'on ne peut supporter sans répugnance ! Or la petite était morte depuis trois jours et demi, et l'odeur qu'elle exhalait était celle d'un bouquet de fleurs variées... » (…)

Quinze ans plus tard, le 12 septembre 1935, Mgr da Silva ordonna le transfert du corps de Jacinthe dans le cimetière de Fatima. Lorsqu'on ouvrit le cercueil, tous les assistants furent émerveillés de constater que le visage de la voyante était resté intact. (…) Déclarée Bienheureuse par l'Église depuis le 13 mai 2000, nous pouvons faire nôtre la belle prière que sœur Lucie lui adresse au début de ses Mémoires :




Ô toi, qui sur la terre
Es passée d'un seul vol,
Jacinthe très chérie,
Dans une douleur intense,
Tu aimais ton Jésus.
N'oublie pas la prière


Que jadis je te fis :
Sois mon amie,
Auprès du trône
De la Vierge Marie !
Ô lis de candeur,
Perle brillante,


Là-haut dans le Ciel
Où tu vis triomphante,
Ô séraphin d'amour,
Avec ton petit frère,
Prie pour moi
Aux pieds du Seigneur !


Extraits de Fatima, joie intime, événement mondial, p. 131-140
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