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 Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié - La Petite Arabe du Carmel de Pau

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MessageSujet: Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié - La Petite Arabe du Carmel de Pau   Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié - La Petite Arabe du Carmel de Pau EmptyJeu 28 Juin 2012, 15:01

Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié
(1878-08-26)

Mariam Baouardy, "La petite Arabe" du Carmel de Pau, est une jeune Galiléenne d'origine libanaise, née, le 5 janvier 1845, à Abellin, un petit village situé entre Nazareth et le Mont Carmel. Orpheline à 2 ans, elle est emmenée par l’un de ses oncles à Alexandrie, en Égypte. A 13 ans on veut la marier mais elle refuse et fait le vœu de se donner totalement au Seigneur. Là, résolue à rester vierge, elle ne se présente au fiancé imposé qu'après avoir ravagé sa belle chevelure. S’étant prononcé pour Jésus-Christ, un musulman fanatique lui tranche la gorge ; la croyant morte, il la jette dans un fourré. L'innocente martyre se réveille avec, à son chevet, une religieuse inconnue, vêtue de blanc et de bleu, qui lui répare le cou et la soigne pendant un mois. Au lieu revenir chez son oncle, Marie décide alors de s’enfuir, et s'engage comme servante. Une vie d’errance commence pour elle.
Alors commence un long chassé-croisé de voyages et déplacements. Elle cherche à retrouver son frère. Après un pèlerinage aux Lieux Saints, Ses pas la conduisent successivement à Alexandrie, puis Jaffa et Jérusalem. Elle redescend à Jaffa, s'embarque pour Saint-Jean-d'Acre ; mais la tempête la rejette à Beyrouth où elle travaille comme domestique dans des familles chrétiennes.

A chaque étape, des prodiges l'accompagnent. Le bruit de ces prodiges la pousse à s'éloigner de Beyrouth. L'opulente famille Naggiar lui offrant une place, le mois de mai 1863, elle prend le bateau et débarque à Marseille. Elle gagne l‘estime de ses maîtres, qui favorisent sa dévotion.

Une surprise les attend. Un jour que Marie assiste à la messe, elle reste soudain immobilisée. Il faut la ramener en voiture. Son visage est coloré comme si elle était en vie, mais le corps semble inanimé. Elle demeure dans cet état pendant près de quatre jours.
Le Père Abdou, le confesseur, a le sentiment qu'il s‘agit de phénomènes mystiques. Il s'emploie aussitôt à mettre sa pénitente dans un couvent. Après deux ans de séjour à Marseille, en mai 1865, elle trouve refuge chez les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition à la Capelette. On accepte le nom de Sœur Marie de Jésus Crucifié que lui a donné un prêtre chargé de l‘œuvre des petites négresses, le Père Oliviéri, mort en odeur de sainteté.

Etrangère, sans instruction, peu familiarisée avec le français, elle se trouve en difficulté avec ses compagnes du noviciat. Beaucoup la soupçonnent d'être victime des ruses du démon. Les mères cependant la regardent comme une bénédiction pour la congrégation.

Dans ce milieu de discussions, pourtant son humilité, sa générosité au travail, sa ferveur dans la prière, éclatent. Par ses propos parfois, elle semble déchirer les ténèbres de l'avenir, annonçant des décès à l'avance. On la surprend, un soir, en extase, à la porte du chœur. Désormais tout le monde sera en alerte. En 1866, le phénomène se renouvelle et s'intensifie ; il se prolonge parfois plus de trois heures. Les extases se multiplient…

Quand le noviciat touche à sa fin, le conseil de la communauté exclut Mariam de la congrégation à cause de ses états mystiques. A Mère Véronique, le Seigneur a signifié ses volontés : « Je veux que cette enfant aille au Carmel avec toi ! » Aussi elle n'informe pas la novice de son exclusion sans ajouter aussitôt : « Je compte partir pour le Carmel de Pau, non loin de Lourdes où Notre Dame s’est manifestée à Bernadette Soubirous pour confirmer au monde son Immaculée Conception…

En 1867, dans l'attente d’une autorisation du Saint-Siège pour entrer au Carmel de Pau, Mère Véronique s'impatiente au couvent de la Capelette, avec le noviciat des Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, à Marseille. A peine avait-t-elle été entrevue, que Sœur Marie de Jésus Crucifié lança cette nouvelle : « Une sœur est venue... Je l'aime beaucoup... Elle sera maîtresse des novices ».

Mère Véronique à Sœur Marie de Jésus Crucifié : « Voulez-vous venir avec moi ? – Ma Mère, où vous irez, j'irai ; où vous serez, je serai », répondit-elle.

Contrairement aux prévisions, il en fut ainsi dans les huit jours.

La Mère et la Fille, parties de Marseille le vendredi, arrivent au Carmel de Pau, le lendemain, samedi 15 juin 1867, veille de la Trinité. Elles reçoivent un accueil, chaleureux inoubliable. Désormais le Carmel de Pau, pour Mère Véronique, sera le Paradis sur terre, et pour sœur Marie de Jésus Crucifié, « la maison paternelle. »

La petite Arabe de Galilée à 21 ans lorsqu’elle entre en religion au Carmel de Pau, en devenant Sœur Marie de Jésus Crucifié. Pourtant elle n'y séjournera que peu de temps : de 1867 à 1870 et de 1872 à 1875. Car elle a mission de fonder dans les Indes et en Terre Sainte. La première période correspond au noviciat. Dès son arrivée, elle revêt l'habit noir des postulantes. Huit jours après, elle se joint au groupe compact de 12 novices. Immédiatement, dans ce climat d'affection et de piété, avant même de prendre le saint habit de sainte Thérèse, le 27 juillet 1867, son âme s'épanouit.

De plus en plus aussi elle se livre au Seigneur. Les prodiges mystiques se succèdent.
Le dimanche 24 mai 1868 se produit un phénomène rare, privilège de quelques amantes du Sauveur, comme sainte Thérèse : la transverbération du cœur. Sœur Marie de Jésus Crucifié accompagne à l’ermitage de Notre-Dame du Mont Carmel quelques religieuses pour réciter le rosaire. Avec elles, elle prie avec ferveur. Soudain elle tombe en extase dans les bras d'une sœur qui la soutient. Elle s‘efforçait de soulever son habit à l'endroit de son cœur, répétant ces mots : « O Amour ! O Amour ! » Elle appelait Dieu : « O Jésus, mon bien-aimé ! où êtes-vous ? » Et Jésus sans doute ne manque pas de répondre à sa voix. Sa présence divine la transfigure et met le comble à ses transports. Ses tressaillements deviennent de plus en plus vifs et son ravissement plus profond. On la sent en proie à un déchirement d’amour et à un torrent de volupté. Comme en confidence, elle fait cet aveu : « Jésus m'a percé le cœur ! »
Dix ans plus tard, le 26 août 1878, à Bethléem, après la mort de Sœur Marie de Jésus Crucifié, un chirurgien, E. Carpani, procède à l'ablation du cœur en vue de le ramener à Pau. Après son intervention, le docteur ne cache pas sa surprise, en montrant l'organe entre ses mains : « Il y a une cicatrice au milieu du cœur, longue de quatre centimètres à peu près, dont les bords paraissent desséchés, qui avait traversé les ventricules. Avec cette ouverture naturellement elle ne pouvait pas vivre ».

Passons les étapes…
Mariam participe à la fondation du Carmel de Mangalore en Inde. Elle y part le 21 août 1870 avec cinq de ses compagnes. Mais elle ne parvient à destination que le 20 novembre, après une traversée pénible, où elle la mort enlève trois de ses compagnes, en particulier la mère Elie qui l'avait accueillie à Pau.
Au Carmel de Mangalore commencent ses tribulations, d'un nouveau genre. Son imagination est empoisonnée d’obsessions diaboliques. Elle vit sous les soupçons de l'autorité. Elle est en butte à la Mère Prieure, Marie du Sauveur, et à la maîtresse des novices, Mère Marie de l'Enfant Jésus, toutes deux fort opposées à son comportement. Sur leurs indications, voilà que Mgr Marie-Ephrem finit par condamner la voie qu’elle suit comme une illusion.
Sœur Marie de Jésus Crucifié est au bout de ses mésaventures. Après un séjour de un an, 8 mois et 17 jours, elle est bannie de Mangalore, le 25 septembre 1872, et expédiée en France.

Elle est de retour à Pau « comme le petit poussin que le milan a attrapé... Le pauvre petit s'est enfui sous l'aile de sa mère ! » Toute la communauté l'accueille avec tendresse et compassion. Ce second séjour va du 5 novembre 1872 au 20 août 1875. Les phénomènes mystiques, dont la fréquence ne diminue point, acquièrent un calme serein. Les ravissements ont, non moins d’éclat, mais un relief moins accusé. Les visions éclairent davantage les obscurités de la foi, ouvrent des voies nouvelles à l‘avancement spirituel, en particulier par la dévotion au Saint-Esprit et au Souverain Pontife.
Dans cette floraison de merveilles, s'efface presque l'examen mystique de la voyante, le 6 septembre 1873, par le Père Recteur des Jésuites de Pau, et la visite de Mgr Lacroix, le 20 juillet 1874, tandis que resplendissent quelques faits en lettres de feu : les lévitations, la fondation de Bethléem et l’approbations de la Congrégation des Pères de Bétharram.

La fondation d'un Carmel près de la grotte de la nativité de Notre-Seigneur tient au cœur de Sœur Marie de Jésus Crucifié. « Moi, je ne mourrai pas ici… J'irai mourir à Bethléem. » Dans une vision, le 25 mars 1875, elle est prévenue de son départ. Le 1er février 1874, elle obtient l'assurance que Mlle Berthe Dartigaux, « Sœurette », prendra tout à sa charge. Le 26 septembre, la communauté est informée des plans divins : « Le Seigneur m'a envoyée dans ma maison... Je la quitterai ; j’irai à Bethléem, pas seule ; le Seigneur m'a choisi neuf compagnes. »

Le 27 novembre 1874 et le 16 mars 1875, elle ébauche un programme spirituel pour les sœurs du nouveau monastère. Le 6 juin, elle en précise le recrutement.

La fondation d'un Carmel en Palestine se heurte, à cette époque, à beaucoup d'obstacles. Les Franciscains, gardiens séculaires des Lieux Saints, s'opposent à la venue d’autres sociétés religieuses en Palestine. Le Saint Siège ne favorise pas non plus l'implantation au pays du Christ de monastères cloîtrés. Il est donc indispensable de recourir à la Congrégation de la Propagande.

A Mgr Lacroix, il appartient de solliciter un privilège. Il approuve certes le projet des Carmélites, et sa complaisance pour sœur Marie de Jésus Crucifié est sans limites. A 80 ans, ce temporisateur acharné se retranche derrière le plus efficace de ses vicaires généraux : le temps ! Le 20 juillet 1874, fête de saint Elie, il se laisse forcer la main. Après la messe, il se rend avec sa suite à l’ermitage de Notre-Dame du Mont Carmel. Il y est rejoint par sœur Marie de Jésus Crucifié, qui lui présente Mlle Berthe Dartigaux : « Le Seigneur l'a choisie pour son œuvre.
– Oui, Monseigneur, confirme aussitôt la jeune fille ; j'ai senti que Dieu me demandait cette œuvre, et je m‘offre de tout cœur à faire la volonté de Dieu. »

Sœur Marie de Jésus Crucifié reprend bientôt :
« Monseigneur, le Seigneur vous dit de vous décider à quelque chose pour l'œuvre. –
– Que faut-il faire ?
– Il faut écrire à Rome.
– Je veux bien, je veux bien… »

Devinant de nouveaux atermoiements de la part de l'évêque de Bayonne, Sœur Marie de-Jésus Crucifié s'adresse alors à l'abbé Saint-Guily : « Ecris la lettre et Monseigneur la signera ». La proposition est certes fort inattendue ; surtout audacieuse ; car sa Grandeur n’admet guère que d'autres décident à sa place. Au lieu de se dresser contre ce passe-droit, le prélat ayant compris que le Ciel parle par sa bouche de sa servante, se range aussitôt à l’avis de la moniale, et presse l’archiprêtre de Saint-Martin de s'exécuter : « Monsieur le Curé, je vous ordonne d'écrire !».

Dans le petit ermitage une supplique est aussitôt rédigée ; le soir même elle est envoyée au Saint-Siège. A Rome, comme prévu, elle se heurte à une forte opposition. Le Patriarche de Jérusalem se dresse contre le projet d’un Carmel en Terre Sainte. La Congrégation de la Propagande, qui a reçu la lettre de Mgr Lacroix, enregistre l'avis du Patriarche, et s'y conforme. La fondation de Bethléem est compromise, à moins d’un coup de théâtre.

Le coup de théâtre se produit le 7 septembre 1874. Sœur Marie de Jésus Crucifié alerte le chanoine Bordachar, supérieur du Collège de Mauléon, et le prie d'aller reprendre l'affaire en cour de Rome ; il accepte. Le 25 septembre, il est sur les lieux. Le jour même, il se presse à la Congrégation de la Propagande, et s’informe du sort de la supplique adressée par Mgr Lacroix. Le secrétaire ne lui cache pas la vérité : « L'affaire est jugée ; et voici la lettre qui va partir, ce soir même, pour notifier le refus à l'évêque de Bayonne ».

Immédiatement le chanoine Bordachar court chez le secrétaire d'état, le cardinal Antonelli. Celui-ci, dont certaines communications de sœur Marie de Jésus Crucifié ont attiré l'attention, s'empresse de prendre l'affaire en mains. Il invite la Congrégation de la Propagande de revenir sur sa décision, et de rédiger un rescrit favorable au Carmel de Bethléem.
Pendant que le chanoine Bordachar poursuit ses démarches à Rome, lasse des contrariétés et des retards renouvelés, Sœur Marie de Jésus Crucifié finit par sombrer dans une crise de découragement. Elle se plaint au Christ avec de tels propos et une si mauvaise humeur, que le 4 octobre, elle appelle le Père Estrate pour se confesser : « Vous êtes toujours le même, a-t-elle dit à Notre-Seigneur ; vous m'avez demandé depuis si longtemps cette fondation, et voilà que, plusieurs fois, tout a échoué. Il est impossible que vous soyez Jésus ! Jésus n'est pas comme cela ! »
« Et Jésus, interroge le confesseur, que vous a-t-il répondu ?
– A ma grande surprise, il a ri, et il m'a dit : "Ma fille, ne crains rien. La réponse affirmative arrivera avant un mois." Pour preuve que cette fondation de Bethléem se fera et que j'irai y mourir, faites prendre racine à cette feuille de géranium ».
En disant ces mots, elle avait enfoncé dans un pot de terre une feuille de géranium presque sèche qu'elle tenait à la main. Sans plus tarder, la feuille de géranium avait pris racine, en peu de temps elle fit pousser un géranium superbe. Après ce signe, comment douter ? Sœur Marie de Jésus a la certitude que Rome autoriserait la fondation de Bethléem. Elle en donne l'assurance au Père Estrate : « La réponse affirmative arrivera, c'est certain… C'était Jésus, j'en suis sûre et Jésus ne m'a pas trompée ».
En effet, le 14 octobre suivant, le rescrit favorable de la Congrégation de la Propagande parvient à Pau.

Le départ des Carmélites en Terre Sainte, d'abord fixé au 9 juin 1875, n‘a lieu que le 10 août. Le 12 septembre 1875, Sœur Marie de Jésus Crucifié parvenait enfin à Bethléem.

Alors que les préparatifs d’une nouvelle fondation absorbent toute la communauté, sœur Marie de Jésus Crucifié y ajoute un souci particulier : celui de l'approbation par le Saint-Siège de la Société du Sacré-Cœur de Jésus fondée par saint Michel Garicoïts. Un double sentiment la guide : d'abord la reconnaissance envers le fondateur, qui a contribué à l'achèvement du Carmel de Pau ; puis la prédilection qu'elle éprouve pour les Pères de Bétharram, qui sont les auxiliaires des Carmélites. De son cœur a jailli un jour cette confidence : « Tous les Pères de Bétharram sont mes frères ; j'aurai

Ainsi, elle participe à la fondation du Carmel de Bethléem où elle meurt à 33 ans, comme le Christ, le 26 août 1878.

Sa vie merveilleuse offre, à côté des épreuves les plus extraordinaires, telles que obsessions et possessions diaboliques, les dons de l’Esprit les plus éclatants : extases, lévitations, stigmates, transverbération du cœur, apparitions, prophéties, connaissance de choses cachées, bilocation, possession angélique et enfin un charisme inattendu chez une illettrée, celui de poésie, une poésie aux couleurs orientales et aux senteurs bibliques : elle a tout connu de ce que peut connaître un privilégié de l’Esprit.

Mais le miracle des miracles, c’est que cette mystique, pour qui le surnaturel était devenu naturel, fut en même temps la plus simple, la plus humble, la plus obéissante, la plus dévouée des carmélites converse et que, à l’instar des mystiques authentiques, elle a été à l’origine de réalisations apostoliques qui durent encore aujourd’hui.

C’est au Carmel de Pau, qu’elle fit la majeure partie de ses prédictions. Elle était stigmatisée et favorisée de révélations de la Sainte Vierge et de Notre Seigneur.

Sœur Marie de Jésus Crucifié prédit la mort de Pie IX, elle assista en esprit à l’élection de son successeur, le Pape Léon XIII, et elle prononça par avance à ses compagnes le nom du Cardinal Pecci ; elle pénétra à distance les sentiments les plus intimes du nouvel élu. A diverses reprises, elle fit parvenir au Saint Siège d’importantes communications concernant les intérêts de l’Eglise. Dans les notes prises au jour le jour par les Carmélites de Pau et de Bethléem, on recueillerait sans peine des centaines de prophéties réalisées. La petite Sœur aimait la France avec tendresse. Dans ses visions, la France était le Rosier, et l’Eglise était l’Olivier.

Voici quelques mots de ses prophéties :

« Le Rosier est malade mais il n’est point mort. Le Jardinier s’apprête à l’émonder vigoureusement pour lui communiquer une vie nouvelle, et elle voyait déjà le rosier s’épanouir en une multitude innombrable de belles roses parfumées… »

La vision du 26 mai 1873 concernant la France, rappelle la parabole de l’ivraie :

« J’ai vu la France comme un champ arrosé par la pluie, éclairé et échauffé par le soleil. Mais la terre était couverte de mauvaises herbes, parmi lesquelles pourtant, il y en avait quelque unes de bonnes. J’ai dis à Jésus : "Seigneur, pourquoi faites-vous ces mauvaises herbes ? Je les laisse m’a répondu le divin Maître, parce que les bonnes sont encore trop faibles. Elles ont leurs racines liées avec les mauvaises. Si j’arrache les mauvaises, les bonnes seront endommagées et elles se flétriront. Quand les bonnes seront plus fortes, j’arracherai tout ce qu’il y a de mauvais. Maintenant, c’est la paix bâtie sur le sable. Plus tard, j’établerai la paix bâtie sur le rocher ferme et rien ne pourra l’ébranler. La France est le centre de mon Cœur ».

Le 16 février 1874, Sœur Marie de Jésus Crucifié, disait :

« Hier, je me sentais devant Dieu, et je priai pour notre Mère la Sainte Eglise et pour la France. Voici ce que j’ai vu et entendu : "Oui, je ferai mes délices dans le sein de la France ; elle sera encore la reine de tous les royaumes. Mais avant, il faut que la France soit tout à fait rien pour que je sois à la tête des armées, afin que toutes les nations disent entre elles, de génération en génération : Vraiment, c’est le Très Haut qui est à la tête de la France. Toutes les nations le crieront d’une même bouche, d’une même voix, sur le même ton, même les impies" ».

Toutes les prophéties de Sœur Marie de Jésus Crucifié développent ce terme général : l’Epreuve, surtout par des guerres sanglantes, la victoire et les suites du Triomphe.
Elle fut le témoin des guerres épouvantables qui bouleversaient tous les Etats ; et elle disait que lorsque ces guerres seraient terminées, les guerres civiles, les guerres de nation à nation, et après les trois jours de ténèbres sans doute, ténèbres pestilentielles durant lesquelles, les hommes adonnés au vice mourront, de sorte qu'il ne restera debout que le quart des hommes, les autres ayant péri dans la lutte.

« Petit agneaux, n’ayez pas peur de Dieu. Il va frapper la terre, il y aura des tremblement de terre ; ne craignez rien ; recourez à Dieu seul, restez en Lui, confiez-vous en Lui et ne craignez rien ; sa miséricorde est immense. Il voudra la répandre sur les hommes mais la justice bouche la miséricorde… »

A plusieurs reprises depuis 1873, elle annonça une guerre qui ferait verser des "fleuves de sang" :

« Elle demandait dans une extase du mois de mai 1873 : "Quand finira cette guerre ?" Après un temps de silence, elle transmettait la terrible réponse : "Ah ! elle sera longue, parce qu’il faut que tout le monde en passe, petits et grands : nous sommes tous corrompus !" Et cette extase particulièrement douloureuse semblait lui mettre sous les yeux les efforts de deux armées immense s’acharnant l’une contre l’autre...
Elle voyait parfois deux citernes, l’une déjà remplie de sang, l’autre encore vide, mais si grande que le sang des trois quarts des hommes ne paraissait pas pouvoir la remplir, et la voix lui disait : "Vous voyez, il faut que cette citerne soit remplie pour calmer la justice de Dieu…" »

« Le 13 mai 1874, une voix lui dit : "Je vous avertis, comme je vous avertis deux mois avant les guerres qui arrivèrent en France. Mais ce que je vous annonce sera dix fois plus terrible que ce qui est arrivé alors à la France" ».

Le 14 août 1874, Sœur Marie de Jésus Crucifié revient encore sur cet angoissant sujet :

« Ce sera un massacre terrible. On marchera dans le sang jusqu’aux genoux. Je pense que, dans cette grande guerre qui va venir, on prendra tous les prêtres pour combattre… Je ne sais si c’est de cette manière que les prêtres périront, car il doit en rester très peu après l’Epreuve, et il me semble qu’on les mettra devant, au plus grand danger ».

Sœur Marie de Jésus Crucifié annonçait en 1878 au Père Prosper Chirou, aumônier du Carmel :

« Il y aura un mauvais gouvernement en France. Les religieux seront chassés. Il faudra faire des lieues pour se confesser.
Les Allemands reviendront en France, mais ils seront écrasés. On sera forcé de dire : "Le doigt de Dieu est là".
Oui, oui, bientôt la France triomphera ; bientôt, elle sera la reine des royaumes. Elle a fait trop de bien dans les missions pour que Dieu l’abandonne ».

Dans une extase du 16 juillet 1876, elle annonce pour la France :

« Ô cher Rosier, tu fais la joie de mon cœur ! On y bâtira un grand salon pour le Maître ; et le Seigneur dit : Je viendrais y habiter avec ma lumière, avec le soleil en plein jour ; mais avant, on brûlera les épines. Oh ! qu’il est beau le Rosier !
On sème sur la terre du Rosier beaucoup d’épines, parce qu’il y a beaucoup de petits vers qui mangent le suc des bonnes plantes. Et le Seigneur nous a dit : S’il y a des bonnes plantes, mettez-les dans un trou et cachez-les. Plantez des arbres épineux ; comme il y a beaucoup de moucherons, ils viendront se cacher dans ces épines Alors on y mettra le feu, et les voilà tous brûlés…
Et le cher petit Rosier qui semblait sur le point de mourir ! Attendez encore un peu, et vous verrez comme il sera beau ! Mais ce sera long : il faut encore un peu de temps… »

Le 4 juillet 1875, Sœur Marie de Jésus Crucifié annonce que la Syrie appartiendra à la France :

« Consolez-vous, viendra un temps à venir, c’est loin d’ici, où la France deviendra reine. Mais avant, il faut qu’elle subisse beaucoup d’humiliations, plus encore qu’elle n’en a jamais eu. Après le Seigneur triomphera et sera à la tête du royaume.
Viendra un temps, qui paraît loin, très loin aux yeux de l’homme, mais aux yeux de Dieu ce n’est pas loin, où la France sera reine aussi. Elle gouvernera la Syrie… »

Le lendemain, 5 juillet, elle disait toute joyeuse :

« Oh ! ce qui réjouit mon cœur, c’est que la Syrie appartiendra à la France… »

Sœur Marie de Jésus Crucifié annonce encore :

« Toutes les nations seront secouées par la guerre et la révolution. Au cours de ténèbres durant trois jours, les disciples du mal seront annihilés, si bien qu’un quart de l’humanité seulement survivra.
À cette époque, le clergé sera bien diminué, car la plupart des prêtres seront morts pour la défense de la foi ou pour leur patrie.
La cause des terribles désastres qui vont fondre sur la France, la voici : on commettra des péchés et des outrages envers le Saint Sacrement, et l’Incarnation sera considérée comme une fable ».

« Le Souverain Pontife actuel (Pie IX) est un saint.
Après lui, il en viendra un comme aucun autre. Il aura beaucoup à souffrir entre les mains de ses ennemis (Léon XIII).
Le troisième Saint Père sera le séraphique (Pie X).
Le quatrième… hélas ! hélas ! il n’y aura pas de croix semblable à la sienne. Mais le triomphe de l’Eglise commencera dès le règne de ce pontife… »

Elle prédit encore de nombreux évènements, la convocation du concile de Vatican, la définition de l’infaillibilité, la guerre de 1870-1871, la prise de Rome par les piémontais, le triomphe final de l’Eglise :

« La puissance de l’ennemi ne durera pas toujours. L’église revivra et fleurira éternellement ».

Voici quelques paroles et conseils recueillis lors de ses extases :

« Heureux l’homme qui persévère malgré tout !... Et malheur à celui qui faiblit au premier obstacle !...

Petit troupeau, ne craignez rien, soyez petit. Ne craignez ni le tonnerre, ni la pluie, ni les montagnes, rien ne pourra toucher aux élus du Seigneur !…

Marchez sous terre. Si vous voulez être grands, soyez petits.

Ne cherchez pas la grandeur de la créature ; celui qui vous élève aujourd’hui vous abaissera demain.

Malheur à l’âme qui cherche à savoir le mystère de Dieu. Bienheureux l’homme qui cherche la bassesse ; l’enfer entier ne peut l’ébranler !

Le Seigneur dit : "Quiconque cherchera à se donner la lumière de ce dont il n’est pas chargé, n’aura que ténèbres et angoisses…

Aimer le Seigneur, ne chercher que Dieu, tout le reste est néant !

Malheur à l’homme qui ne regarde pas les œuvres du Seigneur !

Ceux qui suivent Jésus doivent mettre la tête dans la poussière…

Regardez Jésus : Lui, le Maître du tonnerre, il a courbé la tête ; laissez-le agir ; le Maître du tonnerre écrasera tout quand le moment sera venu.

Servez le Seigneur avec patience et anéantissement.

Ne dites pas : Celui porte du fruit, celui-là n’en porte pas. Celui d’aujourd’hui n’en portera demain et celui qui n’en porte pas aujourd’hui en portera demain.

L’âme qui souffre est comme un roi et une reine devant le Seigneur ; mais celle qui ne souffre pas est bien pauvre et misérable.

Si tu gardes le silence et l’abandon à Dieu, Dieu te gardera !

Si vous gardez le silence, vous garderez l’humilité, la charité, la douceur, l’obéissance et la patience.

L’âme droite ne dit pas ce qui la contrarie, ce qui la fait souffrir…
Dieu vous laisse… Mais si vous souffrez en silence, le Seigneur vous bénira… Dieu ne demande pas des mortifications. A présent, la moindre chose que vous faites est plus agréable à Dieu que les mortifications des anciens Pères et Patriarches.

Chaque bonne action, c’est une âme à gagner à Dieu… Si vous saviez !... Vous demanderiez à Dieu des occasions… C’est au moment où la nature se révolte qu’il faut se vaincre : si vous perdez l’occasion, l’âme est perdue.

Dieu donne la grâce à l’âme que vous avez enfantée, sauvée et l’augmente à mesure que vous faites des actes. La vierge folle est folle parce qu’elle n’a pas fait des actes.

Ce n’est pas assez d’avoir porté l’habit de carmélite et d’avoir passé plusieurs années en religion, il faut faire des actes !

Si vous ne veillez pas, vous serez comme une mère stérile, si vous ne faites pas d’actes… Je désire que vous soyez comme la femme forte : tous ses enfants autour d’elle.

L’amour sauve l’âme. Bienheureuse l’âme qui n’a pas d’amour pour soi, mais seulement pour le très-Haut.

L’humilité, c’est le royaume du Cœur de Dieu.

Ne jugez pas, c’est Dieu qui juge.

Dieu seul voit tout… Il a toute l’éternité pour juger. Et l’homme, qui n’a qu’une minute à vivre, veut juger !

Devant Dieu, si nous avons le manteau de la charité, nous aurons couvert notre robe sale, et selon que la charité sera grande, le manteau sera long et large pour nous couvrir… La charité, c’est un manteau blanc qui couvre bien des choses.

Les sociétés secrètes ont leurs assises dans l’enfer, les associés ont leurs pieds dans l’enfer, comme les justes ont leurs assises et leurs pieds dans le ciel ».

En parlant d’elle-même, elle disait à la mère Elie, sa supérieure :

« Petit Pasteur, rappelez-vous d’humilier le "petit rien", de ne pas en faire cas. Faites-vous le cœur dur, faites-vous le cœur dur ».

Et à toutes ses soeurs :

« Petits agneaux, ayez toujours l’air de ne pas en tenir compte ; traitez-la comme la dernière ; ne la regardez même pas. Ne la méprisez pas trop cependant, parce que Satan pourrait en profiter pour lui persuader qu’elle n’a pas la vocation ; aimez-la dans votre cœur sans lui témoigner extérieurement ni estime ni mépris ».

« Petits agneaux, je viens vous répéter encore comment vous devez agir avec le "petit rien". N’ayez pas l’air d’en faire cas, ne lui témoigne aucune estime ; ne lui demandez pas de prier pour vous. Veillez sur votre langue, afin de ne lui laisser jamais soupçonner ce qui s’est passé en lui ; ne lui posez jamais de questions pour savoir ce qu’il a éprouvé… Il ne se souviendra de rien, une fois revenu de l’extase. Afin de ne pas oublier les grâces de Dieu, vous pourrez vous entretenir… de tout ce qui a lieu ; seulement, il faudra en parler comme de choses qui sont arrivées dans une autre communauté. Que le "petit rien" ne puisse jamais croire qu’il s’agit de lui ».

Sœur Marie de Jésus Crucifié, dès son enfance, se distingue par ardente dévotion à l’Esprit-Saint :

« Ce matin, j’étais peinée, parce que je ne sentais pas Dieu. Il me semblait que mon cœur était comme du fer. Je ne pouvais pas penser à Dieu ; et j’ai invoqué le Saint-Esprit, et j’ai dit : "C’est vous qui nous faites connaître Jésus. Les apôtres sont restés longtemps avec lui sans le comprendre. Vous me le ferez comprendre aussi.
Venez, ma consolation ; venez, ma joie ; venez, ma paix, ma force, ma lumière. Venez, éclairez-moi pour trouver la source où je dois me désaltérer. Une goutte de vous me suffit pour me montrer Jésus tel qu’il est.
Jésus a dit que vous iriez aux ignorants ; je suis la première des ignorantes. Je ne vous demande ni d’autre science ni d’autre sagesse que la science de trouver Jésus et la sagesse de le conserver".
Et j’ai senti le feu un peu allumé dans mon cœur. L’Esprit-Saint ne me refuse rien ».

Lorsque elle parle de l’Esprit-Saint, c’est avec des expressions brûlantes, et tout son extérieur en est illuminé. Dans une extase, elle entendit cette prière qui a fait le tour du monde :

« "Esprit-Saint, inspirez-moi.
Amour de Dieu, consumez-moi.
Au vrai chemin conduisez-moi.
Marie, ma Mère, regardez-moi.
Avec Jésus, bénissez-moi.
De tout mal, de toute illusion,
de tout danger préservez-moi".

Le monde et les communautés religieuses cherchent des nouveautés dans les dévotions et négligent la véritable dévotion au Paraclet. C’est pour cela qu’il y a l’erreur, la désunion, et qu’il n’y a pas la paix et la lumière. On n’appelle pas la lumière comme elle devrait être appelée ; et c’est elle qui fait connaître la vérité. Même dans les séminaires on la néglige…

Toute personne dans le monde ou dans les communautés qui invoquera l’Esprit-Saint et aura da dévotion ne mourra pas dans l’erreur. Tout prêtre qui prêchera cette dévotion recevra la lumière pendant qu’il en parle aux autres.

Il m’a été dit que, dans l’univers entier, il faut établir que chaque prêtre dise une messe au Saint-Esprit tous les mois, et tous ceux qui y assisteront auront une grâce et une lumière toute particulière.

Source de paix, lumière, venez m’éclairer. J’ai faim, venez me nourrir ; j’ai soif, venez me désaltérer ; je suis aveugle, venez m’enrichir ; je suis ignorante, venez m’instruire. Esprit-Saint, je m’abandonne à vous… »

Le 2 décembre 1877, après un long ravissement, Sœur Marie de Jésus Crucifié s’écrie :

« Le Seigneur m’a montré tout ! J’ai vu la colombe de feu ! Adressez-vous à la colombe de feu, à l’Esprit-Saint qui inspire tout. On m’a dit : "Suis-moi." J’ai vu tous les arbres et les montagnes tressaillir. La paix est mon partage, la paix et la croix sont mon partage, mais la croix et le découragement sont le partage de l’ennemie et de ceux qui écoutent l’ennemi ».

Le 26 août 1878, le mort de la mort de Sœur Marie de Jésus Crucifié, l’extraction du cœur se fit en présence de témoins qualifiés. Elle avait désiré que son cœur fut envoyé au Carmel de Pau, berceau de sa vie carmélitaine, et lieu de sa transverbération, le 24 mai 1868, dans un des ermitages du Carmel. Un chirurgien de Jérusalem, M. Carpani, vint le matin du décès, vers 8 heures, pour procéder à l’opération. Tous les témoins purent constater que le cœur portait la cicatrice d’une blessure qu’on aurait dite produite par une large pointe de fer. Le cœur ainsi placé dans un plat passait de main en main, de sorte que tous les prêtres présents et les religieuses elles-mêmes ont pu constater ce fait merveilleux.
Le cœur revint à Lourdes mais il fut volé vers la fin des années 1990, à la chapelle de l’ancien Carmel de Pau, à Trespoy…Il se raconte que le cœur avait été jeté dans le Gave mais cela est faux. Le Seigneur a voulu certainement confisquer ce cœur pour qu’il soit mis à l’abri pour l’avenir…
Ce cœur fut volé par un homme, catholique pratiquant, paraissant normal au premier abord, mais qui ne supportait pas que l’on puisse vénérer un morceau de cadavre. Après l’avoir volé, il emporta le reliquaire dans un cimetière voisin, certainement pour y enterrer le cœur, mais il fut dérangé en abandonna là le reliquaire ouvert et vide. Il se raconte qu’il enterra le cœur dans les parterres qui bordent l’église St. Jean-Baptiste proche du quartier d’Ousse-des-Bois à Pau.
Soyons bien certain que le cœur de Sœur Marie de Jésus Crucifié, tout comme certains de ses textes prophétiques, réapparaîtra au grand jour à l’heure choisi par Dieu.
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Bienheureuse Marie de Jésus Crucifié - La Petite Arabe du Carmel de Pau
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